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LIBRE PROPOS -Par Abdoulaye THIAM
2019, LE VIRAGE DE TOUS LES DANGERS !
Abdoulaye THIAM | 25/08/2017 | 09H15 GMT
 
La longévité de la coalition Benno Bokk Yaakaar étonne plus d’un observateur et analyste politique. Sous Abdou Diouf et même avec Abdoulaye Wade, les coalitions ne duraient que le temps d’une rose. Les ambitions politiques des Chefs de file des partis qui composaient ces regroupements hétéroclites étaient passées par là. Tous avaient fait long feu. Et pour cause, les alliés des Présidents Diouf et Wade n’avaient jamais renoncé à la raison d’être de leurs formations politiques: la conquête du pouvoir.
 
Tout le contraire avec Macky Sall qui s’est entouré principalement des secrétaires généraux au crépuscule de leur carrière politique. Ni  Ousmane Tanor Dieng encore moins Moustapha Niasse n’envisagerait de briguer les suffrages des Sénégalais en 2019. Le cas échéant, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’ils vont encore devoir se contenter de porter quelqu’un au pouvoir en cas d’un éventuel second tour, comme ce fut le cas pour le Socialiste en 2012 et le Progressiste en 2000 et 2012.
 
Bref, Niasse comme Tanor ont leur carrière politique derrière eux. Elle a été riche. Très riche même pour ces deux hommes d’Etat qui ont marqué l’histoire de notre jeune République.
 
Ce qui fait d’ailleurs qu’ils restent toujours dans le jeu. Mieux, ils pimentent même l’enjeu. Ils seraient, selon certains observateurs, des gages pour la réélection de Macky Sall en 2019. Un virage extrêmement important que le Président de la République est obligé de négocier comme il a su le faire avec brio (ou par contrainte) depuis son accession à la Magistrature suprême.
 
Et, ce n’est pas la large victoire de Benno Bokk Yaakaar lors des Législatives du 30 juillet dernier qui va devoir changer la donne.
Ousmane Tanor Dieng étant président du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), le Perchoir va-t-il revenir à nouveau à Moustapha Niasse ? C’est la grosse équation qui se pose avec acuité dans différentes officines politiques.
 
Envoyé au charbon dans le département de Nioro, l’homme du 18 juin 1999, connu pour sa fidélité à toute épreuve, n’envisagerait pas de prendre sa retraite politique.
 
Il a certes fait allégeance à Macky Sall en déclarant urbi et orbi qu’il ne se présentera pas en 2019 contre le patron de l’APR et qu’il ne soutiendra personne, fût-il Progressiste, contre ce dernier. Cette sortie a valu à l’AFP une scission avec notamment le départ de son numéro 2, El Hadji Malick Gakou, désormais leader du Grand Parti.
 
Le cas Niasse
 
La plupart des analystes politiques avaient fini de décliner la prochaine feuille de route de Macky Sall en perspective de la Présidentielle de 2019. Selon eux, Mahammed Boun Abdallah Dionne allait être envoyé au Perchoir et Amadou Bâ promu Premier ministre. Quid de Moustapha Niasse ? La retraite ou un poste honorifique, soutiennent certains. Seulement, ce schéma, même s’il était envisageable, semble s’éloigner de plus en plus. Ou du moins pour le moment. Le Chef de l’Etat, en grand stratège, ne voudrait surtout pas davantage frustrer ses alliés dont la plupart ont perdu de leur poids politique dans cette alliance stratégique.
 
En attestent les résultats des Législatives du 30 juillet où l’APR s’est taillée la part du lion avec 96 députés sur les 125 que compte la coalition Benno Bokk Yaakaar. Ce fut la même chose pour le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT) où l’APR n’a laissé que des miettes à ses alliés. L’analyste politique, Momar Ndiongue, n’avait pas tort de déclarer dans les colonnes de Sud Quotidien, que le «Président Sall est en train d’endormir ses propres alliés et de les affaiblir». Mais, attention au réveil. Le patron de l’APR en est conscient. Les alliés aussi. Le PS, l’AFP, la LD, Macky2012, le RSD ou encore le PPC sont tous conscients qu’ils n’ont pas, non plus, la même valeur marchande qu’en 2012. Encore moins la même influence. Malgré tout, il importe de relever que la loyauté n’a pas de prix. Même si certains voudraient que la politique soit une jungle arrimée sur le mensonge, la trahison, les coups bas et autres complots. «La fin justifie les moyens», a-t-on attribué à Machiavel.
 
Seulement, l’absence de scrupules peut aussi se révéler fatale. Les adversaires sont aux aguets. Mankoo Taxawu Senegaal a raté le coche avec les Législatives et n’entend pas retomber dans les mêmes travers. Wattu cherche un présidentiable. Macky Sall gagnerait alors à garder le cap pour mieux négocier le virage de 2019.
 
 
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