Mise à jour: 24/02/2016 à 10H55 GMT
 
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CONDAMNATION DE KARIM WADE, ARRESTATION DE PRESUMES TERRORISTES, INTERDICTION DE RASSEMBLEMENTS, RECOURS EXCESSIF A LA FORCE…
AMNESTY INTERNATIONAL FAIT LE PROCES DU REGIME DE MACKY
Fatou NDIAYE | 24/02/2016 | 10H08 GMT
 
Amnesty international va publier ce mercredi 24 février, son rapport sur le respect des droits humains dans le monde. Dans cette étude dont une copie nous est parvenue hier, mardi 23 février, l’organisation internationale de défense des droits humains liste les manquements du Sénégal en matière du respect des droits de l’homme. Ils sont, entre autres, l’arrestation de présumés terroristes, les interdictions de marches et de rassemblements et le maintien de Karim Wade en prison.  
 
Le Sénégal est dans le lot des pays qui se sont illustrés par des violations et non respect des droits humains en 2015. Dans son rapport qui sera publié ce mercredi 24 février, et dont une version nous est parvenue hier, mardi 23 février, Amnesty international a épinglé le Sénégal pour des manquements sur plusieurs dossiers. Les reproches faits à notre pays sont notamment la restriction de la liberté de réunion. A ce niveau, le document nous informe que les autorités ont continué à restreindre la liberté de réunion pacifique et à utiliser la force de manière excessive contre des manifestants.  Pis, souligne-t-il, des hommes et des femmes ont été arrêtés en raison de leur orientation sexuelle, réelle ou supposée.  Et de préciser que les forces de sécurité ont arrêté au moins sept personnes, dont deux imams et deux femmes, pour des chefs d’accusation liés au terrorisme.  
 
L’interdiction de rassemblements des partis de l’opposition est aussi dénoncée par Amnesty international. Sur ce, le rapport nous rappelle que les autorités sénégalaises ont continué d’interdire des manifestations organisées par des partis politiques légalement constitués et des défenseurs des droits humains.  L’institution dirigée par Seydi Gassama et Alioune Tine fait aussi remarquer qu’il a été constaté au Sénégal des poursuites en justice contre des manifestants pacifiques. Se voulant plus précis, l’organisation cite, en exemple, les 12 hommes condamnés à 21 jours de prison en septembre 2015 par le Tribunal régional de Kolda. La faute qui leur est reprochée est, selon Amnesty international, d’avoir participé à un rassemblement non autorisé.  
 
RECOURS EXCESSIF À LA FORCE
 
Par ailleurs, Amnesty international rappelle qu’une centaine de personnes avaient manifesté pacifiquement le 27 août 2015 dans la commune de Diana Malary pour demander aux autorités de leur fournir de l’électricité. Et, les forces de sécurité avaient utilisé du gaz lacrymogène et tiré en l’air pour les disperser, ce qui avait entraîné, déplore l’organisation, des affrontements entre manifestants et gendarmes. Amnesty international s’offusque également de la condamnation à perpétuité de deux jeunes hommes accusés dans le meurtre du policier Fodé Ndiaye, décédé dans les manifestations préélectorales de 2012. La situation de la population civile qui subit toujours les affres de la crise casamançaise n’est pas aussi du goût d’Amnesty international.  
 
Evoquant les exactions reprochées aux forces de sécurité, Amnesty international souligne que cette année également les forces de l’ordre ont utilisé la force de manière excessive.  L’organisation soutient qu’en juillet, Matar Ndiaye a succombé à une blessure par balle à la jambe à la suite d’une opération de police menée à Dakar. Et de relever qu’un policier aurait ouvert le feu, sans sommation, en direction d’un groupe d’hommes qu’il poursuivait et Matar Ndiaye a été pris dans la ligne de tir. La Division des investigations criminelles (Dic) de la Police nationale a été chargée de l’enquête, ce qui laissait craindre que celle-ci ne soit pas véritablement indépendante ni impartiale, regrette Amnesty international. 
 
SUR 27 CAS DE TORTURE… SEULS 6 ONT DONNE LIEU A DES POURSUITES JUDICIARES
 
Quid du non respect des engagement de l’Etat qui avait promis des enquêtes sur les homicides perpétrés par des agents des forces de sécurité, dans le contexte de manifestations en 2012, ainsi que sur les actes de torture et les autres mauvais traitements ? Selon Amnesty international, les investigations sont rarement menées à leur terme et peu sont les auteurs présumés qui comparaissent devant la justice. En atteste, l’organisation de défense des droits humains montre que sur 27 cas de torture portés à sa connaissance depuis 2007, seuls six ont donné lieu à des poursuites aboutissant à une condamnation avec une peine «clémente».  
 
NON RESPECT DES DROITS HUMAINS : Amnesty international liste  les «dérives» de Yahya Jammeh
 
Tortures, disparitions forcées et des sanctions pénales sont le lot quotidien des Gambiens. Dans son rapport 2015/2016 qui sera publié ce jour, mercredi 24 février et dont une copie nous est parvenue hier, mardi 23 février, Amnesty international pointe un doigt accusateur sur le régime du président Yahya Jammeh.
 
Dans son rapport 2015/2016 qui a comme thème «Vos droits sont en danger», Amnesty international a encore fait état de violations de droits humains en Gambie. Des brimades, juge l’organisation de défense des droits humains, qui ne sont que le fruit de la gestion «calamiteuse» du chef de l’exécutif de ce pays.  «Torture, disparitions forcées et sanctions pénales contre les personnes Lgbt caractérisent la situation des droits humains dans le pays, qui a catégoriquement refusé de coopérer avec l'Onu et les mécanismes régionaux de défense des droits fondamentaux sur des questions telles que la liberté d'expression, les disparitions forcées et la peine de mort», indique le rapport d’Amnesty. 
 
Selon l’Ong internationale, la tentative de coup d’Etat de 2014 contre l’homme fort de Banjul a donné lieu à des arrestations et à de nouvelles violations des droits humains. Et, les autorités ont continué à réprimer la dissidence. Elles se montraient toujours réticentes à coopérer avec les mécanismes protégeant les droits humains dans le système des Nations unies. Pis, renchérit l’organisation, en avril, la Gambie a rejeté 78 des 171 recommandations formulées à l’occasion de l’examen périodique universel de l'Onu, notamment celles qui l’exhortaient à lever les restrictions pesant sur la liberté d’expression, à ratifier la Convention contre les disparitions forcées et à abolir la peine de mort.  
 
Par ailleurs, souligne Amnesty international, l’Etat gambien n’a pas tenu compte des appels de la communauté internationale qui l’incite à conduire une enquête conjointe indépendante sur les événements qui ont suivi la tentative de coup d’État de 2014, notamment la Résolution adoptée en février par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples qui sollicitait une invitation à mener une mission d’établissement des faits. En juin, la Gambie a expulsé la chargée d’affaires de l’Union européenne, sans aucune explication, en exigeant qu’elle quitte le territoire dans les 72 heures, dénonce Amnesty. Les actes de tortures, les arrestations et les détentions de journalistes, d’artistes et d’opposants sont aussi des manquements graves que dénonce Amnesty dans son rapport.
 
COUR DE REPRESSION DE L’ENRICHISSEMENT ILLICITE : Karim Wade victime d’un procès inéquitable, selon Amnesty
 
Pour Amnesty international, la détention de Karim Wade est illégale. La condamnation de l’ancien ministre D’Etat par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), à six ans d’emprisonnement et une amende de 138.239.086.396 F Cfa (environ 210.744.000 euros) pour enrichissement illicite est anormale. Amnesty international explique cette anomalie par le fait que les décisions rendues par cette cour ne sont pas susceptibles d’appel sur le fond, ce qui est contraire aux normes régionales et internationales. 
Mieux, Amnesty rappelle qu’en avril dernier, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé que la détention provisoire de Karim Wade est illégale, à cause du retard accumulé pendant la procédure et de la différence de traitement observée par rapport aux autres prévenus. 
Parlant toujours du non respect des droits humains, Amnesty international a aussi fait état dans son rapport des condamnations pour des actes contre nature. Elle compte vingt deux (22) personnes dont trois (3) femmes qui ont eu à répondre devant la justice pour ce «délit». 
 
DU FAIT DE LA NEGLIGENCE DES GOUVERNEMENTS : L’Onu au bord du gouffre
 
C’est une Organisation des nations unies (Onu) très mal en point qu’Amnesty international décrit dans son rapport.  «Les Nations unies et leurs différents organes de protection des droits humains et des réfugiés ont gravement souffert en 2015 de l'hostilité et de la négligence de gouvernements récalcitrants», lit-on dans le rapport. Le prochain Secrétaire général des Nations unies, qui sera élu à la fin de l'année et prendra ses fonctions en janvier 2017, héritera d'une organisation qui a accompli beaucoup de choses certes, mais qui a désespérément besoin d'un nouvel élan, déclare Amnesty international. 
L'organisation internationale de défense des droits humains appelle les États membres et le Conseil de sécurité de l'Onu à faire preuve d'une réflexion courageuse pour avancer dans le sens des réformes, en commençant par la manière dont ils choisiront le prochain Secrétaire général. 
 
LES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS EN CHIFFRE
 
En 2015, Amnesty international a étudié la situation des droits humains dans 160 pays. Dans les 113 pays, les libertés d’expression et la liberté de la presse continuent à être restreintes. En outre, 60 millions de déplacés sont recensés à travers le monde. Plus de 30 pays ont contraint des refugiés à retourner dans des pays où ils sont en danger. Et, dans 61 pays, des personnes sont devenues des prisonniers d’opinion. Aussi, au moins, dans 19 pays, des crimes de guerre et d’autres violations de guerre ont été notées. Des procès iniques ou inéquitables ont eu lieu dans au moins 55% des pays. 
 
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