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BANJUL : The D. Day !*
Abdoulaye CISSE | 10/01/2017 | 09H16 GMT
 
On peut y voir la journée de toutes les incertitudes, eu égard au fait que jusqu’à cet instant où nous mettons sous presse cette information, la convocation de la session de la Cour Suprême de Gambie restait maintenue, sans qu’on ne sache véritablement quels juges vont siéger, tant toutes les portes pour faire venir des juges de l’étranger, notamment du Nigéria, se sont refermées. La coopération judicaire de la Gambie avec le Nigéria pour « sauver » Jammeh et sa « Cour Suprême fantôme » n’a pas, cette fois-ci, fonctionné.
 
On peut y voir aussi la journée de toutes les tensions, car il n’est plus un secret pour personne que le Camp de Adama Barrow et « son peuple de Gambie » préparent activement, sans tambour ni trompette, la cérémonie « inaugurale » de son pouvoir (on ne parle plus de passation sur place, puisque Jammeh n’est pas dans les dispositions– donc on fait sans lui) pendant que le parti de la APRC au pouvoir appelle ses militants à une grande mobilisation au monument de l’arche de July 22nd, pour attendre le verdict de la Cour Suprême. On redoute les provocations d’un camp ou de l’autre avec les risques de débordement à la moindre étincelle.
 
On peut aussi y voir, suprême soulagement, la journée de la décrispation avec la mission du médiateur Buhari et sa délégation qui s’activent en coulisses et qui peut débarquer à tout moment à Banjul si les conciliabules avancent avec Jammeh et son clan.
La tragi-comédie de la session de la Cour Suprême qui n’existe véritablement que de nom, prêterait à sourire si ce n’était l’avenir d’un pays et des millions de Gambiens qui se joue et qui reste suspendu à la seule volonté de Yaya Jammeh de tenir coûte que coûte cette session de la Cour Suprême. Même son  partenaire privilégié aux accords de coopération judiciaire, le Nigéria notamment, n’en veut pas. 
 
Le langage du Nigéria est somme toute diplomatique dans son refus de fournir des juges à la Gambie, mais on le sait, l’improvisation et l’impréparation de ce recours qui tombe comme la bouée de sauvetage d’un régime pour se maintenir au pouvoir, a offert le prétexte facile au Nigéria pour saborder la stratégie de Jammeh. Cela, d’autant que la présence de juges nigérians ne viendrait qu’ajouter du brouillard à cet imbroglio diplomatico-politico-militaire dans lequel s’est embourbé la CEDEAO avec le Nigeria du président Buhari en 1ére ligne. Car comment l’opinion de la CEDEAO comprendrait-elle que pendant que le Président du Nigéria s’active pour éviter l’impasse dans ce dossier, que ce soit des juges nigérians qui fassent le « sale boulot » pour Jammeh et lui offrir l’alibi juridique pour rejeter le verdict proclamé par la commission électorale indépendante dont « tout le monde » voudrait qu’on respecte l’impartialité et les résultats proclamés. 
 
Sur la place de Banjul, depuis quelques jours, il y’a des signes qui font craindre un coup de force « juridique » de Jammeh pour se maintenir à la tête de l’Etat gambien: les rassemblements de militants du parti au pouvoir « APRC » se sont multipliés. Comme revenus de leur chaos de la défaite initialement concédée par Jammeh « himself », les jeunes, les femmes, les cadres ont tour à tour bandé les muscles et promis à leur chef de se battre derrière lui et avec lui jusqu’au bout pour le triomphe du président Jammeh. Le général Ousmane Badji qui a re-refait allégeance à Jammeh semble être pour quelque chose dans cette nouvelle option jusqu’au-boutiste depuis qu’il a promis «être prêt à mourir pour his excellency Commandant In Chief Y. A .J. J. Jammeh». 
 
Mais qui peut imaginer Jammeh se déclarer vainqueur à l’issue de « sa » session de la Cour Suprême ? Qui peut imaginer un tel scénario ? 
Et pourtant des connaisseurs de la Gambie de Yaya Jammeh, savent que rien ne surprendrait venant du locataire de la State House. 
Bien malin celui qui peut prédire ce qui va se passer aujourd’hui et dans les jours à venir à Banjul, d’autant que la CEDEAO semble avoir totalement perdu la main depuis ses atermoiements sur l’option de sortie de crise.
* Jour J

Abdoulaye CISSE
Correspondance particulière – Paris
 
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