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«BATAILLE POUR L’HERITAGE»
Vieux SAVANE | 29/03/2017 | 11H38 GMT
 
Le Parti démocratique sénégalais (Pds) est décidément un parti bien singulier. Farba Senghor et Pape Samba Mboup exclus de la formation politique libérale dans laquelle ils étaient perçus en authentiques gardiens du temple a de quoi interroger. D’autant plus que faut-il le souligner, leur mise à l’écart leur a été signifié par voie de communiqué avec la froideur d’une surprenante gestion  administrative. Farba Senghor. Pape Samba Mboup. Quoi qu’on dise, ces deux noms sonnent Pds  dans sa grandeur et décadence, pour avoir été de tous les combats.
 
Assumant avec une fidélité de « baye fall » la volonté du chef,  ils ont fini par nourrir tous les fantasmes puisque leurs visages se profilaient derrière tous les coups. Qu’ils soient reluisants ou tordus. En tout cas, quoi qu’on puisse dire ou penser d’eux, il ne viendrait  à l’idée de personne de dire qu’ils n’ont pas servi loyalement et avec zèle le Maitre. Même si faut-il aussi le reconnaitre, ce dernier n’a pas oublié de leur renvoyer « généreusement » l’ascenseur lorsque, par la grâce des électeurs, il a accédé à la magistrature suprême en mars 2000, en leur permettant d’améliorer considérablement leurs conditions sociales. De quoi alors cette exclusion est-elle le nom ?
 
Et voilà  l’ombre de Karim Meissa Wade de s’inviter et de se remettre au centre d’un choix « nollywoodien » qui voit « fils d’emprunt » et « fils biologique » s’engager, selon les mots de Farba Senghor, dans une « bataille pour l’héritage ». Le résultat était pourtant connu d’avance puisque porté par une volonté manifeste de dévolution patrimoniale du pouvoir. Aussi affirmer comme le fait Farba que « le problème fondamental du parti, c’est Karim Wade », qu’il découvre de surcroit « méchant », c’est quelque part  réagir un peu tardivement  tout en  succombant  à un respect injecté de fascination qui a du mal à incriminer le père. 
 
Au-delà du fait qu’avec Pape Samba Mboup, ils avaient adoubé  « l’enfant prodige », couvert ses pratiques et accepté toutes  les décisions de son géniteur, la lucidité tranquille impose pourtant de recentrer  le propos, sans joliesse inutile ni « masla» coupable, en reconnaissant au contraire que « le problème du Pds c’est Wade lui-même ».  L’ancien président de la République a en effet vécu le parti comme étant sa propriété et qu’il pouvait par conséquent en disposer comme d’un bijou de famille. Aussi puisque bon sang ne saurait mentir, le fils, « le plus intelligent des Sénégalais », à qui il avait confié d’énormes responsabilités jusqu’à le voir affabulé du sobriquet de « ministre du ciel, de la terre et de la mer »,  allait-il se révéler comme étant le seul et incontestable héritier.
 
 En son fils, Wade voit certainement le moyen de toiser l’éternité. Mais c’était sans compter avec les Sénégalais qui dans leur écrasante majorité arborent l’injustice. Non point qu’ils en veuillent à Karim Wade, à titre personnel,  mais simplement conscients du fait qu’en démocratie la politique n’est pas affaire d’héritage mais de légitimité. C’est ainsi que n’ont pas manqué de fuser certaines interrogations : Mais où Karim Wade s’était-il planqué pendant les années de braise ? Quelles batailles avait-il mené pour vouloir prétendre prendre les rênes du pouvoir. En un mot on lui renvoyait à la figure que le fait d’être le fils de son père, fut-il membre fondateur du parti, n’en faisait pas  « un actionnaire majoritaire ».
 
 A l’évidence, c’est l’obsession de Abdoulaye Wade à vouloir imposer son fils et  s’éterniser symboliquement à travers la chair de sa chair qui est à l’origine de toutes les dérives et de toutes les frustrations vécues par nombre de militants des premières heures. Loin d’être partagée, la volonté de dévolution patrimoniale du pouvoir ne fleurait pas bon pour tous ces « authentiques »  qui disaient n’avoir aucune envie de se « ranger derrière ce gosse ». 
 
A l’inverse d’autres « frères » et « sœurs » de parti, disposés à lui chauffer la place  parce que plus intéressés par la distribution des places que d’aller à la conquête du pouvoir  avec tout ce que cela demande comme investissement personnel et financier.  Seulement il y a des aveuglements qui sont suicidaires. Aussi faudrait-il s’attendre à ce que la béance de la fracture entre les historiques et les autres s’élargisse à l’approche des législatives et plus encore de la présidentielle.
 
 Au moment où,  Abdoulaye Wade auquel toutes les parties s’identifient, en dépit de son âge avancé, semble vouloir faire sienne cette posture des personnes fascinées par elles-mêmes et qui s’abandonnent dans des identifications problématiques. Aussi l’exclusion de Farba Senghor et de Pape Samba Mboup épouse-t-elle  quelque part les formes d’une conviction narcissique qui le pousse à penser : « Le parti c’est moi ».  Ce moi  hypertrophié qui ne laisse nulle place à une humilité susceptible de faire prendre conscience de sa propre finitude en même qu’elle éloigne de la tentation d’un naufrage collectif on ne peut plus tragique : «Après moi le déluge».
 
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