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Par Dr Hadja Maï NIANG
CES PROGRAMMES QUI POLLUENT LES RADIOS ET TÉLÉVISIONS SÉNÉGALAISES
03/06/2015 | 10H31 GMT
 
Dans son rapport annuel 2014 remis au chef de l’Etat, le mercredi 13 mai dernier, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), en plus d’insister sur la protection des populations notamment les enfants, a mis à nu l’impact des offres audiovisuelles sur ce public (jeune) vulnérable. Et une dizaine de jours avant, le premier Avis trimestriel de l’année 2015 du CNRA, publié le 02 avril dernier, relevait que «l’audiovisuel doit éviter de contribuer à l’exacerbation des vices et nuisances dans la société». Justement, Daaray Sembène, Maison de la pédagogie de l’Image, après un travail à la fois populaire et heuristique, livre «un extrait d’une série de programmes qui seraient une chaîne de nuisances à la société sénégalaise». Histoire de «sauvez les enfants de ces images et ces activités qui leur volent leur enfance au profit de la bonne vente audiovisuel». Sud Quotidien publie à cet effet le texte intégral du Dr Hadja Maï Niang, Enseignante-chercheure à l’Université de Thiès, Spécialiste en pédagogie de l’image, qui s’exprimait à l’occasion d’un point de presse organisé par Daaray Sembène à Thiès. Vivement «que le peuple sénégalais se réveille…avec un téléviseur qui ne nous leurre pas».
 
DEBAT
 
 
 
 
 
Le résumé des leçons que nous avons reçu de notre père spirituel «Sembène Ousmane» est le suivant : «On ne naît pas avec le savoir, on grandit en allant en sa recherche». A raison, nous, les populations ; de surcroît, nous qui sommes appelés, enseignant-chercheur notre mission serait instructive et constructive si la principale s’engagerait dans le service à la société Daaray SEMBENE, Maison de la Pédagogie de l’Image (MPI), école populaire de 7  à 77 ans, sis à Thiès doublé depuis sa création en 2008 à Saint-Louis d’un service de réflexion sur les programme radio-télévisuels est récemment doté d’un Bureau de Révision et de Conception en Programmes  Audiovisuels (BRCPA). Daaray SEMBENE se penche sur le rapport annuel du CNRA (Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel) publié le 13 mai 2015 et remis au Chef de l’Etat, le Président Macky SALL. 
 
C’est en 2005 que nous, pour l’intérêt populaire que l’audiovisuel doit apporter aux récepteurs, avons signalé en Lettre ouverte adressée aux Africains une alerte titrée «Notre  télévision nous leurre» cf. .  A la suite de ce cri sur les échos de l’audiovisuel conçu et vu en Afrique, l’historique de Daaray SEMBENE et la pédagogie de l’image est composée d’une quinzaine de sujets audiovisuels de télévisions sénégalaises. 
 
En ce moment que dire du rapport annuel du CNRA (Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel) qui fait écho au dernier avis trimestriel du même CNRA publié le 02 avril 2015, lequel avis est titré «l’audiovisuel doit éviter de contribuer à l’exacerbation des vices et nuisances dans la société». A ces propos,  Daaray SEMBENE qui déclarait haut et fort que tout laisse croire que le CNRA ne régule que la politique en campagne électorale au détriment de la régulation audiovisuelle au service de la société reconnaît que le CNRA a posé un acte  mental, autrement dit qui dépasse les mots pour marquer les esprits. 
 
Que faire du rapport annuel 2014 du CNRA ? que l’acte mental devient palpable. Que le peuple sénégalais se réveille, puisqu’elle (une chaîne de télé) parle de «Yewou Lèèn» avec un téléviseur qui ne nous leurre pas. Justement Daaray SEMBENE, Maison de la pédagogie de l’Image dans sa mission principale d’orienter le téléspectateur sénégalais vers des programmes de télévisions agréablement utiles ponctués de valeurs sociales constructives vous livre suivant au préalable un travail à la fois populaire et heuristique, autrement dit basé sur l’enquête et la recherche scientifique un extrait d’une série de programmes qui seraient une chaîne de nuisances à la société sénégalaise. 
 
1. «Happyness», présenté visiblement comme une série télévisée, expose l’image de trois filles et un garçon sénégalais dans une maison sans famille classique reconnue selon le schéma social sénégalais. Les images non verbales parlent dès le générique du début où les filles se présentent en tenue «Pretty Woman», cliché hollywoodien en traduction littéraire « Prostituée de luxe ». Les propos émis par les filles classent la série dans une crudité d’expression qui frôle la pornographie en verbe. A raison de la protection de l’enfance, Daaray SEMBENE évite de renvoyer les lecteurs aux numéros  en question. Au point d’en entendre  presque dans tous les numéros, nous vous orientons vers tout le répertoire. «Ecoutez» le numéro dans lequel l’une des filles est courtisée par un homme d’âge mûr, tout un champ lexical de l’acte sexuel y est dessiné par les quatre «acteurs» en feignant la description pour passer les propos : «les boules d’en bas» de l’homme, «baver» … no comment ! toutefois,  l’on se demande : «on est dans quel pays ?» 
ON EST DANS QUEL PAYS  pour qu’une chaîne de télévision audiovisualise une famille composée de quatre jeunes dévergondés et popularise le laisser-parler, le laisser-faire et le laisser-vivre comme je le sens à l’état brut. « Happyness » est une version «XXL» de «Dinama Néékh», à la juste différence que  ce dernier (Dinama  Néékh) comporte une forte dose pédagogique en ce qu’il expose le vice de la femme et de l’homme volage et en déduit les conséquences. 
 
Cependant, les deux séries exposent l’argent facile et massif qui peut dérouter plus d’une personne non avertie en manque social. Suivez les liasses d’argent que les deux filles de «Dinama Nèèkh» reçoivent dans leur salon. Plus d’une fille en proie à la tentation peut se dire «à quoi bon de travailler «véritablement» ? … Le téléspectateur risque d’être affecté d’homéostasie : en image audiovisuelle, la relation entre les émotions et la réflexion qui, dans ce cas, peut développer le fan fou qui copie machinalement l’objet qui a déclenché l’envie.
 
2. «RAACC»: que de jeunes filles souvent en congrès dans les plages à baignade de Dakar  entourées de batteurs de tam-tam. De jeunes filles habillées souvent en culotte sous-fesses, dansent dans un élan digne de striptease. C’est quelle culture ? 
 
3. «Dakar ne dort pas»
Comme Raacc, Dakar ne dort pas est une véritable débauche audiovisuelle. Cependant, Daaray ne dort pas pousse plus sur la télécommande avec des images indignes qui exposent devant l’écran des déficits mentaux en les tournant à la moquerie. On est dans quel type d’état de droit ? 
De surcroît, quand Dakar ne dort pas met en image un homme en état d’érection sous l’excitation en rire sauvage de l’animatrice de «Rich MondDiz», l’on se demande «On est dans et à quelle civilisation»?
 
4. «Kaay Begué»  
Comme les deux précédents programmes, Kaay Begué se sert du schéma de la séance de tam-tam populaire sénégalais pour se permettre d’une série d’écarts en vue de satisfaire le sensationnel au profit du commercial. 
Sur le plan instructif et pédagogique, ces programmes leurrent la société. Vu, par extension, sous un angle socio-économique, le Sénégal n’émergera pas avec ces «télé-bidons» qui nous servent «Kaay Begué», «Raacc», «Dakar ne dort pas», parce que «Dakar danse et chante». Telle est l’image du Sénégal que nos télévisions émettent à l’étranger par le satellite-relais.  
 
En guise d’avertissement, nous allons parodier Jean Epstein, en mettant la télévision à la phase de cinéma. En effet, selon Epstein le cinéma donne vie à l’inerte, il fabrique des vies et  pense comme le psychisme humain. :…par ce pouvoir qui est l’une des caractéristiques fondamentales de toute activité intellectuelle chez les êtres vivants, le cinématographe apparaît comme un succédané, une annexe de l’organe où généralement on situe la faculté qui coordonne les perceptions, c’est-à-dire le cerveau …1 : Jean EPSTEIN: L’intelligence d’une machine.  1946, page 122.
 
A la suite d’Epstein nous disons que la Télévision est une machine intelligente : quand même à grandes exceptions, par rapport à l’homme,  la Télévision développe des schémas sociaux, des références sociales, des émotions, des sentiments, du pouvoir, etc. Après une quarantaine d’années d’existence au Sénégal, les programmes de télévision conçus et vus au Sénégal et ailleurs ont droit à une maturité concrète.  
Sembène Ousmane déclarait à raison dans les années 60 que «Le cinéma est une école du soir», et au même Sembène de faire dire en 1999 à la mère de Faat Kiné, à ses petits-enfants «vous avez reçu l’éducation de la télé» ( Faat Kiné, film de SEMBENE Ousmane, 1999. Prod. Filmi Doomireew. 
La télévision a donc le pouvoir d’éduquer et de construire un modèle social. A cette réflexion,  tout Sénégalais et Sénégalaise peut émettre son avis à propos des programmes de nos télévisions. Allez savoir ! Le peuple vous en dira long, puisque la télévision est d’office populaire. 
 
5. «Parlons Santé» 
 Justement,  «Parlons Santé». Est-ce que le langage en santé dans une de nos télévisions comprend que «la télévision est d’office populaire». L’on se demande comment une télévision qui se dit chaîne nationale se permet de parler Santé en français dans un pays où au moins ou au plus 70%  de la population ne comprend point le français. C’est là que se trouve le quiproquo que développe au fil des ans cette émission fort intéressante qui gagnerait à être dite dans une langue majoritairement comprise par la société au service de la communauté.  
 
6. Quatre publicités Télé 
Comment le binôme télévision et cognition qui doit faire œuvre d’images et de réflexions pointues sert au peuple sénégalais ce genre de pub. Je les cite en descriptif et analyse succincte. 
 
1. Un homme en boubou vert et une sorte de casquette rouge consomme dans un élan barbare du lait caillé au point de susciter une image sauvage que le Sénégalais averti aurait honte d’endosser. Que dire de cette image propre à la civilisation de l’homme de la pierre taillée? 
 
2. Une pub qui construit l’image d’un enfant qui subtilise un bonbon sur le dos de sa maman. Voilà une bonne image qui fabrique le schéma social de l’enfant-voleur. 
 
3. «Clairement plus belle» ! Les défenseurs de la race noire longtemps bafouée auraient mal au cœur et à l’esprit de voir au troisième millénaire des Publicités émises au Sénégal, conçues et dites par des Sénégalais qui font l’apologie de la «clarté» de la peau, en filigrane, au détriment de la «noirceur» dont la teneur anatomique est célébrée au niveau international par le penseur sénégalais Cheikh Anta Diop. 
 
7. Sen P’Tit GALLE
Nous l’avons dit depuis 2011, précisément le 05 octobre en ces titres «Lettre Ouverte à Monsieur Youssou NDOUR, PDG de la Télévision Futurs Médias: «Veuillez» faire censurer l’émission SEN P’.TIT GALLE, ensuite le 27 décembre 2012, Sen P’tit Gallé: DU MARKETING MALSAIN SUR LE DOS DE NOS ENFANTS, puis d’autres réflexions sur le même programme. Cf. Google avec les références précitées.
En un mot, sauvez les enfants de ces images et ces activités qui leur volent leur enfance au profit de la bonne vente audiovisuel.  
En outrance, «Le charlatanisme radio-télévisuel ! On est dans quel pays, dans quelle culture et pour genre d’éthique audiovisuelle, qui permet à tout Sénégalais et Sénégalaise de se proclamer urbi orbi de connivence avec les radios et télévisions sénégalaise: Guérisseur en tout». 
Je vous remercie !  
 
Dr Hadja Maï NIANG 
Enseignante-chercheure à l’Université de Thiès 
Spécialiste en pédagogie de l’image / Dir. De Daaray SEMBENE  
 
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