| 117EME EDITION DU GRAND MAGAL |
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| Dans la ferveur religieuse de Touba |
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| Publié le 13/01/2012 | 04H17 GMT par Cherif Faye, Ibrahima Diallo, Adama Ndiaye
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| La cité religieuse a refusé du monde, à l’occasion de la 117ième édition du Grand Magal de Touba. Les fidèles sont venus de tous les continents pour rendre grâce à Dieu, conformément aux enseignements Serigne Touba Khadimou Rassoul, fondateur du Mouridisme. Cet événement qui commémore le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké (18 Safar) a pour thèmes, entres autres, la «Paix» et «Rendre service». C’est un moment de remerciement du Seigneur de Dieu par des prières, la lecture du Saint Coran et de Hassida de Serigne Touba Khadimou Rassoul et d’accomplissement d’œuvres pieuses et des actions de grâce dont le plus répandu est le «berndel». |
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Le grand Mausolée de Touba était le point de convergence de tous les fidèles venir célébrer la 117ième édition du Grand Magal de Touba. Prières, récital du Saint Coran et des «Hassida» (poèmes dédiés au Prophètes PSL), actions de grâce et recueillements au niveau du cimetière, ont été les temps forts de la manifestation qui a lieu entre 10 et 11 heures, hier jeudi 12 janvier.
Revenant sur l’origine et le sens du Grand Magal, lors d’une conférence de presse, Serigne Bassou Abdou Khadre Mbacké, Président du Comité d’organisation du Grand Magal de Touba et Porte-parole du Khalife général des Mourides, a rappelé que Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Serigne Touba Khadimou Rassoul a célébré le Grand Magal pour la première fois à Diourbel, en 1912, soit aujourd’hui 100 ans déjà.
Il s’agit pour Serigne Touba de remercier Dieu pour la grâce qu’il lui a accordée, en accédant positivement à sa demande de «voyage pour la paix et le bonheur des musulmans». Cela se manifeste par des prières, la lecture du Saint Coran et de Hassida de Serigne Touba Khadimou Rassoul et l’accomplissement d’œuvres pieuses et des actions de grâce (berndel), conformément à ses enseignements basés sur le Coran «Wa amma Bi ni’maty rabbika Fahadiss» (quant aux bienfaits de ton Seigneur, célèbre-les). Le « berndél » trouve tout son sens ici. «Quand on a demandé au Prophète quels sont les actes les plus méritants en Islam ? Il a répondu, entre autres, «C’est remercier Dieu et donner à manger».
Selon lui, un scientifique iranien a montré, lors du colloque sur le Soufisme, qu’on ne doit pas parler d’exil dans le cas du voyage de Serigne Touba. Car c’est un «engagement personnel du Cheikh envers son Seigneur pour la paix et le bonheur des musulmans. Il l’a demandé et Dieu le lui a donné et accordé. Et cela s’est matérialisé par la décision de justice du gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF) du 05 septembre 1895». D’où l’exil du 18 Safar. Et d’assurer que le Grand Mangal se prépare dès le lendemain de l’édition écoulée. Il précise que le Grand Magal n’a pas de parrain. «Le parrainage est contraire aux enseignements et à la tradition. Cependant, il y a plusieurs thèmes qui sont traités à chaque édition. Cette année, nous avons retenu, entre autres, la «Paix» et «Rendre service». Des conférences sont organisées autour de ces deux thèmes le jour du Magal, respectivement dans la matinée à partir de 10h, l’heure de la cérémonie marquant le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba (jeudi 12 entre 10 et 11 heures) et une autre, la nuit. Le gouvernement est attendu aujourd’hui pour la cérémonie. Pour la couverture de l’événement, plus de 400 journalistes venus de tous les horizons ont fait le déplacement vers la cité religieuse, en plus d’une forte représentation de pays riverains, de la diaspora et même des occidentaux.
LA DISTRIBUTION DE L’EAU PERTURBEE
L’eau coule difficilement dans certains quartiers de Touba. Des perturbations ont été notées dans la fourniture de l’eau à Dianatou Makhwa, KHAIRA ET DAROU MARNANE. Le service de l’hydraulique qui minimise cet état de fait, rassure. La situation devrait revenir à la normale le mercredi.
La distribution de l’eau connait quelques perturbations dans certains quartiers de Touba. Le ministre Oumar sarr, ministre de l’hydraulique, de l’habitat et de la construction après la visite des ouvrages relevant de son département, avait indiqué que Touba ne sera pas confronté à un problème d’eau durant la période du grand magal .Mais aujourd’hui ,force est de reconnaitre que des perturbations ont été notées dans les quartiers de Darou Marnane ,Khaira et Dianatou Makhwa ou il est difficile de se procurer du liquide précieux. Même le quartier résidentiel du Khalife n’est pas épargné par la pénurie d’eau. Mamadou Ndao, un habitant très remonté contre ce manque d’eau indique que « c’est un acte de sabotage ». « Darou Rahmane vit pendant 20 ans cette situation. Tous nos invités ne peuvent même pas se laver le matin », dit-il. Le chef du service régional de préciser que « la situation est satisfaisante sur plusieurs quartiers de la ville de Touba .Mais quelques perturbations ont été notées dans les quartiers de Dianatou, Khaira et Darou Marnane. « Ces perturbations sont dues à des problèmes d’ordre structurel. En ce qui concerne le quartier de Darou Marnane, ce sont des tuyaux de petits calibres qui sont utilisés pour acheminer l’eau des forages au niveau des concessions. Par contre, on est en train de voir les causes du manque d’eau enregistré au niveau de Dianatou Makhwa ». Alassane Samb de poursuivre que « 84 camions citernes ont été mobilisés par la Commission de vérification des camions pour juguler ces perturbations. La répartition de ces camions a été faite en fonction de la taille des quartiers. Une réunion qui a regroupé les chefs de village et le comité eau et Touba et les sapeurs pompiers. La coloration s’effectue normalement sous la supervision des services techniques de la société des eaux. La situation devrait revenir à la normale en fin de soirée ».
L’Etat mis face à ses responsabilités
«Le manque d’eau répété à l’occasion du Gand Magal de Touba s’explique par l’affluence qui fait que les 20 forages ne suffisent plus pour alimenter Touba en période de Magal. S’y ajoutent les problèmes liés au réseau d’adduction d’eau avec des tuyaux plus grand que d’autres et la spécificité des zones et le relief». C’est Serigne Moustapha Mbacké, membre du Comité d’organisation, par ailleurs, chef de village qui donne ainsi les raisons des pénuries d’eau à l’occasion du Grand Magal.
Cette situation est à l’origine des baisses de pression allant jusqu’à la rupture d’alimentation dans des quartiers du fait de la forte demande. C’est une question de zones notamment Darou Marnane, Diannatou… A l’en croire, des études ont été faites et des solutions proposées. «Le problème persiste c’est vrai, mais nous avons fait beaucoup d’efforts, il faut le reconnaître, pour améliorer la situation, les talibés aussi ont financé des kilomètres de réseaux d’extension des conduites d’eau».
Pour lui, chacun doit jouer sa partition, aussi bien l’Etat que la famille de Serigne Touba. Toutefois, a-t-il martelé, «l’Etat est interpellé. La question qu’il faut se poser c’est : «l’Etat n’est-il pas dépassé dans ses prévisions pour le Magal ? Le problème de l’eau est un défi pour l’Etat qui doit le relever en tenant compte du développement rapide, l’ascension du Magal». Et d’ajouter qu’il y a des «sources d’eaux sans fluor à 25 km. L’idée c’est de les exploiter et en cas d’excédent, fermer les forages à forte teneur en sel (fluor) qui dépassent largement la norme».
Des CRD et conseil interministériel sont organisés pour répertorier tous les problèmes et proposer des solutions à la veille de chaque Magal. Mais c’est dans l’application qu’on note des manquements à certains niveaux. En atteste, pour ce qui est des réservoirs d’eau prévus, «nous en avons reçu 25 sur 50 demandés. Nous les avons reçus très tardivement. Ce qui fausse toutes les prévisions».
A cela s’ajoute des «manipulations au niveau du ministère de l’hydraulique. En réalité, les citernes d’eau doivent être à la disposition des chefs de villages qui connaissent mieux leurs zones jusqu’à la fin du Magal. Mais on constate que dès leur arrivée, des gens du ministère appellent pour lui donner des instructions. Celui-ci se déplace et amène le camion avec lui alors qu’il doit être à la disposition des chefs de villages. Conséquence, le chef de village n’a plus aucune maîtrise sur la citerne qui officiellement lui était destiné».
Concernant la gratuité de l’eau à Touba, elle se justifie par la solidarité et l’origine de la cité religieuse. Le fait qu’à Touba on ne paye pas de l’eau est à chercher dans l’origine de la cité religieuse. Touba appartient à Serigne Touba qui décide de tout dans son titre foncier. L’autre aspect, c’est que c’est un système de solidarité instauré par Serigne Touba. Mais il est de la responsabilité aussi de l’Etat de donner de l’eau à tous les citoyens où qu’ils se trouvent», a indiqué Serigne Bassirou Abdoul Khadre Mbacké.
TOUBA SUR LA HAUSSE DES PRIX DU TRANSPORT
“Des transporteurs en font trop”
La hausse exponentielle des tarifs en commun à l’occasion des grands événements religieux comme le Grand Magal de Touba ne laisse pas indifférents les chefs religieux de la capitale du Mouridisme. Même s’il a reconnu la complexité du sujet et la hausse du prix du carburant, Serigne Ousmane Mbacké, Coodonateur général du Comité d’organisation a déploré l’attitude de certains transporteurs.
Selon lui, c’est difficile de régler le problème du transport car il y a plusieurs paramètres à considérer, notamment la hausse du prix du carburant, le fait que l’affluence n’est notée que dans un seul sens. Les véhicules retournent vide une fois à Touba. Ce qui constitue une perte pour les transporteurs qui sont des opérateurs économiques.
Toutefois, il a rappelé que cette hausse n’est pas une première. «Il y a toujours eu des augmentations sur les tarifs de transport. Cependant il y a des transporteurs qui en font trop même si le carburant coûte chère». C’est pourquoi, il a proposé «une large discussion avec tous les acteurs. Aussi, pourquoi le gouvernement ne prendrait-il pas pendre en charge la subvention du carburant pendant au moins trois jours durant la période du Magal pour éviter les hausses ?», s’est interrogé SerigneOusmane Mbacké.
Toutefois, a-t-il fait remarquer, «il faut noter que quel que soit le prix, le Mouride trouvera tous les moyens pour se rendre à Touba, Serigne Touba vaut le coût, quitte à marcher sur des centaines de kilomètres». |
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