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De la question du financement des universités sénégalaises
20/04/2013 | 04H16 GMT
 
J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt l'émission à la RTS consacrée au financement des universités sénégalaises. La palette d'acteurs était bien choisie, le débat bien orchestré mais des questions de fonds n'ont pas été abordées ou alors très rapidement telles que l'arrimage des currila des universités avec le marché de l'emploi.
 
Une question fondamentale, celle de la place de l'éducation dans le projet politique et social de l'actuel Gouvernement, elle, n'a même pas été soulevée. Pourtant cette question, à mon avis, devait servir de fil conducteur au débat. En effet, ma position par rapport à cette question c'est que l'éducation doit rester un droit et non  un privilège. Je pense aussi que l'éducation doit-être au cœur de tout projet d'avancement d'une société.

En tout cas, tous les pays dit développés, ont à un moment de leur histoire, décidé de faire de l'éducation un pilier de développement. C'est le cas de la province québécoise qui, suite au rapport  Parent, a mis en œuvre un projet de restructuration de l'éducation qui a donné naissance à un réseau de collèges et d'universités québécois.

Le rapport Parent s'est surtout illustré par un principe fondamental : celui de permettre l'accessibilité aux études à toutes les couches socio-économiques. Les résultats ne se sont pas fait attendre. La société québécoise a pu compter sur une population éduquée pour réaliser son projet de développement. Plus récemment, les dragons asiatiques nous ont donné la preuve que l'éducation constitue un investissement rentable.

À ma grande surprise, les débatteurs invités à cette émission n'ont pas parlé de cette dimension somme toute importante de l'éducation. Pire, il a semblé s'établir un consensus autour du principe de la hausse des frais de scolarité. J'ai trouvé cette tendance particulièrement inquiétante dans un pays où près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Concernant, l'uniformisation des frais de scolarité entre les étudiants locaux et les étudiants internationaux, j'ai trouvé que la sacro-sainte téranga sénégalaise a quand même des limites. J'ai trouvé cette dernière proposition particulièrement aberrante car dans les pays qui semblent inspirer les tenants de la hausse des frais de scolarité, les étudiants internationaux ne payent pas les mêmes frais de scolarité que les locaux.

Dans les universités américaines, les étudiants internationaux payent presque six fois plus que les étudiants locaux. Idem pour les étudiants internationaux, sauf exception, inscrits dans les universités québécoises. Cette mesure est compréhensible et tout à fait justifiée si l'on part du principe que c'est l'argent des contribuables de ces pays qui finance leur système éducatif.

À mon avis, les acteurs impliqués dans la gestion de nos universités devraient plus chercher à remédier à la discordance qui existe entre le contenu des programmes offerts dans les universités et le marché de l'emploi. Un système éducatif pertinent est un système capable de répondre aux attentes des sortant-es et de la société.

J'inviterai aussi les étudiant-es à situer leur argumentaire par rapport aux enjeux sociétaux de l'éducation. Ils pourront ainsi marquer plus de points concernant la défense de leurs droits. Pour terminer, je rappellerai que le monde actuel est marqué par l'économie du savoir.

Qui a le savoir a le pouvoir ! Même si le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale contraignent nos États à des restrictions budgétaires, nous devons nous battre pour financer adéquatement notre éducation en tenant compte de nos réalités socio-économiques.

Ndèye Faty Sarr
Québec, Canada
 
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