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LE PRIX AU PRODUCTEUR FIXE A 190 FRANCS
Des paysans plus « riches »
Malick NDAW | 17/11/2012 | 01H37 GMT
 
Les bonnes nouvelles s’enchaînent pour le paysan sénégalais qui va sans doute prendre à son compte le sens du « Yokkute » (  ). Sur fond d’une campagne agricole 2012-2013 jugée « très bonne », voici que le prix au producteur d’arachide passe de 175 FCfa le kilogramme à 190 FCfa. La décision a été adoptée annoncée en Conseil des ministres qui s’est tenu hier, vendredi 16 novembre 2012.  
 
Si l’on considère le texte du communiqué du Conseil des ministres qui s’est tenu hier vendredi 16 novembre 2012, c’est après une large concertation avec les acteurs de la filière arachidière notamment le Conseil national interprofessionnel de l'arachide (Cnia) et les huiliers, qu’il a été retenu le prix au producteur de 190 Francs le kilogramme pour cette année. De 175 FCfa, celui-ci augmente ainsi de 15 FCfa. Cette mesure semble venir à point nommé dans un contexte marqué par l’arrivée sur ce marché  de nouveaux acheteurs tels que les Chinois, les Russes, les pays de l’Est et même les Américains.

Avec un tel niveau de prix « rémunérateur », à la faveur d’une pluviométrie abondante qui a suscité une récolte jugée « exceptionnelle » et une demande qui explose, pas besoin de subvention même si les producteurs n’auraient certainement pas craché sur un niveau de prix de 200 FCfa le kilogramme. Néanmoins, ce prix de 190 FCfa « que tous les acteurs s’accordent à qualifier d’exceptionnel », selon le communiqué du Conseil des ministres, doit être compris « comme le résultat d’une double volonté : -d’une part, celle d’assurer une juste récompense de l’effort de nos braves producteurs, qui ont le droit de jouir légitiment des fruits de leur travail,-et d’autre part, celle de relancer nos huileries, qui contribuent à la création de richesses, d’emplois et à la structuration de la filière ».

Toujours est-il que la « très bonne campagne agricole », aux yeux de Macky Sall dans sa communication au Conseil, « réinstalle l’espoir dans le monde rural où d’importantes productions céréalières et arachidières sont attendues comme récompense des dures journées de labeur des paysans et des efforts consentis par l’Etat », souligne le texte.

Dans ce contexte et même si la demande « explose » du côté des nouveaux acheteurs comme les chinois, le gouvernement devra, sur instruction présidentielle, veiller aux frontières pour empêcher l'exportation des graines d'arachide. Une mesure visant à préserver la production industrielle du pays. Il faut tout de même espérer que du côté des huiliers qui travaillent avec les banques locales, il n’y aura pas de difficultés pour mobiliser le financement destiné à absorber la production. Une gageure si l’on considère les prévisions très optimistes de la campagne agricole de cette année qui situent la récolte autour de 800 mille tonnes et dont seules 200 000 pourraient être achetées par les huiliers…
 
Rapporté aux coûts de production, le prix de 190 FCfa peut être jugé « peanut » même si son évolution (de 165 à 175 et à 190 FCfa) est tout de même à saluer. Cependant, pour le paysan, le prix n’est pas en soi une panacée. Car fixer le prix au producteur sans régler et organiser tous les paramètres de commercialisation de la production, cela reviendrait à mettre la charrue avant les bœufs.  Des dispositions seraient ainsi prises « à tous les niveaux » pour une bonne organisation de la campagne de commercialisation qui, selon le texte du conseil, « aura des effets positifs sur l’économie nationale, les revenus et les conditions de vie du monde rural, une des cibles prioritaires du programme Yonnu Yokkute.»
 

Bons à payer

Pour l’heure, le gouvernement semble avoir pris à bras le corps un aspect important de cette commercialisation en veillant à ce que au-delà de la fixation du prix, tous les paiements soient effectués au niveau des points de vente et dès l’enlèvement des graines, « afin de mettre un terme aux aléas des bons impayés et aux pratiques spéculatives qui ont souvent précarisé les producteurs ». Des instructions fermes seraient données au chef du Gouvernement dans ce sens. Dans le même élan, les producteurs sont invités à constituer leurs propres stocks de semences, à partir des graines écrémées, en vue de la campagne agricole à venir. De même, Gouvernement, huiliers et opérateurs semenciers sont invités à veiller « rigoureusement » sur la disponibilité d’un stock de sécurité.

L’option du Président Macky Sall pour la relance de la production agricole semble cependant se confirmer, après les mesures prises dès le départ pour mettre à la disposition du monde paysan, les semences et l’engrais nécessaires à la production agricole, ainsi que l’assistance en vivres de soudure au monde rural.

 
 
 
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