BROUILLE DIPLOMATIQUE SENEGAL-ETATS UNIS
Des questions de principe à la Sécurité Nationale
Publié le 09/02/2012 | 02H13 GMT par Dame BABOU
 
Depuis la Guerre froide symbolisée par l’écroulement du Mur de Berlin, les questions de sécurité nationale se posent différemment  en Amérique et en Occident de manière générale. Les armées de L’Alliance Atlantique du Nord (l’Otan) et celle de la France, avant son intégration dans le bloc défense des Alliés s’étaient toutes préparées à faire à la puissance menaçante de membres du traité de Varsovie dirigé par la toute puissante Union Soviétique, puissance militaire aussi bien nucléaire que conventionnelle par excellence.
 
Depuis que  l’économie soviétique était mise à genoux entre autres par la course aux armements, l’occident s’est trouvé de nouveaux ennemis sous la forme du terrorisme venu du monde arabe d’abord avant de se répandre dans le reste du monde. Cette nouvelle situation a connu un développement fulgurant caractérisé par le mouvement Al Qaeda qui a montré sa face terrifiante par les attaques du 11 septembre 2001 contre les Etats Unis.  

Depuis cette date, l’Amérique et ses alliés considèrent que cet ennemi ne peut trouver un terrain fertile de recrutement et d’entrainement de combattants devenus dangereux pour les occidentaux partout dans le monde que dans des pays sans Etat ni véritables forces de défense.

Quand l’armée américaine avait aidé les Moudjahidines en Afghanistan pour se débarrasser de l’armée rouge avec, à la clé, une défaite humiliante du monde communiste, le pays de l’Oncle Sam était loin de s’imaginer que cette victoire préparait le lit où allait s’installer Osama Bin Laden et ses généraux pour y former des milliers de combattants, pour ensuite les disperser aux quatre coins de la planète dans le but de semer la terreur.

Maintenant que le Printemps Arabe commence à offrir d’autres armes à la jeunesse du monde Arabe ; autre univers où Facebook.com a fini de remplacer les bombes qui étaient remises entres les mains des jeunes Kamikazes, l’Afrique de l’Ouest risque de devenir le ventre mou d’un continent pour l’accueil des contingents de jeunes recrues ; surtout pour ce qui reste de la direction d’Al-Qaeda.  

C’est dans ce contexte que la position géographique du Sénégal et sa stabilité politique légendaire ont toujours représenté une valeur importante pour les Américains et leurs alliés dans la lutte contre le terrorisme. Le Sénégal  voit la Mauritanie (son voisin du Nord), se débattre face à l’Aqmi, la branche nord africaine d’Al-Qaeda. Ce groupe est presque à la porte du Sénégal, s’il n’est pas déjà à l’intérieur.    

A l’est, la Mali qui semblait s’installer dans la démocratie pour de bon, est presque en pleine guerre dans sa partie nord. Au sud, en plus de ce conflit trentenaire qui ensanglante la Casamance, le pays limitrophe,  la Guinée Bissau, est sans Etat depuis son indépendance. Elle n’est pas loin d’être la plaque tournante du trafic de drogue en direction de l’Occident. La Gambie enfouie dans le ventre du Sénégal donne l’impression d’être un pays bien contrôlé. Mais, cette impression n’est fondée que sur une gouvernance tenue avec une main de fer. Cette main peut d’un jour à l’autre, disparaitre.

Un peu plus au sud, la Guinée Conakry est empêtrée dans une crise qui n’a pas encore donné des signes évidents de solutions durables. Le pays d’Alpha Condé continue également d’abriter les restes des combattants et autres mercenaires issues des guerres civiles en Sierra Leone et du Liberia.

 
Le risque d’une future poudrière… 


C’est dans cette situation que le Sénégal était devenu un enjeu crucial de sécurité nationale américaine. Si les routes maritimes autour de la Somalie sont aujourd’hui impraticables à cause de pirates qui opèrent dans la région, c’est parce que l’Otan était restée sans réaction face à la guerre de l’Ogaden déclenchée par Mouhamed Siad Barré contre l’Ethiopie communiste des putschistes, poste avancé des Soviétiques. Ce conflit à fini par détruire l’Etat somalien et laisser un pays sans direction. Et la partition de la Somalie à crée ce monstre à la dépouille partagée par des chefs de Guerre voir de chefs de gangs.

George Bush père, qui était à la tête de la CIA, l’Agence de renseignements américains, une fois devenu président,  a cherché à rattraper la situation et le résultat a été désastreux. On se souvient encore que des GIA qui intervenaient à Mogadiscio (Somalie) pour sauver un chef de guerre, ont été sauvagement tués et trainés dans les rues sous les applaudissements d’une foule surexcitée. L’Amérique en est restée traumatisée.

On peut donc comprendre facilement que la situation du Sénégal soit prise très au sérieux par Washington, Paris, Londres, Berlin  comme une menace très grave contre les pays l’ouest. Si les routes maritimes de l’océan indien infestées par de pirates de mer posent autant de problèmes d’approvisionnement à l’économie des pays développés, on se fait une idée de ce que cela causerait comme catastrophes dans l’océan atlantique si la façade ouest africaine n’était peuplée demain que par des pays sans Etat organisé.

C’est pourquoi, il ne serait pas imprudent de dire que le Président Wade et ses partisans auraient intérêt à prendre très au sérieux les pressions, aussi bien publiques que privées que le Quai d’Orsay et le Département américain, appuyés par leurs alliés du côté de Londres et de Berlin, exercent sur le Candidat de Fal 2012. Ces pressions sont de loin beaucoup plus intenses en privée qu’en public. Au niveau privé, on est presque dans la menace à peine voilée.
 
 
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