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DROIT DE REPONSE : Sur quelle planète se trouve le Professeur Demba SOW ?
29/12/2017 | 09H10 GMT
 
C’est vrai qu’il est habitué à ces sorties que nous avons toujours ignorées, les logeant dans les interventions de ceux qui ne s’informent pas suffisamment avant de se lancer dans des analyses dénudées de toute objectivité, dans un sous- secteur aussi complexe que celui de l’Elevage.
 
Cette démarche me semble contraire à celle d’un professeur chargé de former des jeunes. Ce n’est pas simplement parce qu’on est un SOW qu’on détient le savoir absolu pour cette activité éminemment sociale et économique. Il faut l’apprendre, la pratiquer, la vivre, faire face aux difficultés, les relever et progresser. Pour votre enseigne c’est le cas de la plupart des techniciens et acteurs actuels de l’élevage

Donc, ne serait-ce que par respect aux millions de professionnels de l’élevage et  aux nombreux cadres  techniciens supérieurs et agents de terrain qui travaillent dans ce secteur, Professeur vous devez cesser de s’employer à essayer de  jeter  le discrédit sur cet ensemble de volontaires engagés résolument dans le combat pour l’émergence de leurs d’activités, afin de contribuer au développement économique et social de leur pays.
Vous devez cesser, car vous faites partie d’une minorité qui refuse de voir les performances régulières enregistrées dans ce pays et dans tous les secteurs d’activités économiques, dont l’élevage
 
De toute évidence, les acteurs de l’élevage de manière unanime saluent l’ambition et la vison du Chef de l’Etat pour le sous secteur de l’Elevage, reconnaissent les efforts consentis par Madame Aminata MBENGUE NDIAYE, le Ministre de l’Elevage et des Productions animales pour donner corps à cette vision et sont satisfaits de l’amélioration progressive des moyens déployés par le Gouvernement pour booster les productions animales, ainsi que des résultats obtenus.
 
Professeur, il faut vous informer, même le Colonisateur avait donné de  l’importance à cette activité et c’est vrai, forcé qu’il était pour maîtriser les grandes épizooties comme la peste bovine, afin que l’élevage africain contribue au mieux à l’effort de guerre par la fourniture de viandes saines pour les troupes. Jugez-en par l’importance des bâtisses des services de l’élevage laissées par le colonisateur dans notre pays et dans ce même ordre vous devez y percevoir l’approche ‘’ One Health’’ prônée actuellement par l’alliance tripartite FAO, OMS et OIE, qui avait été déjà de mise à l’époque  à travers l’implantation de la Direction de l’Elevage à côté de l’Institut Pasteur et de l’Hôpital Aristite Ledantec. Rappelez-vous que le colonisateur avait implanté un centre de quarantaine aux Almadies à l’image de ce qui se fait dans les grands pays d’élevage, en vue d’assurer le contrôle au frontière avant l’introduction d’animaux importés dans le pays ou lors d’exportation.
 
La grande difficulté de l’élevage est apparue à la suite de la maîtrise des grandes épizooties meurtrières comme la peste bovine et la péripneumonie contagieuse bovine dans les années 90. Pour mémoire, le Sénégal a obtenu le statut de pays indemne de peste bovine depuis 2005, après une longue procédure d’évaluation effectuée par l’OIE. Cela ne constitue non plus une avancée pour le Professeur SOW
 
Comme le disais –je la grande accalmie notée sur ces maladies dans la plupart des pays d’Afrique avaient poussé certains partenaires au développement à proposer à nos Etats  la structuration des Services agricoles et pour rappel,  seul le Sénégal, compte tenu de la valeur de ses cadres et notamment  de feu Dr Abdoulaye Bouna NIANG, ancien Directeur de l’Elevage avait pu, à force d’arguments, maintenir les services vétérinaires nationaux au nom du principe de la Chaine unique de commandement essentielle pour la maîtrise des maladies animales, contrairement à bien d’autres pays africains.
 
Parallèlement, au motif de maitrise de la masse salariale, la moitié de l’effectif des Services de l’Elevage avait été contrainte  au départ volontaire dans les années 90.
 
Aujourd’hui, avec l’intérêt manifesté sur l’élevage, par les multiples partenaires au développement devant les menaces des maladies émergentes et ré émergentes dont les zoonoses comme la fière hémorragique à Ebola, la Grippe aviaire, la rage, la fièvre de Crimée Congo, la Fièvre de la vallée du Rift etc, nous devons être fiers de constater que la position du  Sénégal défendue à l’époque avait été la plus juste.
 
Professeur, le problème du Sénégal à l’instar de la plupart des pays africains est que nos populations progressent en moyenne de 4% par an alors que le croît des productions animales se situe autour de 2%. Ainsi, toutes les projections des structures spécialisées prédisent que les demandes en lait et en viande situées respectivement en moyenne à 30 litres et à 15 kg vont doubler d’ici à 2050 et en conséquence le Bureau Inter africain des Ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA) recommande aux Etats africains d’allouer plus de ressources internes pour soutenir le développement de l’Elevage.
 
A ce titre, le Sénégal se trouve dans le peloton de tête et vous pouvez aisément vous informer à travers l’internet pour comparer.
L’importation des animaux dont vous faites cas est aussi structurelle, moi je suis né à Saint-louis, déjà très jeune, je m’étais habitué au vocabulaire ‘’thiogalu narr yi’’ pendant la Tabaski.
 
En effet, la République Islamique de la Mauritanie, compte tenu de la faiblesse relative de sa population et de l’importance de son cheptel a été toujours  un pays pourvoyeur d’animaux dans la sous- région.
La République du Mali compte tenu de sa superficie 5 fois supérieure à celle du Sénégal, de l’importance de son cheptel et de sa position géographique constitue une plaque tournante du commerce sous régional du bétail.
 
Notre pays a une superficie de 196 712  km2, compte environ 06 millions de moutons et   plus de 14 millions de populations, dont une forte proportion musulmane et pour cette communauté chaque naissance est liée au sacrifice d’un bélier, aussi la manière de fêter la Tabaski chez nous ne se  retrouve nulle part ailleurs dans la sous- région. La demande sur le marché avoisine les 800 mille béliers, sans compter les sacrifices effectués par ceux qui ont élevé leurs propres animaux. A cela s’ajoutent les abattages journaliers et les abattages lors des cérémonies religieuses comme les Gamou,
 
L’association des Maires du Sénégal s’est engagée à côté du Gouvernement et avec l’appui de partenaires comme l’ONG Heifer international à contribuer au programme national d’autosuffisance en moutons articulé autour de quatre composantes : l’amélioration de la production d’ovins du système pastoral ; la mise en place de centaines de bergeries pour les femmes et les jeunes ; la promotion  d’ateliers d’embouche ovine s’approvisionnant à partir de l’élevage extensif ; l’appui aux élevages de Ladoum.
 
L’engouement des jeunes sénégalais pour l’élevage de Ladoum, cet animal de haute valeur génétique prisé dans toute la sous-région et  au delà, vous devez aussi  l’ignorer. Il est le fruit de sélection et de croisement obtenu, grâce à l’ingéniosité des éleveurs sénégalais et qui suscitent un grand intérêt scientifique  pour vos collègues de l’EISMV, de l’ENSA de Thiès et d’ universités belges. Professeur SOW, je vous conseille de vous rapprocher de vos collègues de ces institutions pour s’informer.
 
Le Colonel –Vétérinaire, Professeur Papa EL Hassan DIOP,  ex-chef de département Chirurgie et Reproduction de l’EISMV, a montré la voie de l’amélioration génétique bovine pour l’augmentation de la production laitière, déjà en 1994, à travers l’insémination artificielle qui a donné des métisses pouvant, en fonction des conditions d’élevage, avoir jusqu’à 3 à 6 fois plus de production de lait  que les vaches de nos races locales.
 
L’un des plus grands généticiens de notre pays dans le domaine de l’élevage, le Dr Mamadou DIOP de l’ISRA a proposé un schéma d’amélioration génétique pour la production laitière.
 
Par ailleurs, le système d’amélioration génétique à noyau ouvert a été utilisé dans plusieurs programmes pour booster les productions bovine et ovine au CRZ de Kolda et Projet de Développement de l’Elevage ovin (PRODELOV) à Kaolack.
 
Le Gouvernement depuis plusieurs années appuie les éleveurs à introduire des géniteurs  ou des génisses gestantes pour l’amélioration de leur cheptel dans les zones appropriées. Parallèlement un programme de gestion des races endémiques a été mené et les meilleurs Taureaux ont été sélectionnés et leurs semences sont actuellement récoltées au niveau du Centre national d’amélioration génétique de Dahra, en vue d’une large diffusion en milieu éleveur. Professeur, vous l’ignoriez manifestement.
 
Au premier semestre de 2017, dans le cadre d’un partenariat public privé l’Etat a accompagné l’Association nationale pour l’Intensification de la Production laitière pour l’acquisition de 1 200 génisses gestantes à haut potentiel laitier. Cela aussi vous l’ignoriez.

Pour la valorisation des produits animaux, une Direction des Industries animales a été mise en place et avec l’appui de l’Union Européenne,  le projet  PROGRES LAIT a été financé pour s’occupe spécifiquement de la collecte du lait dans les régions de Louga, Saint-Louis et Kolda grâce à l’énergie solaire. Toujours pour votre information, la plateforme de Diambanouta à Médina Yoro Foula a été inaugurée en marge de la célébration de la Journée nationale de l’Elevage célébrée à Kolda.
 
Toutes ces initiatives qui contribuent à l’amélioration des  productions animales  ont été minutieusement étudiées  par des techniciens du Ministère de l’Elevage, de l’ISRA BAME du BOS PSE, des Professionnels de l’Elevage et d’autres acteurs positifs. Aussi, il faut noter qu’avec l’appui de l’UA-BIRA, le Plan national de l’Elevage a été actualisé et aligné au PSE et que cette institution vient de décerner une distinction très honorifique à Madame Aminata MBENGUE NDIAYE, Ministre de l’Elevage et des Productions animales, pour son engagement et son plaidoyer pour la promotion de l’élevage en Afrique. Professeur, nul n’est prophète chez soi, mais cette distinction intervenue le 08 décembre 2017 pour un Ministre de notre pays sur les  Ministres chargés des ressources animales des 54 pays africains, doit honorer chaque sénégalais.
 
Nous sommes conscients des difficultés de financement qui ont été analysées lors de l’atelier scientifique de la troisième journée de l’élevage tenue à Ndioum autour du thème ‘’Enjeux et Défis d’un  financement optimal pour l’émergence du secteur de l’élevage’’. Tout dernièrement un Conseil interministériel a été tenu à cet effet et les importantes mesures qui y ont été proposées viennent d’être approuvées par son Excellence Monsieur le Président de la République qui encore a indiqué la voie à suivre à travers ces fortes directives.
 
A cela s’ajoutent les importantes mesures que le Chef de l’Etat a annoncées contre le vol du bétail à Kolda. Pour votre mémoire le thème de cette 4ème édition de la Journée nationale est :’’Quelles stratégies pour l’éradication du vol du bétail, pour une stabilité économique et sociale renforcée’’.
 
Au passage, à cette occasion, dans son allocution, il a félicité à maintes reprises, Madame le Ministre de l’Elevage et des Productions animales, satisfait de la manière dont elle conduit la mission qu’il lui a confiée à la reconnaissance quasi unanime des professionnels de l’Elevage, selon les mots même du Chef de l’Etat.
 
Pour terminer, étant donné que le Professeur Demba SOW est plus fort que tout le monde, perçoit ce que les autres ne perçoivent pas dans le développement de notre pays, pour ce qui concerne l’Elevage, moi qui suis né après l’indépendance, je suis prêt à en débattre avec lui à la date, à l’heure et au lieu qui lui conviendront.
 
par Dr Mamadou Ousseynou SAKHO 
 Secrétaire général  du Ministère de l’Elevage et des Productions animales
 
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