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DEGN-KUMPË - Par Abdoulaye CISSE
DROIT DE SUITE A L’ELECTION DE «MON» PRESIDENT ADAMA BARROW !
07/12/2016 | 09H48 GMT
 
His excellency,
Imaginez juste que j’étais un de vos électeurs . . . 
Tant pis, oubliez ! 
Vous devez avoir tellement de choses à voir en ce moment que cela va être fastidieux de mobiliser votre attention pour réfléchir à ça. 
Alors, je vous le donne, emballé et pesé. 
En effet Monsieur le Président, vous nous êtes apparu nous autres de la presse sénégalaise d’un abord et d’un commerce facile. C’est tout à votre honneur. 
Si je fais une traduction littérale de notre wolof en commun du qualificatif pour vous caractériser, je dirais « vous êtes léger » Monsieur le président. Evidemment que je ne peux pas me permettre, je voulais juste signifier «dangaa woyoff». 
Vous voyez, tout est une question de perception.
Ici, il y’a une priorité que vous avez fixé qui nous intéresse : les relations entre la Gambie et le Sénégal. 
 
His Excellency, vous avez beau cultivé des rapports de bons voisinages, vous aurez beau fait preuve d’une courtoisie à l’égard de votre « mbokk Peulh » Macky Sall, vous êtes d’abord élu par et pour les Gambiens. Don’t forget that !
Ne faites jamais rien qui va être interprété par votre peuple comme de la faiblesse, le rabaissement ou l’avilissement au Sénégal et aux sénégalais. 
A cet instant, les oiseaux de mauvais augure brandiront le fantôme de Yaya Jammeh et son caractère qui bombe le torse face au Sénégal.
 
Flash back :
Votre prédécesseur a froissé plus d’un Gambien quand, en dépit de la crise, Jammeh arrosait de billets de banques les chanteurs sénégalais, les lutteurs, des artistes qui savaient faire l’éloge de sa cour pendant que son régime poussait à l’exil les artistes gambiens, les sportifs (RIP pour Fatim Jawara capitaine de l’équipe de foot féminin des moins de 17 ans de la Gambie qui s’est noyée dans l’atlantique en tentant un voyage clandestin dans une pirogue pour rejoindre l’Europe, c’est tout frais, c’était en septembre dernier). 
 
Dans votre pays Monsieur le président, la fierté de votre peuple ne tolère pas le « fissirwallé yaa », vous le savez.
His Excellency, vous pouvez aimer le chanteur Youssou Ndour, vous bercer de Thione Seck, avoir du temps pour vous faire raconter par votre famille les délires de Koutcha, allez, vous pouvez même être fan de DJ Boubs (sic), n’oubliez pas que c’est aux gambiens que vous devez réserver votre énergie. 
 
Et surtout votre énergie positive.
Monsieur le président, on dira de vous que vous êtes novice et que vous n’avez pas l’expérience de l’État : répondez qu’il n’existe pas de stage de président de la République, sinon vous serez allé le faire.
Mister Barrow, on dira de vous que vous n’êtes qu’un prête nom, que c’est réellement Me Ousseynou Dabo (que vous venez de faire élargir de prison) qui est le vrai président. Répondez, qu’importe, après tout c’est votre mentor et cela ne vous fera que du bien.
 
His excellency, avec vos compagnons de la coalition vous entendrez les sirènes de la désunion sifflaient à chaque esclandre du groupe : faites taire ses sirènes en leur opposant une belle maxime sénégambienne : bëgn ak lamign nioo deuk, té maatt doulééne taggalé.
 
Très cher président, on guettera votre moindre réaction sur l’éclat d’humeur de n’importe quel gugusse qui voudrait opposer les ethnies en se réclamant de vous. Rassemblez votre peuple, toujours rassembler, encore rassembler. 
Mister president, you know,  c’est à la mode quand vous voudrez ramener la Gambie au concert des nations de la géopolitique internationale, accrochez-vous : On vous dira à la botte de l’occident,
 
On vous dira, suprême injure pour le muslim que vous êtes, que vous êtes du lobby homosexuel, pro-gay, 
On dira de vous de vous êtes un féodé à la reine d’Angleterre quand vous retournerez la Gambie dans le Commonwealth, 
On dira de vous êtes un colonisé quand vous parcourrez le monde occidental à nouer des partenariats pour sortir votre pays du marasme. Tant pis, assumez jusqu’à être un mendiant tant que vous ne vous vous rabaissez pas et ne perdez pas votre dignité. Après tout, on donne tous les jours l’aumône aux talibés du coin, ce n’est pas pour ça qu’on les regarde avec condescendance. 
 
His excellency, sur le cas de votre prédécesseur, faites à votre convenance, soyez en phase avec les aspirations de votre peuple pour être quitte avec votre conscience. 
De toutes façons, sur cette question, quoi que vous fassiez, vous serez critiqués. Vous laissez filer Jammeh à l’étranger, ceux qui ont souffert dans leur chair et leur être des œuvres de son régime ne vous le pardonneront jamais. Et Dieu sait s’ils sont nombreux.
 
Vous le garder chez vous sans l’inquiéter, vous passerez pour un faiblard.
Vous le mettez en prison, alors là vous serez le méchant qui fait son règlement de compte. Monsieur le président, votre boite à outils est prête. Elle n’est pas exhaustive, mais c’est çà la débrouille. Vous devrez pouvoir vous ajuster sur le reste.
En tous les cas, restez vous-même, restez celui que la coalition «hétéroclite», pour faire honneur à mon ami dialagui, a porté à sa tête, restez celui que les Gambiens ont choisi et préféré à Dr. Pr. Alaadji Yayah Abdoul Aziz Jamus Junkung Jammeh, babili-mansa.
 
Si avec tous ces attributs, hasboun’allah pour ne pas faire dans le plus grand péché d’association, vous avez réussi à le battre, c’est que vous êtes bon. Ne faiblissez pas.
Well done, Mister President
 
den.kumpe10@gmail.com
 
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