Du Club de la Presse à la rue de Bayeux, Comment j’ai rencontré Sud
Publié le 19/04/2011 | 07H01 GMT par Abdou Latif Coulibaly
 
« Mon Sud à Moi » ? Ce fut à l’origine une rencontre. Elle aura été décisive pour mon entrée dans un corps de métier qui m’a beaucoup fait rêver durant toute mon adolescence. Après avoir été préparé dans l’une des plus prestigieuses écoles de journalisme du continent, j’étais décidé à me faire une place au soleil dans une profession au sein de laquelle, je distinguais déjà des noms qui me donnaient des raisons de croire davantage à la justesse de mon choix.
 
Un vendredi d’octobre 1985. Je décide d’aller faire un tour au Club de la Presse situé au centre ville de Dakar. J’y allais, en espérant y trouver certains de ceux-là qui m’avaient déjà marqué par leur pratique, afin d’échanger sur les réalités d’un métier que, diplômé du Centre d’études des sciences de l’information et de la communication (Cesti) j’embrassais à peine. J’étais à l’époque en attente d’une réponse, suite à une demande d’inscription introduite auprès d’une université canadienne, en vue de préparer des études doctorales.

 Quand je suis arrivé au Club, je n’avais pas été déçu. Car, la porte d’entrée franchie, je tombe sur les sourires accueillants de Ibrahima Bakhoum et de Saliou Traoré. Ils étaient assis avec celui qui deviendra plus tard un collègue, un ami et un frère, Babacar Touré.  Avec lui, je peux dire, j’ai débuté ma carrière de journaliste. Avec lui et les autres, nous avons commencé l’aventure Sud et avons bâti le groupe de presse emblématique qu’est devenu Sud communication dans l’espace médiatique national.

 Chacun de nous raconte aujourd’hui, dans les colonnes du journal, son vécu de la belle aventure engagée il y a vingt cinq ans. Avant cette rencontre, Babacar Touré et le « groupe de la banlieue » avaient conçu le projet Sud communication. Celui-ci était certes un projet professionnel, mais il était  aussi à la fois une idée, une philosophie et une option politique. Avant d’en parler davantage avec des exemples forts qui situent ma présence dans le groupe, je voudrais revenir brièvement, sur la rencontre avec Bt, comme nous l’appelons affectueusement.

Quand Ibrahima Bakhoum et Saliou Traoré qui ont encadré mon stage de fin de formation à l’Agence de presse sénégalaise (Aps), m’ont introduit auprès de lui, il  a eu l’amabilité de m’inviter à visiter son bureau à Enda Tiers-monde, situé à l’époque au siège de l’organisation, à la rue de Bayeux. Trois jours plus tard, j’y suis allé. J’avoue que j’avais hâte d’honorer l’invitation. Il y avait chez moi, une sorte de curiosité pressante. Mame Fatou Fall, m’a accueilli. Elle fera partie plus tard, du personnel clé de Sud.

Entre Babacar et moi, le magnétisme opéra de suite. Un sentiment d’estime et de respect réciproque s’est vite établi. Après quelques minutes de conversation, Babacar Touré me demande de réaliser pour le compte de la revue « Vivre autrement », une enquête sur le coût de la rentrée scolaire pour les parents d’élèves dans la ville de Dakar. C’était, sans aucun doute,  une manière pour le professionnel de tester ce que je valais. Mais surtout une façon pour lui de s’assurer que j’étais apte à intégrer le projet de mise en place du Groupement d’Intérêt Economique (Gie) de presse Sud communication, en préparation depuis quelques semaines déjà.

Deux semaines après la rencontre à la rue de Bayeux, je revenais à lui, avec le produit fini de l’enquête. On dit souvent dans notre métier, qu’un papier est bon pour deux endroits essentiellement : à la poubelle ou sur le marbre, prêt à être diffusé.

Celui que j’avais remis à son commanditaire a été intégralement publié dans la revue « Vivre autrement ». Je venais de signer mon entrée dans le Gie en constitution et à la tête duquel devait se retrouver Babacar Touré. Ce dernier était accompagné dans cette belle aventure par plusieurs autres confrères remarquables : Ibrahima Fall, Abdoulaye Ndiaga Sylla, Sidy Gaye, Moussa Paye, Cherif Elvalide Sèye, Ibrahima Bakhoum...

 D’autres, tout aussi distingués, viendront  renforcer le groupe et écrire avec leurs devanciers les plus belles pages d’une aventure humaine et professionnelle qui marquera fondamentalement l’évolution récente de la presse nationale. J’ai été acteur et témoin privilégié de la première publication mise sur le marché par Sud Communication. Il s’agit de la revue « Sud magazine », sortie des presses en mars 1986. Le souvenir de la sortie du 3ème numéro m’émeut encore. C’est moi qui suis allé chercher à l’imprimerie, les trois mille exemplaires fabriqués, assis à côté de Babacar conduisant sa Fiat, qui nous servait de moyen de transport.

Il pleuvait des cordes. Je vois encore Babacar échanger avec Paul Negem, notre imprimeur complice, sur les modalités de paiement de la facture, restée quelques mois en souffrance, avant d’être honorée. A tout prix et dans un contexte de dénuement total, nous nous efforcions de mettre à la disposition du public, un moyen d’information de qualité. Nous le voulions une plateforme démocratique, un creuset du débat contradictoire, sève nourricière de toute démocratie. Pure utopie? Certainement pas. La suite des événements et l’évolution du projet montreront que nous n’avions pas tort d’essayer.

Je n’avais pas eu la chance de participer aux réunions préparatoires d’élaboration du projet éditorial global de Sud communication. Je n’ai pas pourtant mis trop de temps pour en comprendre le fondement tant du point de vue de la charte d’orientation avec les objectifs, le contenu, les outils requis pour en saisir le sens. J’y  suis arrivé, dès la première réunion de rédaction de Sud magazine. A la sortie de cette réunion, j’ai su qu’il s’agissait de dire non, en jouant  pleinement le rôle de chien de garde assigné à la presse, dans toute société démocratique.  Oui, à lui, le peuple ! Non à ceux qui travaillent à sa perte, alors qu’ils ont reçu mandat d’assurer son bonheur. Ce n’était point un non ponctuel, éphémère, mais un non d’instinct, autant que de conviction. « Un non qui allait au-delà du désaccord. Un non de principe. Un non de survie ».

Une interview de Senghor

Le troisième numéro de Sud magazine confirmait l’option du refus. Mais je devais, à la faveur d’une bourse d’études pour le Canada, quitter cette belle aventure. Quitter ? Non. Le mot n’est pas très approprié. Il s’agissait en fait d’une éclipse qui me permettait de poursuivre des études doctorales, sanctionnées par la soutenance de ma thèse en février 1992. Aussitôt après, je rentrais au pays. J’avais certes obtenu une embauche à l’Université Cheikh Anta Diop, avec une affection au Cesti, mais l’essentiel de mes activités professionnelles étaient à Sud Communication.

Le groupe a enregistré d’importantes mutations avec la naissance de l’hebdomadaire : Sud Hebdo. Une belle autre aventure démarrée en 1987.  Un an après Sud Magazine. A ma manière, j’ai pris part à la fabrication du premier numéro du périodique. Durant tout mon séjour au Canada, j’avais été le correspondant permanent du groupe  en Amérique du Nord. C’est donc à ce titre que j’ai été accrédité, pour couvrir la conférence au sommet de la Francophonie qui s’est tenue dans la ville de Québec, en septembre 1987.

Léopold Sédar Senghor en était l’invité d’honneur. Il accepta de m’accorder une longue interview. C’était un privilège et une faveur faite à un journaliste sénégalais,  le premier, à l’avoir interrogé depuis son départ du pouvoir, six ans auparavant. Beaucoup de confrères présents au sommet qui en avaient exprimé le désir, avaient essuyé un refus catégorique.

L’interview  réalisée au Québec a fait la Une du premier numéro de Sud Hebdo. Elle avait été actualisée par Babacar Touré et Ibrahima Bakhoum qui, quelques semaines après ma rencontre avec l’ancien président, l’ont rencontré dans sa maison des « Dents de la Mer ». Lancé par Sud magazine, consolidé par Sud Hebdo, le groupe Sud communication est devenu, au fil des années 90, la référence professionnelle reconnue par tous. La naissance de Sud au quotidien, rebaptisé en l’espace de quelques  semaines, Sud quotidien, y a beaucoup contribué. Ce produit-là, constituera pour moi, j’imagine aussi pour tous les autres camarades de l’aventure, un cadre d’expression professionnelle extraordinaire et l’un des plus importants facteurs d’approfondissement de la démocratie sénégalaise.

Sud Quotidien a été, sans conteste, le socle sur lequel s’est opéré le développement organisationnel de l’entreprise. Il est à la base de la  naissance du réseau radiophonique et même de celle de l’institut de formation en journalisme et en communication. C’est là, par des années de pratique, j’ai connu un incommensurable épanouissement professionnel. Le traitement  de trois événements majeurs : l’assassinat de Me Sèye, les scrutins présidentiels de février 1993 et mars 2000, a fait la fierté de notre métier et a été reconnue par tous les démocrates de ce pays et d’ailleurs. J’ai encore à l’esprit le déroulement des réunions au cours desquelles nous devions déterminer le  titre  à  la Une du journal, le lendemain de ces élections. « Wade prend Dakar, Diouf  l’attend au tournant », en 1993. « Wade président », en 2000. Nos sources nous rapportèrent que le chef de l’opposition d’alors, futur président de la République se délecta de ce titre. Sauf que sa joie était contenue, car le chef de l’Etat sortant ne l’avait pas encore appelé pour le féliciter et reconnaître sa défaite.   Sud quotidien a été le premier organe de presse à annoncer, clairement, dans son édition du lundi  20 mars 2000, l’élection de Me Wade, le dimanche 19 mars 2000.

Tout cela dit et rappelé comme tel aujourd’hui et de façon aussi lapidaire, ne permet pas de faire saisir nécessairement toute la prudence de la démarche professionnelle, sa rigueur, mais surtout la charge émotionnelle  s’attachant au traitement d’événements aussi importants. Des événements ayant eu une incidence si grande dans la conduite du destin d’un peuple. J’aurai pu continuer à parler de Sud quotidien et même lui consacrer tout l’espace qui m’est alloué dans le cadre de cette rubrique, mais il faut bien conclure ce chapitre, pour en ouvrir un autre qui aura marqué tout autant, mon long cheminement avec Sud.
L’essentiel de mes activités professionnelles, après mon retour de Canada, se passant à Sud communication, j’en oubliais presque que j’avais une embauche permanente à l’université. Je m’étais organisé pour trouver un temps de présence suffisant à Sud pour pouvoir y assumer les charges de Directeur chargé du développement du groupe. Je crois honnêtement avoir rempli cette mission à la satisfaction de mes amis qui m’avaient fait confiance. Dès que j’ai été nommé à cette tâche, j’ai engagé l’étude de faisabilité et  de factibilité du projet de mise en place du réseau radiophonique Sud Fm. C’est en juillet 1992 que j’ai commencé le travail. L’étude conceptuelle et technique a été bouclée au début de l’année 1993.

 La partie financière de cette étude a été finalisée avec le concours du Directeur financier du groupe de l’époque, Cheikh Alima Touré, avec l’appui précieux d’un confrère spécialisé sur les questions économiques, Amadou Bira Guèye. Ce dernier va ensuite quitter, pour fonder et diriger l’hebdomadaire :   Le Journal de l’Economie. Ce n’était pas tout à l’époque, que d’élaborer un projet de mise en place d’une station de radio au Sénégal. Il fallait trouver une licence et des financements nécessaires pour assurer son exploitation.

Nous avions des arguments à faire valoir auprès de l’autorité publique pour l’octroi de la licence. Le gouvernement avait adopté, en février 1992, une nouvelle loi qui mettait en place une société nationale de Radio télévision du Sénégal (Rts), à la place de l’office qui a toujours géré le service public de l’audiovisuel. Cette loi maintenait le principe du monopole de l’Etat sur les ondes, mais prévoyait dans l’une de ses dispositions, une exception majeure. Il s’agissait de la possibilité, pour l’Etat de concéder une fréquence à des privés à des fins d’exploitation radiophonique ou télévisuelle.

En fait, cette nouvelle disposition venait régulariser une situation de fait injuste à l’égard des nationaux. En effet,  des dérogations avaient été concédées au groupe Canal–Horizons et à Radio France internationale (Rfi). Ces deux entités de droit français avaient obtenu du gouvernement du Sénégal ce que l’Etat refusait à ses nationaux. Le groupe Sud communication avait même un moment, envisagé d’engager une procédure judiciaire contre l’Etat pour le motif suivant : politique de discrimination à l’égard des nationaux, conçue et appliquée pour le bénéfice d’étrangers.

«Sud Fm, le choix de la différence »

Tout en envisageant une telle procédure, nous avions en pratique opté pour le dialogue avec l’autorité. Aussi, Babacar Touré reçut mandat du groupe de rencontrer Abdou Diouf, pour lui expliquer la situation et pour solliciter la délivrance d’une autorisation d’émettre à Dakar et sur l’ensemble du territoire national. Au terme de deux rencontres, l’ancien chef de l’Etat accéda à notre demande, non sans avoir fait remarquer à Babacar Touré : « je vous concède votre demande mais sachez que les gens autour de moi ne sont pas d’accord. Il faut me rassurer ».

L’engagement a été automatiquement suivi d’effets. Nous avons immédiatement mené les négociations avec le ministère de l’Information qui deviendra plus tard ministère de la Communication. A l’époque, ce département était peu outillé pour préparer des textes majeurs fondateurs d’une nouvelle politique publique sur l’audiovisuel au Sénégal. Notre groupe aura beaucoup aidé à la rédaction de tels textes, en particulier à l’élaboration du document ayant servi de base au  cahier des charges général qui définit et pose les conditions d’existence et d’exercice des radios commerciales au Sénégal. Sud communication aura été à la fois un heureux présage et un acteur décisif dans la libéralisation et le développement de l’espace radiophonique national. J’y ai joué un rôle, certes modeste, mais qui n’en est pas moins réel. C’est aussi cela « mon sud à moi ».

Dans l’après-midi du 30 décembre 1993, j’ai accompagné Babacar Touré, au bureau de Guila Thiam alors Directeur général de la Rts, pour qu’ils procèdent  à la signature de la première convention de concession de fréquences radiophoniques établie en faveur d’un groupe privé de presse sénégalais. La Convention signée prévoyait la concession d’une dizaine de fréquences à l’intérieur du territoire national plus celle de Dakar. Je me souviens encore des paroles de Guila Thiam qui au moment de serrer la main de Babacar Touré au seuil de son bureau, alors que nous prenions congé de lui : « félicitations, mais je me demande quoi et comment allez-vous faire avec autant de fréquences entre vos mains ».

L’expression de l’inquiétude ou de l’étonnement de notre interlocuteur, me fis comprendre le regard de mon compagnon. Il fallait répondre.  Je fis alors cette réflexion à l’endroit de Guila Thiam : « nous ferons une radio différente de la vôtre. On n’aura pas besoin de centre de modulation et d’autant de personnels que vous pour proposer aux Sénégalais la radio qu’ils attendent. Ce sera une nouvelle façon de faire la radio ». Vous comprenez mieux, pourquoi l’un des slogans majeurs d’autopromotion sur l’antenne de Sud Fm, depuis sa naissance, se décline en ces termes : «Sud Fm, le choix de la différence ».
Les auditeurs peuvent aujourd’hui confirmer que l’offre de Sud Fm fut, à tous points de vue, différente, dès sa naissance, de l’offre radiophonique classique concurrente trouvée sur place. Cette nouvelle manière de faire la radio a été administrée et définitivement établie par la couverture remarquable du procès des assassins de Me Sèye. Cette façon d’opérer de faire a été confirmée lors des élections locales de novembre 1996. Celle-ci a posé les jalons de la révolution spectaculaire notée en matière de couverture médiatique de scrutin électoral qui a connu son apogée, lors de l’élection présidentielle de février 2000. Cette consultation historique ne fut en réalité qu’une confirmation.

 On peut dire que c’est la couverture réalisée par Sud Fm qui avait forcé la reprise des élections locales de 1996 dans certaines localités de la capitale. Cela nous a été confirmé par le gouverneur de la région de Dakar de l’époque : Maham Diallo. Ce dernier avait fait durant des heures, dans la matinée du lundi 27 novembre 1996,  le pied de grue devant le bureau, de Cherif Elvalide Sèye, alors directeur général de la radio. Il y  était venu  pour le prier  de lui remettre les résultats collectés par la rédaction, conformément aux vœux  exprimés dans ce sens, laissait-il entendre, par le Premier ministre de l’époque, Habib Thiam. C’est la couverture de cette même élection qui avait forcé le gouvernement à ordonner une enquête sur le déroulement du scrutin. Elle a été conduite par l’inspecteur d’Etat, Ibrahima Guèye devenu quelques semaines après avoir déposé son rapport, directeur général des élections au ministère de l’Intérieur. Cette couverture avait aussi amené les autorités gouvernementales de l’époque à mettre sur pied le défunt Observatoire national des élections (Onel).

 Sud Fm est née officiellement en juillet 1994 et se devait de rassurer les autorités, dès le départ. J’avais compris que ma désignation comme Directeur général de la nouvelle station aurait pu constituer un motif d’inquiétude pour le pouvoir. C’est l’une des raisons principales qui expliquent le choix de confier sa direction à un autre membre du groupe, Cherif Elvalide Sèye. Pourtant Chérif et moi avions la même idée de notre mission à la tête de la station.  Appelé à d’autres fonctions en 2001, il me céda son fauteuil. Je prenais la direction générale après avoir assuré pendant des années, les fonctions de directeur des programmes. J’ai été préparé à cette charge, après avoir effectué un stage de quatre semaines aux Etats-Unis.

 Avec le concours précieux d’un ancien collaborateur du groupe, Alioune Diouf, le Directeur Général de la radio et moi-même, sous la supervision du président du Conseil d’Administration de Sen radio, diffuseur de Sud Fm, nous avions engagé l’extension du signal de la radio sur l’ensemble du territoire, en mettant en place un réseau national. Nous avions déposé un projet auprès de la coopération hollandaise qui en assurera le financement, pour un montant global de 140 millions de FCfa. 

Issic,  nouveau challenge professionnel

Dans le même temps, j’étais occupé à la mise en œuvre d’un autre projet : la création de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic). J’ai eu l’avantage de concevoir et de faire l’étude du projet pédagogique et celle de ses modalités opérationnelles. J’engageais ainsi un nouveau challenge professionnel. Il s’agissait de placer Sud communication dans une nouvelle posture, en travaillant à mettre en place pour son compte, une école initiale de formation en journalisme et en communication.

L’Issic fut ainsi porté sur les fonts baptismaux avec le projet remis aux autorités de l’enseignement supérieur du pays, en septembre 1995. Trois mois après, le ministre de l’enseignement supérieur accorde au groupe, l’autorisation d’exploiter un établissement supérieur de formation et de recherches en journalisme et en communication, une innovation majeure dans la formation aux métiers de la communication.

Un nouveau projet qui intègre et dépasse largement le simple métier de journaliste. J’étais préparé à assumer les charges de Directeur général du nouvel établissement, pour avoir auparavant servi comme enseignant à l’université de Dakar. Mais surtout pour avoir préparé et soutenu, un doctorat (Phd) sur la problématique de la formation au métier de journaliste, face aux enjeux que posent les nouvelles technologies de la Communication. Il s’agissait de former des cadres hautement qualifiés et opérationnels dans les trois domaines de la presse écrite, de la radio et de la télévision, mais aussi d’assurer la formation en communication à de jeunes africains.

Dès la naissance de l’institut, nous avons travaillé à le mettre en relation avec des institutions d’ici et d’ailleurs et  à l’ouvrir ainsi aux autres, pour lui faire bénéficier de leur expérience et de leurs moyens. Nous avons  su convaincre la coopération canadienne de prendre en charge l’équipement de sa bibliothèque et de son studio radio, en moyens pédagogiques adéquats. C’est cette même coopération canadienne qui accepté pendant quatre ans de financer un partenariat utile et bénéfique signé entre l’association des collèges universitaires du Canada et l’Issic. Ce partenariat a favorisé la formation des formateurs de l’Issic au Canada et la mise en place du centre de perfectionnement professionnel, ouvert au sein de l’institut depuis 1998. C’est ce même esprit de coopération que la Fondation Georges Soros, par le biais d’Osiwa,  a accepté de financer  nos salles de montage numérique et de doté nos étudiants, de kits de reportage. La mise en place de l’Issic a nécessité des moyens importants. La coopération hollandaise   a pris en charge le financement d’une bonne partie de ces moyens. Nous avions, à l’époque, déployé un trésor d’ingéniosité et développé un argumentaire solide, pour convaincre les uns et les autres de la pertinence du projet et de la nécessité de le soutenir.

En le faisant, nous avions conscience que les organisations diverses de nos sociétés modernes confrontées à de profondes mutations avaient besoin d’adapter leur communication aux conditions et moyens qui déterminent leur existence. Les évolutions constatées à cet égard imposent la nécessité de former des responsables en communication capables de satisfaire aux exigences requises par de telles transformations. De cadres hautement qualifiés en management de la communication tant interne qu’externe, afin de répondre aux besoins spécifiques de larges secteurs de la vie larges et divers, mais homogènes par les difficultés qui se posent à eux et par les défis qu’ils  doivent affronter.

Quinze ans après la naissance de l’Issic, le bilan qu’on dresse de ses activités est flatteur et conforme aux objectifs  affichées en décembre 1996, date de naissance de l’établissement. Aujourd’hui, un peu plus de mille cinq cent (1500) cadres d’une vingtaine de pays africains et d’autres continents ont été formés ou sont en cours de formation dans l’établissement. L’Issic a fini d’imposer son label, à la fois dans le secteur des médias et dans celui plus global et plus complexe de la communication, en général.

Une procédure de reconnaissance de l’Institut est  en cours au Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (Cames). Formation initiale de base et formation continue à la carte sont dispensées dans un espace pédagogique harmonisé, ouvert et hautement performant. Cet Institut est la preuve formelle que ce n’est pas une simple clause de style, que de dire que Sud communication est une école. Un cadre d’apprentissage qui a formé beaucoup de professionnels en exercice dans le pays ou aidé à parfaire leur formation. J’en suis à la fois le symbole marquant et l’un des acteurs principaux.

 
 
Commentaires (7)
Posté par Bathie, 2011-04-19T09:39:03+00:00  
C'est l'une des contributions que j'attendais le plus et franchement je n'ai pas été d'ici et la dernière phrase résume tout .

En attendant de lire Abdoulaye Sakou FAYE , Michel DIOUF, Mamadou Ndiaye , Jacqueline Fatima Bocoum , Mamadou Moussa BA et les autres , longue vie à SUD COMMUNICATION
Posté par Boubacar Dramé, 2011-04-19T13:32:59+00:00  
Belle contribution, comme d'habitude!

Mon sud à moi se résume à une seule date le 1. 1er juillet 1994 (certes on était jeune) mais pour la première fois au Sénégal, le pluralisme (à ne pas confondre avec le multipartisme) devient réalité ce qui nous a permis d'entendre une autre voix différente de la pensée unique depuis les indépendances. Et je me rappelle comme si c'était hier les interviews de Mme Viviane WADE (alors que sonépaoux était en grève de la fin si ma mémoire est bonne) et Amadou Makhtar MBOW ...

J'attends impatiemment la contribution du Président A.WADE pour deux raisons :

1. Avant l'alternance le groupe SUD a beaucoup plaidé sa cause. Ne ce reste que pour ça il doit témoigner !

2. Une occasion aussi de se racheter pour le tord qu'il a fait au groupe en confisquant leur terrain et retardant leur projet de TV. J'insiste sur le mot "retarder" car inchAlllah vous l'aurez votre chaine à la dimension Aljazeera pour le continent noir !

Bon vent et joyaux anniversaire!
Posté par Mamadou Samba, 2011-04-19T16:59:19+00:00  
Bonjour,
J'étais moi aussi à l'affut, guettant ces belles plumes de Sud. Qui ose en matière d'objectivité, de perspicacité, de sagacité comparer Sud à un autre journal ? Nul doué de raison et honnete homme/femme ne saurait s'y tenter. Vous etes les meilleurs.

Mamadou Samba
Posté par silla dia, 2011-04-21T16:08:40+00:00  
on est content quand on entend dé personnes comme latif parlé
Posté par sow adiouma, 2011-04-24T21:02:51+00:00  
toutes mes felicitations et beaucoup d'encouragements pour le travail noble que vous realiser
Posté par mamadou diop , 2011-04-28T23:04:37+00:00  
comme la si bien dit monsieur babacar drame nous attendons tous la contribution de maitre abdoulaye wade rien que pour remercier le groupe sud com et se rappeller de l\'emission khéle khély de pape alé niang qui l\'a poussé au sommet de l\'état du sénégal

ce qui reste s\'est de prier et toujours prier car le chemin reste beaucoup dieureu dieuf BT diarama ndiaga sylla latif cherif etc........ yalnaniou yalla maye télévionsion
Posté par Mady DIOP, 2011-04-30T14:22:48+00:00  
j ai commence a ecoute sud radio en 1997. et depuis lors je ne cesse de l ecouter pour les infos fiables et a chaud qu elle diffuse.la veracite des infos resulte du fait du professionalisme de ses journalistes et leur courage sans faille. A l image du grand Latif COULIBALY qui m a beaucoup facine. Donc longue vie au group Sud Communication et a ses acteurs.
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