POUR DENONCER LE MEURTRE DE LEUR CAMARADE ET EXIGER DE MEILLEURES CONDITIONS
Elèves, étudiants battent le macadam à Ziguinchor
Publié le 24/01/2012 | 03H19 GMT par Moussa DRAME
 
A Ziguinchor, dans le sud du pays, près de deux mille élèves et étudiants de la région ont marché pacifiquement hier lundi, 23 janvier, pour dénoncer le meurtre d'un des leurs tué par balle la semaine dernière. Ils exigent également le règlement diligent de leurs doléances dont l'impasse freine le bon fonctionnement de leurs établissements. La plate forme des femmes pour la paix en Casamance a aussi marché à leurs côtés.
 
Une marche silencieuse qui s'ébranle du centre hospitalier régional pour s'estomper à la gouvernance, soit une distance d'environ quatre kilomètres, ainsi en ont procédé ce lundi matin les élèves et étudiants de Ziguinchor estimés à près de deux mille manifestants  pour dénoncer le meurtre d'un des leurs, Jean marie Maïba Cabral, tué par balle la semaine dernière lors d'une manifestation estudiantine à Ziguinchor. Arborant brassards et tee shirts noirs en signe de deuil à leur défunt camarade, ces étudiants et élèves exigent également de l'Etat de meilleures conditions d'étude.

Amadou Korka Diallo le porte leur parole du jour a fait savoir que « cette marche est organisée pour dénoncer le meurtre d'un de nos camarades en la personne de Jean marie Maïba Cabral tué par balle par les forces de l'ordre la semaine dernière. Nous exigeons que tout ce qui doit  être mené en droit le soit très vite. Nous réclamons aussi des équipements informatiques pour mieux apprendre tel que l'Internet pour lequel les autorités répondent que le débit est faible pour desservir l'administration et les étudiants ».

Et de poursuivre « nous exigeons le paiement sans délai des bourses, l'autonomisation dans la prise en charge de nos préoccupations car le centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) est incapable d'assouvir nos besoins. Les points de revendications sont plus ou moins nombreux mais le manque de volonté de l'Etat freine plombe nos ambitions alors que nous sommes de droits égaux à nos camarades de Dakar en terme d'enseignement/Apprentissage ».

La plateforme des femmes engagée !


La plate forme des femmes pour la paix en Casamance a aussi marché aux côtés de la coordination des élèves et étudiants pour souscrire à leur cause. Madame Arith Fatou Badji qui a parlé à leur nom note que « quiconque touche à un enfant, touche directement à sa maman, c'est pourquoi nous sommes sorties en masse venir les soutenir pour la satisfaction de leurs doléances. Ils ont les mêmes droits que leurs camarades de Dakar dans les études et ce sont nos élites sur qui nous fondons tous nos espoir. Nous condamnons l'usage de la violence, la force répressive contre un mouvement estudiantin » martèle t- elle.

Le syndicat des enseignants libres du Sénégal (SELS/Authentique) y était représenté par son secrétaire général national Abdou Faty «  c'est de la violence gratuite, inutile et méchante qui ne trouve pas sa raison d'être dans l'espace scolaire. Il est temps que l'Etat ait un regard plus sérieux sur cette région en y affectant des gouverneurs capables de prendre en charge les préoccupations réelles des populations ». De son côté, Alassane NGom le directeur du Centre informatique de Sudinfos, établissement où les marcheurs ont fait escale, relève qu' « Il faut que les leçons passées soient intériorisées à tous les niveaux pour que cela puisse insuffler dans notre pays une nouvelle gouvernance mais également une nouvelle citoyenneté. Que le dialogue et la concertation qui n'auraient jamais du quitter cet espace puisse y revenir afin que l'école sénégalaise redevienne ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être, un havre où on cherche le savoir, où on cherche à développer les sciences, la culture, la technologie. Un endroit où on cherche à mieux vivre mais pas à mourir. Je m'associe à tous pour m'incliner devant la mémoire du disparu ».

Dans un mémorandum remis au gouverneur de région Cheick Tidiane Dieng, les élèves et étudiants de Ziguinchor exigent toute la lumière sur la mort de Jean marie Cabral, l'application de la loi dans toute sa vigueur, l'indemnisation de sa famille, la mise en place d'une commission d'enquête indépendante et le règlement diligent de leur plateforme revendicative. Après une très longue adresse à l'assistance, le chef de l'exécutif régional promet de transmettre le document à qui de droit.

 
 
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