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LIGNES D’HORIZONS - Par Mame Aly KONTE
Entre nous…
Mame Aly KONTE | 01/12/2016 | 09H43 GMT
 
Relire et comprendre le sens et les directions que prend notre propre histoire, voilà la direction à prendre pour que les jeunes générations n’oublient pas tous les processus qui ont été à la base de la naissance des pays et Etats actuels sur le continent. Dans son ensemble, l’Afrique et certains de ses dirigeants actuels commencent à se poser de réelles questions sur la réalité et la signification des frontières actuelles telles qu’elles ont été dessinées par des hommes blancs, loin des réalités du continent et de ses exigences.
 
 Depuis la création de l’Organisation de l’Unité Africaine en 1963, l’on a voulu que ces frontières soient maintenues dans leurs formes bizarres et actuelles. Erreur ! Le Soudan du Sud sur la question, semble avoir ouvert une brèche que ne manqueront pas de saisir d’autres pays bientôt. Coupé en deux, le pays le plus vaste du continent était composé d’une partie arabe et d’une autre entité nubienne et nilotique qui n’avaient rien à se dire. Résultat, la guerre, la scission et l’indépendance du Sud Soudan.  
Au-delà des problèmes entre Al Qaïda au Maghreb islamique et l’Etat malien, le problème dans ce pays relève aussi de formes de partage de l’espace entre gens du Nord (les Touaregs) et du Sud dans ce pays. S’agissant de la Gambie et du Sénégal, le rêve d’unité d’un même peuple, existe quoi qu’on veuille en dire. Seule manque la volonté politique.  Pour preuve, il est bien difficile, de faire la différence, le long du complexe fluvial dont il porte le nom, entre les populations de la Gambie et celles du Sénégal.

Le Sénégal et la Gambie n’en arriveront sûrement pas à ces conflits; mais que de heurts, d’altercations verbales, d’humiliations pour les populations du pays qui rentrent ou reviennent de la Casamance, en passant par le pays de Jammeh.  Du professeur Boubacar Barry, on retiendra la formule selon laquelle, «L’existence de la Gambie, comme Etat adossée à la simple vallée du fleuve du même nom, est une aberration que nous vivons tous les jours. Une même aberration que nous vivons d’ailleurs entre le Sénégal et la Mauritanie».

Le même Boubacar Barry, de révéler «qu’Il nous faut explorer d’autres voies dans la construction d’une nouvelle vision historique. Les populations, à en croire l’universitaire sénégalais, ne peuvent pas aller vers cette union sans un leadership politique fort.» Il a raison. Ce qui lui fait dire d’ailleurs, «qu’Il faut aussi une classe politique qui soit consciente des enjeux et de la nécessité de cette union. Une zone fragmentée avec des pays qui se succèdent tous les 300 km de Nouakchott à Freetown. Le Sénégal se trouve ainsi coupé en deux: la Casamance d’un côté et le reste du pays de l’autre. La voie de contournement ne peut pas, en soi, constituer une solution viable, car elle coûte cher et, d’une certaine manière, on ne peut pas faire abstraction de la Gambie.»

Toute la vérité de son éclairage est sans nul doute là. Il faut, par conséquent, d’autres perspectives que la conquête militaire pour bâtir une union. Ces erreurs nous ont plongés dans cette situation inexplicable. Le fleuve Gambie étant, aujourd’hui, la voie d’eau la plus navigable de l’Afrique de l’Ouest. Mais, le conflit qui oppose les deux pays le rend pratiquement inutile. Malheureusement et au détriment de l’émancipation des populations de cette zone et de leur émergence économique et sociale. 
 
Prendre conscience que cette région appartient à tous ces peuples qu’il faut organiser en dehors de nos Etats-nations, là est l’autre défi qui attendra, sans nul doute, les générations de demain si on veut faire taire les égoïsmes et les contradictions nées du découpage hasardeux du Congrès de Berlin. La Gambie et le Sénégal ont ce devoir de correction de cette scission s’ils veulent bâtir un vivre ensemble apaisé parce que plus viable. Le temps se précise qui viendra bientôt qu’on ne pourra éluder la question. Qu’on soit séparé par l’équation de la langue officielle alors qu’on parle partout les mêmes langues et dialectes nationales, (le Mandingue, le Wolof, le Peul, le Joola, le Bambara, le Soninké etc.), la ligne d’horizon et de compromis n’est jamais loin.

L’autre chose est que ce petit bout de terre qui se trouve enserré dans l’ensemble sénégalais ne pourrait rester dans son état pauvre et sans ressources, en ne comptant que sur l’aide internationale et le commerce. La Gambie, 51 ans après son indépendance, ne compte encore aucune grande industrie de nom. C’est un pays de services. Ni dans le textile, encore moins dans la petite industrie. Alors, ne parlons pas d’usines ici, il n’existe que de petites industries dans le domaine de la pêche et des brasseries. Les services ! Toujours les services, ici, le patron ce sont les télécommunications avec la référence Gamtel. Où ira donc la Gambie sans le Sénégal ?  

La question est aussi une grosse équation économique d’un futur presque immédiat. La longue parenthèse Jammeh, n’a pas, quoi qu’on dise, facilité les choses dans les deux sens. Il faudra y remédier à la suite de son mandat actuel ou à venir. Le dernier s’achève et le pays est en campagne électorale pour une présidentielle avec le vote prévu ce jour, jeudi 1er décembre 2016. Le vainqueur, même connu d’avance, a devant lui, l’avenir d’un pays mais aussi celui d’une génération de Gambiens mieux armés que lui, qui ont fait plus de chemin que lui… et qui ne lui pardonneront pas de vouloir les maintenir dans le sevrage et une certaine forme d’ignorance et d’absence de liberté.  Et ces derniers, le moment venu, n’hésiteront pas à franchir le pas et à tendre une véritable main, à l’Etat sénégalais et à son peuple. Cela, dans le seul but de corriger définitivement, dans la paix et un dialogue plus apaisé, cette anomalie de l’histoire qui n’a plus aucun sens…
 
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