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Haut les ….chœurs !
Jacqueline Fatima BOCOUM | 06/05/2011 | 07H12 GMT
 
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Quand je pense que j’ai été la première voix de Sud ! Première voix lead du démarrage de ce  1er juillet 1994, dans les studios ou BT ( Babacar Touré) nous a rejoints à l’aube, nous écoutant lancer les nouveaux jingles et enchainer les chapeaux des éléments afin d’imprimer à cette première radio, le rythme qu’elle conservera toujours : celle de l’info juste, portée par une équipe jeune, consciente de participer à écrire la belle histoire de la presse et encadrée par des sommités qui nous ont nourris au sein de l’éthique de ce métier et de l’engagement qui le sous-tend.  Je veux citer Latif, Ndiaga Sylla, Chérif, Sidi Gaye, Madior Fall et tous les grands de passage dans cette maison, à qui je rends hommage pour leur fascinante intelligence : Ibrahima Bakhoum, Mamadou Amath, Mademba Ndiaye, El Hadj Kassé..
 
Comme je le dis toujours, les journalistes ont connu deux flancs de naissance : ceux apaisés du journal le Soleil et ceux plus impétueux de Sud, qui a aujourd’hui formé au moins la moitié de cette profession.


Je passe sur les grands moments de l’information, sur tous ces confrères qui apprenaient aussi à démarrer le journalisme en ouolof, parce qu’on ne résumait plus à la va-vite, l’actualité du plus grand nombre au profit d’une langue française de belle sonorité mais de moindre portée.  Non ! Tout le monde respectait ce nouveau métier que l’on découvrait en l’apprenant.  Ne plus faire un journal parlé (jp) en français sans alimenter avec les mêmes éléments, le jp en ouolof et apprendre en même temps à faire les émissions grand public en langue nationale.


C’est Sud qui vaillamment m’a appris entre autres, à parler cette langue, à oser la manier, à comprendre l’humilité de compenser ce que l’on n’a pas, par ce  que ce l’on peut donner différemment.


Et la rencontre avec cet homme, monstre sacré de l’info, engagé jusqu’à la moelle avec ses amis, pour faire respecter ce pouvoir nominé, ce quatrième pouvoir, ce contre-pouvoir, qui devait dans un SENEGAL en construction, tendre les poutres métalliques pour faire tenir l’édifice.


Cet homme, Babacar Touré, grand, un peu gras (non ?),  patriote et respecté par tous ceux qui comme moi, ont eu l’avantage d’être guidés par lui, saluent avec déférence le magistère de son management mais surtout l’affectueuse élégance de son relationnel et cette formidable confiance en soi qu’il m’a aidée à consolider au premier regard ! « toi (m’a-t-il dit, en lisant ma lettre de démission de  la RTS que je quittais pour l’aventure du privé), tu es même déjà en transit à Sud, parce que tu as l’air d’être d’une formidable mobilité ».


Et j’en ai fait des jobs dans cette profession. Mais mon histoire avec Sud est celle d’une adolescente à qui sa famille a dit : « lustre bien tes ailes à l’ombre de notre  grand amour et quand elles seront assez grandes pour te plaire, prends ton envol et vas à la découverte du monde ». Sud m’a préparée à cela : venir et partir avec la même fougue, le même besoin d’apprendre,  et de continuer à semer des cailloux blancs sur le chemin de l’apprentissage.


Ma plus grande fierté, je l’ai eu quand trois chefs d’Etat ont inauguré cette belle radio du groupe et que j’officiais comme Mc en face de la tribune avec toute la suffisance mal déguisée de celle qui reçoit à domicile, au nom du propriétaire des lieux, qui lui, avait déjà épuisé les charmes de sa fonction naturelle de leader et laissé aux plus jeunes, le plaisir de s’éclabousser à la lumière du soleil.


Alors, si je devais faire quelque chose pour Sud, ce serait de lui chanter un bel opéra d’amour et de dire à tous ceux qui comme moi, se sont nourris de la formidable intelligence de cœur de tous ceux qui ont fait de cette entreprise ce qu’elle est devenue en envergure et pour l’ histoire : chantez comme moi, fort, loin, haut, et en …chœurs !


 
 
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