| PALIMPSESTE |
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| Ils sont tous Président ! |
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| Publié le 23/02/2012 | 02H09 GMT par Bacary Domingo MANE
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| Ils se sont glissés, allègrement, dans la peau d’un Président de la République. Appelez-les : Président, nos quatorze candidats à la magistrature suprême. Lorsqu’ils vous croisent sur le chemin, arrêtez-vous et admirez leur allure. Ils sont Président de la République. Et ne faites pas attention à l’étoffe. Limitez-vous à regarder ce qu’ils vous montrent et n’allez pas chercher au-delà. Ils sont Président et ça se voit : Escorte, gardes du corps, gyrophare, sirène, kinésithérapeute pour les massages, un grand maître cuisinier, un chef protocole, la démarche aux pas mesurés, la mimique, le timbre de la voix, les belles femmes, pour certains qui ne sont pas accompagnés par leur épouse… |
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Ils sont Président et ils auront tord de ne pas se prendre au sérieux. Certains ont poussé le bouchon tellement loin, dans la comédie, qu’ils se sont mis à commettre des lapsus. C’est le cas de Diouma Diakhaté, lors de la signature du Mémorandum pour la paix en Casamance. Dans la phrase : « Si je suis élue… », elle a oublié de prononcer le « si » et a dit : « Je suis élue ».
C’est vrai, elle a raison : dans la tête, est élue ! L’entourage, les militants et sympathisants, constituent des éléments de l’acte que le candidat-Président est en train de jouer. Ils ne l’appellent plus par son prénoms ou nom, mais lui collent le titre honorifique de « Président ».
Le vocable de « Président » fuse de partout et à force de l’entendre, le candidat à la magistrature suprême se surprend en train d’arpenter les couloirs du Palais, d’humer le parfum des fleurs de son jardin, avant de s’affaisser dans le fauteuil douillet du maître des lieux. Ces sourires qu’il croise, ces encouragements qu’il entend, cette affection qu’on lui manifeste…parfois jusqu’à verser des larmes, tout cela constitue une sorte de voile.
Une élection est avant tout un moment de sublimation. Comme si le peuple, volontairement, fermait les yeux sur la réalité et se laisse transporter par les vagues ou le courant marin aux eaux troubles.
Le candidat-Président prend ses distances. Son ascension vers le sommet du pouvoir est une jouissance intérieure dont il est seul à avoir le secret. Cette jouissance ne se partage guère. Le tapis rouge lui est déroulé. Ne commettez pas l’imprudence de trop l’approcher, si non, ce sont des montagnes de muscles de bodyguards, les yeux derrière des lunettes de soleil, qui vont vous barrer la route.
Il est dans les nuages du prestige, de la gloire ; les yeux dans les étoiles. Ne réveillez pas, je vous en supplie, le candidat-Président ! Dimanche, il fera jour, pour les treize candidats recalés. Ils ont pris le risque de « titiller » le destin, à eux d’assumer maintenant la tragédie de l’acte joué. Ne faites surtout pas comme Néron qui a « tué » l’artiste qui était en lui en se suicidant, après avoir prononcé ces mots : Qualis artifex pereo ! (quel artiste périt avec moi ». Vous êtes des artistes, chapeau bas !
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