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| ISSIC, l’insémination du savoir |
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| Ousseynou TOURE |
30/04/2011 | 09H18 GMT |
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| 1996. Quel bonheur d’être de la première promotion de l’ISSIC, avec tout le défi et la hargne que ses concepteurs d’hier développaient pour faire aboutir le projet. Abdou Latif Coulibaly, El Hadj Kassé, Baba Diop et Henriette Niang Kandé, pour ne citer que ceux là, je n’oublie pas Aby Sylla (la secrétaire) et Tamsir Sall se démenaient comme de beaux diables pour positionner le label ISSIC dans le cercle de qualité des instituts de référence au Sénégal et en Afrique. Défi relevé, aujourd’hui. Au regard des produits de valeur issus du laboratoire ISSIC. Une génération d’hommes et de femmes composée de journalistes et de communicateurs professionnels. Point. |
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Quelqu'un qui ne fait pas parler de lui est un infirme en matière de communication. Quelqu'un qui parle de lui est un vaniteux. Quelqu'un qui laisse les autres parler de lui est un imprudent. Cette terrible vérité de Philippe Bouvard nous met dans une perplexe situation à l’heure où Sud pose ses 25 ans sur la table. Même si, Albert Camus tempère en pensant que tout refus de communication est une tentative de communication; tout geste d'indifférence est un appel déguisé. Sous réserve de telles précautions, je ne parlerai pas du journalisme, ni d’un passage à Sud quotidien, je n’ai pas eu ce privilège, mais d’un passage dans un des produits de SUD: Issic. A travers des enseignements transmis par ceux qui ont fait les beaux jours de Sud. Racontés dans « mon Sud à moi ».
C’est parce que l’irrésistible voix de Feu Max Sohai retentissait, en boucle, sur les ondes de Sud Fm, annonçant l’ouverture de l’Ecole supérieure des sciences de l’information et de la communication école dénommée (Essic), qui deviendra, plus tard, Issic, que mon souhait de devenir communicateur a été réalisé. Travaillant dans une structure de la place, je décidais de «mettre en veilleuse» mon boulot, pour finaliser un diplôme en communication. Mais l’acte était déjà pris avec le monde de la communication depuis belle lurette.
La transmission du virus de la communication m’a été faite durant ma tendre jeunesse où le journalisme scintillait de mille feux. L’attrait séduisant des journalistes d’hier (leur tonalité, timbre, la qualité de l’écrit et la recherche de la perfection) avait convaincu tous les indécis. Je veux être journaliste : ce bout de phrase était ressassé par plusieurs acteurs sociaux. Un désir qui se réalise finalement avec ma spécialité de communicateur.
C’est sous la forme d’un savoir savamment inoculé dans nos esprits, non pas, pour nous façonner, puisque nous avions dépassé l’âge des démons de midi, mais pour nous réarmer face aux défis du 21ème siècle, que tout avait commencé. Chaque session, chaque module était soigneusement sélectionné et livré par des hommes de l’art. Une dimension théorique consistante véhiculée par Ndiaga Sylla, Vieux savané, Latif Coulibaly, El hadj Kassé, Boubacar Barry, Tavarez Do Canto, Mame Less Camara, Ousmane Dia….et une considération pratique, conforme aux besoins actuels, inoculée, par Baba Diop, Daouda Dia, Diane Galliot, Rasmussen, Mademba Ndiaye, Tidiane Kassé, Djadji Touré, Kader Diop, Lucien Lemoine….
Comme un vétérinaire qui procède à l’insémination artificielle, le savoir était livré à dose homéopathique. Sans trop d’effets secondaires. Juste le nécessaire, pour être utile à sa société. Nous étions comme des « vaches folles » au goût immodéré de savoir. Avec un comportement irréprochable de nos professeurs qui comprenaient les enjeux attendus de cette formation. Sans tambour.
Ce qui m’avait fasciné durant ces deux années d’intenses et palpitantes animations pédagogiques, c’est le respect du chronogramme de travail. Un calendrier qui a été rigoureusement suivi au point de sacrifier à nos vacances d’été. La chaîne du savoir se propageait en interne sans interruption. Juste 2 semaines de repos, quand Babacar Ndiaye, l’icône de l’Issic saisit tous mes camarades de promotion, pour une reprise des enseignements, par une entrée en matière d’Ibrahima Bakhoum sur les fondements théoriques et pratiques du journalisme d’investigation. Tout le monde avait répondu à l’appel. Les péripéties du Watergate sont passées en revue, avec toutes les modalités de l’investigation. Le suivi de la chaîne logique des données collectées pour reconstruire un fil, le bluff, les traquenards, l’intoxication, tout y passe. A ce moment précis, nous avions senti toute la charge du métier que nous allions embrasser.
Les séances d’élaboration des stratégies de communication avec El Kassé étaient un moment de réflexion et d’ingéniosité pour miser sur l’originalité des préconisations. Daouda Dia, l’artiste, surfait dans un nirvana de l’irréel. Sans oublier, le virtuose Rasmussen, qui calibrait, à des détails prés, la pagination suivant une charte graphique exquise. Forts du capital des fondements théoriques de la Communication, sédimentés dans nos esprits par Latif Coulibaly, nous avions suffisamment d’arguments pour analyser les métalangages des hommes politiques Français dont les rebuts étaient passés en revue par Ousmane Dia. Je me souviens des envolées de Diane Galiot, pointilleuse à souhait, chantonnant dans nos oreilles, les belles élaborations, en utilisant les mots justes et d’aplomb. Que dire de Kader Diop, nous incitant à l’aller à l’essentiel, pour soutirer du processeur, le noyau dur, lors des séances axées sur le traitement des dépêches.
La greffe des gènes du savoir transmis commençait à prendre forme. Ce qui se confirmera, à terme, par la mise en place d’un journal d’école dont le contenu avait empli de bonheur nos encadreurs, Mademba Ndiaye et Tidiane Kassé. Ce sont de belles plumes, clamaient-ils. Ce qui nous mettait dans une position euphorique de maintien du cap.
La qualité de l’encadrement n’avait d’égal que dans la réalisation du défi assigné. Faut-il le relever aussi, pour s’en réjouir, « l’impertinence » des étudiants de la première promotion des journalistes et communicateurs constituait un réel gisement pour un encadrement optimal. Qu’importe. Même si le niveau d’études appréciables (minimum de Bac + 3, 4 voire 5 ou équivalent) et l’interdisciplinarité des auditeurs (sociologues, philosophes, juristes, littéraires, scientifiques..) étaient, certes, importants, ils ont juste permis de créer les conditions de chaleur ambiante sans laquelle l’acte d’inséminer le savoir serait voué à l’échec. C’était plutôt le style, avec lequel les apprentissages étaient noués, qui avait été déterminant. Un dosage méticuleux ponctué par une liberté d’action mesurée pour faire éclore les talents, et, un balisage ordonné, suivant les règles et principes établis, pour éviter tout dérapage. Le résultat ne se dissimule pas, il irradie pour éclairer d’autres chemins.
Il était donc bon aloi que le Directeur de l’Issic en soit le premier servi, lui, qui a fait appel à des étudiants de cette première promotion, quelques années après, pour qu’ils dispensent des cours dans cet institut. Il s’agit de votre serviteur, scientifique ; Mansour Diouf, littéraire ; Abdoulaye Hann, sociologue ; Bacary Domingo Mané, philosophe.
Le jour mémorable de remise de notre parchemin, au Méridien Président, le discours introductif de Babacar Touré sur l’éthique de la profession de journaliste ressemblait à un cours magistral. L’usage et la maîtrise de la langue constituent les soubassements de la profession. Ne cessait-il de dire, dans un sens performatif. Un processus d’amélioration continue et de renforcement des capacités surfait à chaque fois que l’on croisait un des Maîtres. C’est pourquoi, il ne serait pas superflu que le patrimoine culturel de SUD soit sauvegardé. Une mine inestimable de gènes qui devront fertiliser beaucoup d’esprits aptes à participer durablement à la construction de notre Pays.
Je vous salue les gars, tous, «issiciens» de la première génération du croisement du savoir. Plus que naturel. Mor Ndiaye, Responsable de la Communication du Projet Biogaz, Mandiaye Thiombane, Rédacteur en chef adjoint de Nouvel horizons, Oumar Seck Ndiaye, ancien Directeur de la radio Oxyjeunes, Alassane Diallo, Directeur de publication du site Ferloo.com, Bassirou Ndiaye, chargé de la communication à la Sonatel, Abdoulaye Hann, Chargé des ressources humaines à l’IRD, Aminatou Mohamed Diop, Rédacteur en chef de «le Quotidien», Madior Fall, Responsable de la Communication du projet Wula nafa USAID, Ndèye Dome Thiouf, chargée de la communication de la Fédération sénégalaise de football, Ousseynou TOURE, responsable de la communication et de la formation du PNDL, Mansour Diouf, chargé de communication à l’Unicef, Bacary Domingo Mané, Chef de Desk politique à Sud quotidien et Chargé de cours de communication politique à l’Issic, Hawa Ba, chargé de projet OSIWA, Tening Niang, chercheur en sciences sociales, Oumar Dia, spécialiste en communication, Bintou Ndiaye responsable communication en Gambie. |
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