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J’ai fait mon éclosion à Sud Quotidien,
Ngary FAYE | 27/05/2011 | 07H07 GMT
 
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Mes premières armes je les ai fourbies au quotidien national le Soleil, et l’Aps m’a formaté. Quoi de plus imaginatif, de plus clairvoyant et de plus reconnaissant  que de penser à des gens avec lesquels on a passé ne serait-ce qu'un court moment de sa vie ?
 

Cette rubrique initiée par la direction du Groupe Sud et qui donne la parole à tous ceux qui y ont évolué ou pas, m’a réjoui. Je vais m’évertuer à  exprimer si non extérioriser tout ce que je ressens et retiens de cette entité.
 


Aujourd'hui, je défie n'importe quel journaliste de la place tous âges confondus en matière de rédaction grâce aux trois meilleures écoles de formation en journalisme que j'ai fréquentées : le Quotidien National Le Soleil, l'Agence de Presse Sénégalaise (APS) et le Groupe Sud.

Avant l'entame de mes propos à l'endroit de Sud Quotidien, permettez-moi de  citer quelques  journalistes émérites du Soleil comme Amadou Gaye qui m'avait fait recruter comme pigiste au moment où il faisait office de chef de bureau du Soleil à Thiès : je percevais à l’époque 15 francs CFA la ligne.


Je n'oublierai pas non plus les Lucien Sammy Chaupin, Pathé Mbodj, Sidy Gaye Mamadou Koumé, Mamadou Kassé, Abdoulaye Ndiaga Sylla, Bachir Sow, Abdallah Faye et surtout Moustapha Touré et les regrettés Assane Fall et Mame Olla Faye. Ils ont tous contribué efficacement et sans ménagement à ma formation. Merci encore une fois.
 

L'APS m'a formaté, je l’ai bien dit en titre, Oui, quand on quitte un quotidien pour une agence d'information, les styles, les lignes rédactionnelles sont différentes ; c'est dans un autre compartiment qu'on se retrouve avec la rédaction des dépêches. C'était un autre univers médiatique où j'ai eu de la peine à me retrouver au moins pendant six mois.
 

Je vous avoue que les Mamadou Amath, Souleymane Diop, Mamadou Niane, Feu Alpha Abdallah Sall, Ibrahima Bakhoum Bill (qu’on ne peut pas satisfaire en matière de rédaction), Saliou Traoré, Mademba Ndiaye et Cheikh Tidiane Ndiaye ne m'ont jamais rien pardonné. Ils  m’en ont montré de toutes les couleurs.
 

Amicalement et avec pédagogie, ils ont su m'insuffler une autre variante de l'écriture. Ce qui m’a beaucoup servi aujourd’hui.

Je venais donc de me spécialiser dans les "faits divers", rubrique qui  va relancer l'APS qui marquait le pas. Chapeau à vous! Après les Edou Corréa « Faits divers et divers faits, Mamadou Mansour Mboup, un de mes maître au Soleil, tous disparus et Mody Diop, j’héritais  de cette rubrique communément appelée « Chiens écrasés. »


Je peux avouer que personne n’en voulait à l’époque parce que c’était difficile et il fallait faire des mains et des pieds pour extirper ou de la police ou  de la gendarmerie les informations fraîches (mes jeunes confrères me doivent les droits d’auteur). Seule la chronique judiciaire était régulière sous la plume magistrale de Feu Masse Diack.  Lui aussi m’avait beaucoup inspiré.
 

Sud Quotidien venait à peine naître après Sud Magazine et Sud Hebdo avec à sa tête le chef de groupe de presse que je respecte le plus au Sénégal: Babacar Touré. Je faisais déjà feu de tout bois à l'APS avec mes articles régulièrement repris par les autres organes.
 

Un jour, j'ai rencontré le regretté Mame Olla Faye lors d'un reportage et il m'a conseillé de me rapprocher de la rédaction de Sud qui serait à la cherche d’ un chroniqueur de faits divers. Une après-midi, je me suis rendu à l'immeuble Fahd et ai demandé à rencontrer le rédacteur en chef.
 

Et qui est-ce qui me reçoit? Sidy Gaye. Je le revois encore, ce garçon longiligne au ventre bedonnant à la mise toujours correcte, chaussant partiellement ses lunettes d'intellectuel. Quelques commodités sociales avec un de mes anciens encadreurs du Soleil et je lui dis le but de la visite. La réponse a été rapide et positive: " je te mets à l'essai pendant un mois, si tu fais l'affaire je te retiens comme pigiste. Dieu a fait qu’avant la fin des quinze jours j'étais devenu le "fait diversier" incontournable de Sud Quotidien.


Dans ce temple du savoir et de l’excellence, j'ai retrouvé de grands puristes à la tête du journal. Comment parler de Sud et sans faire référence à Abdoulaye  Ndiaga Sylla, l'omnipotent, l'omniprésent, le fouineur exigeant à souhait, le pointilleux  qui ne pardonne aucun impair. Il y avait aussi feu Ibrahima Fall, « Petit Chef » que j'ai connu au Soleil, une belle plume qui s'est brisée très tôt, Vieux Savané, l'homme des commentaires savoureux mais aussi le politique Demba Ndiaye, l'économiste Bocar Niang, Mame Aly Konté le polyvalent et les sportifs chevronnés comme Sérigne Mour Diop et Feu Olla Faye dit MOF.
 

Mon séjour au Soleil dans les régions m'avait permis d'évoluer dans toutes les rubriques et au desk Société de Sud où il y avait de jeunes loups aux dents très longues comme de Bassirou Sow. Ah Bass! Il m'a tellement toujours secoué ce garçon, mais quand bien même « Al barka »,  cher cousin à plaisanterie.
 
J'ai toujours fait de la Culture mon dada mais je n’en parlais qu’à de rares occasions. A Sud  Sidy Gaye m’avait demandé d’'appuyer  Alassane Cissé le chef du desk Culture.


 Je me souviens d’une appréciation de Sidy Gaye qui m’a fait verser des larmes après un reportage qu’il  m'avait confié sur la grande cantatrice aujourd’hui disparue Yandé Codou Sène. J'avais fait  le déplacement avec une autre icône de Sud, Malick Rokhy Bâ à Somb No Maad dans la communauté rurale de Diakhao Sine. Cette rubrique: « portrait d'une vedette » ou quelque chose comme ça, je ne rappelle plus le titre, paraissait tous les samedis. Après presque toute la journée du vendredi devant l'ordinateur entrain de pianoter, j'ai pondu comme on dit dans notre jargon  plus de quinze feuillets que je n'osais pas remettre à mon "Red Chef" par crainte d'être rabroué.
 

Mais, il y avait les contraintes du « dead line », il faisait 16h 30 minutes environ et je finis par me résoudre à déposer le produit entre les mains de Sidy Gaye qui m'avait interpellé au moins trois fois, parce que  pressé. Le temps passait, incommensurablement. La rédaction de Sud grouillait de monde, chacun piaffait pour rendre un travail « publiable ».


 Sidy s'enferma  et ne ressortit de son bureau qu’au bout d'une heure. Les lunettes rivées sur le nez, mordant le capuchon de son stylo à bille et  une pile de copies dont les miennes entre les  mains, il m'interpella: « Ngaary, A féla », ce qui veut dire en sérère,  « c'est bon » et il ajoute en français: « tu m'as fait un très bon papier ». Je ne pouvais pas retenir mes larmes, car, cette appréciation venant d'un des meilleurs journalistes du Sénégal si non d'Afrique, m’est allé droit au fond du cœur. C’est la plus grande satisfaction que j’ai eue durant mes trente trois ans de presse. Il y a de quoi s'en glorifier."Diokandial" ou alors « merci » mon frère.

 
A propos de faits divers, j'en ai beaucoup fait, mais j'ai été particulièrement satisfait de ceux que j'avais livrés lors du meurtre de Maïmouna Ciss, cette travailleuse de maison qui a été tuée à la rue de Reims dans un appartement habité par un couple libanais. N'eussent été mes investigations, l'irréparable allait se produire entre les gens de maison et la communauté libanaise vivant à Dakar qui était menacée de représailles. Tout le monde croyait que cette "bonne" a été tuée par un des membres du couple. C'était plutôt un crime passionnel commis par un Nigérian qui voulait forcer la défunte à une partie de plaisir. La suite nous la connaissons.

 
Babacar, Sidy, Ndiaga, Sud m'a ouvert toutes les portes de la presse sénégalaise et beaucoup de journalistes de cette époque ne savent pas comment je m'appelle à cause de mon surnom: Ibrahima Ngaary Faye.

 
C'est grâce à Sud que d'autres journaux communément appelés "people" comme le Populaire, Info 7 ont fait appel à moi. C'est Sud qui m'a donné ma notoriété, c'est Sud qui fait de moi ce que je suis aujourd'hui. C'est Sud qui m'a propulsé au devant de la scène. Si aujourd'hui, j'ose lancer le défi à n'importe quel journaliste de la place, c'est parce que j'ai bénéficié de la bonne formation des responsables de ce quotidien qui faisait la fierté de l'espace médiatique sénégalais. J’ai plastronné partout où je suis passé.

 
C'est encore grâce à Sud que je suis devenu aujourd'hui Conseiller en Communication, fonction que j'assure depuis 2002. L’éthique et la déontologie qui m’ont été inculquées ont fait que j’ai laissé des plumes dans mes nouvelles fonctions. Dans les cellules de communication, la médiocrité est de mise, il faut être un larbin  ou accepter tout les coups pour être promu.
 

Merci encore Babacar, Ndiaga, Sidy, Madior Fall  et ceux que je n'ai pas cités, de m'avoir épaulé, de m'avoir appris beaucoup de choses. Vous avez été généreux de votre savoir. Merci à Thié Coulibaly, à Sellou Diallo, ces chasseurs d'images qui m'ont souvent accompagné sous la conduite automobile impeccable de Mamour Sakho.

 
Avec eux j'ai eu des images inédites de Khady Diouf "Ndeye Wassa naam, MBaye Ndiaye "Kam Ndiigue", Abdourahmane Ndiaye "Falang", Feue Mada Thiam et tant d'autres.
 
Cependant, j'ai eu des pincements de cœur. D’abord, mon départ précipité de Sud à cause de cette histoire de la « Voile d'Or ». J'ai toujours le dossier par devers moi et  j'avais été accusé à tort, d'avoir demandé de l'agent au bénéfice du directeur de publication juste au moment où je m'apprêtais à boucler un article  contenant toutes les révélations de cette affaire avec des photos à appui.. Bref : « tout est bien qui fini bien et tout dégénère entre les mains de l’homme »


L'autre regret qui me torture est la situation actuelle du premier groupe de presse privée au Sénégal qui a eu à "fabriquer" de grands journalistes jusqu'en France et qui aujourd'hui traverse des moments difficiles.


J’entends tous mes matins à RFI Sébastien Jedor, « diar nafi ». C’est  un produit fini de Sud FM Sen Radio. D’autres jeunes Français sont aussi passés par-là parmi lesquels Blandine Flipo, Karine Gavaud, Julien Cernobori, ou encore Valérie Osouf. Ils sont tous sortis de l’antre de Chérif El Valide Seye, l’homme méticuleux.

Ces apprenants avaient comme « maîtres de stage » de jeunes impétueux de la trempe des Alain Sané, Michel Diouf, Mamadou Dièye, Abdoulaye Sackou Faye, Mouhamed Pascal Faye et qui encore ?

 
Comment oublier ces confrères venant des autres pays  africains  ou de la sous-région qui me considéraient comme leur cousin à plaisanterie ; j’étais le seul sérère à la rédaction de Sud Quotidien. Oumar Khoureychi, le taquin, Moussa Diarra, le plaisantin, Frank Kuwonu, l’emmerdeur, Edouard Bagdé l’amuseur. Tous sont sortis de cette excellente école : « Groupe Sud »
 
Commentaires (1 )
 
 

Valérie Osouf 27/05/2011 | 21H08 GMT

Quel plaisir ému de parcourir ces noms, de revoir ces visages, de revisiter ces instants formateurs !

Je saisis cet échange pour évoquer également l\'intelligence de deux enseignants de l\'Issic qui ont su aiguiser mon sens critique et mon exigence personnelle : Messieurs Tidiane Kasse et El Hadj Kasse.

Bien à vous et longue route à la presse indépendante !

Valérie Osouf

 
 
 
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