Mise à jour: 17/02/2018 à 09H55 GMT
 
A la Une | Editorial | Analyses | Chronique | Dossiers | 100% Sud | Mon Sud a moi | Journal des internautes
 

 
 
 
 
Troisième journée de débat de fond sur l’affaire de la caisse d’avance
KHALIFA SALL CAMPE SUR SA LIGNE DE DEFENSE
Nando Cabral GOMIS | 08/02/2018 | 09H23 GMT
 
L’audition des prévenus dans le cadre du procès opposant l’Etat du Sénégal au député-maire de Dakar, Khalifa Sall et ses co-prévenus devant le tribunal de grande instance statuant en matière correctionnel sur l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, s’est poursuivie hier, mercredi 7 février. Premier à être appelé à la barre lors de cette troisième journée d’audition des prévenus, le député-maire de Dakar, Khalifa Sall. Soumis aux interrogations du procureur de la République au sujet des mécanismes de décaissements des fonds «politiques», le député-maire, Khalifa Ababacar Sall a demeuré ferme dans ses réponses.
 
Invité à prendre la parole pour poursuivre son interrogatoire commencé la veille, le procureur de la République a adressé une série de questions à Khalifa Ababacar Sall sur le mécanisme de décaissement des fonds de la caisse d’avance pour étayer la charge d’associations de malfaiteurs qui pèse également sur la tête des prévenus. S’adressant au prévenu Khalifa Sall, en premier, lors de cette troisième journée de débat de fond sur ce dossier, le maître des poursuites a commencé par rappeler à l’endroit de ce dernier que dans les charges retenues contre lui et ses co-prévenus, il y’a l’association de malfaiteurs, quand bien même il a toujours dit que cette accusation le gêne beaucoup.
 
Poursuivant son propos, Serigne Bassirou Guèye est ainsi entré dans le fond de sa pensée, en demandant au député-maire ce qu’il pense de la déclaration du Directeur administratif et financier (DAF) Mbaye Touré, lors de son audition du mardi dernier. En effet, selon le procureur de la République, le Daf aurait indiqué que le percepteur municipal, Mamadou Bocoum remettait directement des fonds de la caisse d’avance à Khalifa Sall et si tel est le cas, conclut le procureur, cela atteste l’existence de l’association de malfaiteurs. Mais prenant la parole, Khalifa Sall oppose un refus catégorique en déclarant : «Hier, j’avais adopté une attitude à laquelle je ne déroge pas. Cependant, je récuse cette accusation d’association de malfaiteurs». «Donc, vous ne vous défendrez pas sur ce point», demande à nouveau le procureur à Khalifa Sall qui réplique immédiatement : «J’ai dit que je ne répondrai pas monsieur le procureur à cette question». «De toutes les collectivités territoriales du Sénégal, seule la ville de Dakar dispose de fonds politiques et cela a été tranché en 1996.
 
L’existence de fonds politiques à la ville de Dakar est indéniable», insiste le député-maire. «Il n’est pas indéniable puisque les percepteurs l’ont nié» rétorque le procureur de la République, Serigne Bassirou Gueye. Prenant la parole à nouveau, le député-maire répond : «Dans une caisse d’avance, l’ordonnateur ne touche jamais de l’argent. Je ne souhaite pas critiquer le travail que vous avez fait durant ces 11 derniers mois, mais si vous aviez accepté au moment qu’une expertise soit conduite concernant les fonds politique à la ville de Dakar, vous ne serez pas là aujourd’hui à poser ces questions parce que nous savions dès le départ qu’il s’agit des fonds politiques. Et je peux vous dire que toutes les autorités politiques de ce pays et je dis bien Toutes avec un «T» majuscule connaissaient l’existence des fonds politiques à la ville de Dakar».
 
Reprenant la parole, le procureur lui demande si ses collaborateurs savaient la destination de l’argent issu de la caisse d’avance. Il répond : «Ils n’ont pas à savoir puisque ces fonds politiques sont mis à la disposition du maire. C’est ma responsabilité, ces fonds sont mis à ma disposition discrétionnaire et c’est moi qui décide de l’utilisation qui doit être faite de ces fonds».«Quand vous signez les documents de sortie de l’argent issue de cette caisse d’avance, saviez-vous que les factures de justificatifs étaient consignées pour l’achat du riz et du mil ?», revient à la charge le procureur de la République. «Je ne signais pas, mais je visais les documents», réplique Khalifa Sall. «Pourquoi acceptez-vous de recevoir de l’argent, alors qu’il était destiné à l’achat du riz et du mil», insiste le chef du parquet. «Ce n’est pas moi qui ai mis en place ce dispositif de justificatif des décaissements. Il s’agit d’un dispositif d’Etat mis en place par l’Etat qui est accepté par tous et, je souligne que cela n’existait pas avant 1996. Il faudrait que ceux qui ont mis en place ce dispositif soient là pour vous expliquer pourquoi, ils l’ont fait», lance Khalifa Sall.
 
Loin de s’en tenir là, le procureur Serigne Bassirou Guèye l’interpelle à nouveau. «Pourquoi, vous n’avez pas expliqué à vos collaborateurs la destination des fonds alors que c’est eux qui se débrouillent pour trouver les justificatifs ? «Pourquoi, vous n’avez pas instruit à décharge, j’ai fait la police et le bureau du juge d’instruction, mais on ne m’a pas une seule fois permis d’expliquer cette situation. Si vous aviez instruit à charge et à décharge, vous auriez compris le pourquoi», répond Khalifa Sall toujours de manière très serein et posée. «Est-ce que vous recevez directement les fonds ?», revient encore à la charge le procureur. «L’argent était mis à ma disposition et je m’arrête-là», tranche encore le député-maire de Dakar.
 
Commentaires (0 )
 
    • Veuillez saisir votre nom
      Invalid format.L'adresse n'est pas valide
      Exceeded maximum number of characters.Veuillez saisir votre message
      Security Code
      Le code n'est pas valide
 
 
Procès de la caisse d’avance de la mairie de Dakar
L’AJE RECLAME A KHALIFA SALL ET CIE 6.830 MILLIARDS
Polémique autour de l’accord sur le gaz sénégalo-mauritanien
MACKY «TACLE» IDY
Me Ousmane Diagne, avocat Etat du Sénégal
PLAIDOIRIE POUR UNE CONFIRMATION DES DELITS RETENUS CONTRE LES PREVENUS
Me Baboucar Cissé, du collectif des avocats de l’Etat
«LES PREVENUS SONT COUPABLES ET IL CONVIENT DE LES CONDAMNER»
Organisation d’élections transparentes, modification du code électoral…
BENNOO BOKK YAAKAAR «RECADRE» L’OPPOSITION
Candidature plurielle pour battre Macky Sall à la présidentielle de 2019
L’OPPOSITION VOTE «OUI»
Accord bilatéral sur le gaz signe entre le Sénégal et la Mauritanie
IDY «PRESSE» MACKY
 
 
 
 
   
 
 
 
Sud Quotidien Amitié II x Bourguiba BP : 4130 DAKAR Tél : (+221) 33 824 33 06 / (+221) 33 824 33 15 Fax : (+221) 33 824 33 22