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Deuxième semaine du procès de la caisse d’avance
KHALIFA SALL ET CO-PREVENUS APPELES POUR LA PREMIERE FOIS A LA BARRE
Nando Cabral GOMIS | 06/02/2018 | 08H59 GMT
 
L’audience du Tribunal de grande instance statuant en matière correctionnelle dans le cadre de l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar est entrée dans sa phase de fond des débats. Après la suspension observée, vendredi dernier, pour permettre à la défense de voir ses clients et préparer le fond des débats à la suite du rejet par le tribunal des exceptions de nullité soulevées, l’audience a démarré par l’appel nominatif des prévenus à la barre. Minutes d’une audience pour un procès vraisemblablement entré dans le vif du sujet.
 
Lors de cette première journée de la deuxième phase de ce procès concernant l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, les 22 témoins dont 2 cités par le parquet, en l’occurrence Abdoulaye Diagne et Ibrahima Traoré, et 20 par la défense ont été également appelés à la barre par le tribunal. Pour ces derniers, on peut citer à titre d’exemple les noms de Babacar Sadikh Seck (maire des Hlm), Ibrahima Diamé, Seynabou Wade, Ndiouga Sakho (ancien ministre), Cheikh Guèye (maire de Dieuppeul), Ibrahima Seydi, Badara Gadiaga, Mamadou Diop (ancien maire de Dakar) et autre Idrissa Seck (Président de Rewmi). Il faut juste souligner que ces trois derniers témoins n’étaient pas dans la salle au moment où l’appel a effectué par le juge Lamotte. Au regard de cette liste, l’ancien président qui était cité dans le lot des témoins ne comparait finalement pas de même que l’actuel président de l’Assemblée nationale Moustapha Niasse, le président du Hcct, Ousmane Tanor Dieng et le ministre des Finances, Amadou Ba. Toutefois, les avocats de la défense, par le biais de leur coordonnateur, ont demandé au tribunal qu’il soit permis aux absents de comparaitre dès leur arrivée. Interpellés, le parquet et la partie civile ont estimé qu’ils n’avaient pas d’observations sur cette situation. À la suite, Me Ousseynou Gaye, avocat constitué pour la ville de Dakar, a pris la parole pour faire part au tribunal de la volonté de la ville de Dakar de faire comparaitre elle aussi ses témoins. Prenant la parole à nouveau, le président du tribunal a proposé le renvoi des témoins jusqu’à mercredi prochain tout en précisant à l’endroit de ces derniers qu’ils ne sont pas permis d’assister à l’audition des prévenus. «Aucun témoin ne devrait assister au débat et tout témoin présent dans la salle sera automatiquement éliminé. Cela est valable aussi bien pour les témoins du parquet, ceux de la défense et de la partie civile».
 
BRAS DE FER AUTOUR DE LA PREMIERE PRISE DE PAROLE A LA BARRE
 
La question de qui va parler le premier à la barre, entre le député-maire de Dakar Khalifa Sall et ses co-prévenus, s’est invitée au débat hier, à l’audience. En effet, estimant que c’est le député-maire qui est le principal mis en cause dans cette affaire, les avocats de la défense ont émis leur objection quand le président du tribunal Malick Lamotte a appelé à la barre Mme Fatou Traoré pour l’entendre en premier. Prenant la parole, Me Ouseynou Fall a demandé au tribunal que Khalifa Sall soit le premier à être entendu. «Nous ne contestons nullement votre autorité mais compte tenu de l’importance de ce dossier, nous aurions souhaité que vous commenciez votre interrogatoire par le principal prévenu qui est monsieur le député-maire Khalifa Sall ».
 
Embouchant la même trompette, Me Khoureichi Ba a renchéri : «Dans le cadre d’une pluralité de prévenus, il convient de commencer l’interrogatoire par le principal prévenu ». Invité à prendre la parole par rapport à cette requête, le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, a demandé au tribunal de la rejeter.  Et d’arguer : «Ni le procureur que je suis, ni l’ordonnance de renvoi devant votre tribunal du juge d’instruction ne parle de principal prévenu. En plus, les prévenus sont poursuivis pour des infractions diverses. La notion de prévenu principal ne devrait pas être évoquée dans ce dossier». Abondant dans le même sens, les avocats de l’Etat ont souligné à l’endroit du président du tribunal que c’est à lui seul que revient la charge de police de l’audience et la direction des débats, avant de juger inacceptable l’attitude de la défense qui veut créer la «différenciation des prévenus». Or, ont-ils dit, «en matière pénale, la responsabilité est individuelle». «À l’heure où nous parlons, toutes les personnes sont renvoyées en leur qualité de prévenus», a affirmé pour sa part l’agent judiciaire de l’Etat, Antoine Felix Diome.  Prenant en dernier lieu la parole, Me Ousseynou Gaye, conseil de la ville de Dakar, a signifié au président du Tribunal que c’est à lui que revient la charge de la police de l’audience. Et c’est sur ces paroles que le juge Lamotte a pris la parole pour trancher. «Ne commençons pas aujourd’hui ce que nous n’avons jamais fait. La direction des débats revient au tribunal, c’est au tribunal de voir comment il doit organiser les débats. Et, si quelqu’un voudrait faire une déclaration liminaire, le micro est là car le tribunal est un lieu d’expression». 
 
MME FATOU TRAORÉ, SECRÉTAIRE DU DAF DE LA VILLE DE DAKAR : «Il n’y a jamais eu de livraison de riz ou du mil. Les factures servaient... à justifier les décaissements»

Invitée la première à la barre, Mme Fatou Traoré, tout en soulignant avoir compris l’ensemble des charges qui pèsent sur sa tête, a toutefois réfuté ces accusations. Donnant sa version des faits, elle a expliqué avoir été amenée à agir dans cette affaire par Mr Yaya Bodiane. Selon elle, c’est ce dernier qui s’est rapproché d’elle en sa qualité de trésorière du Gie «Tabar» pour lui demander de lui prêter l’en-tête et le cachet de ce Gie familial pour justifier les dépenses de la caisse d’avance et c’était en 2010. Et de préciser que Mr Bodiane établissait les factures pour justifier les dépenses de la caisse d’avance et elle ne faisait qu’apposer le cachet ainsi que sa signature sur ces dites factures. Elle a également précisé qu’elle faisait cela à l’insu des autres membres du Gie, y compris son président pendant un moment bien déterminé avant de remettre le cachet du Gie à Yaya Bodiane qui a continué à signer les autres factures délivrées au nom du Gie sans versement d’argent, encore moins de livraison de marchandise. Interrogée par le président sur la nature de la marchandise mentionnée sur les factures, elle informera qu’il s’agit du riz et du mil. «Il n’y a jamais eu de livraison de riz ou du mil. Les factures servaient juste à justifier les décaissements de la caisse d’avance. C’est le comptable (Yaya Bodiane) qui établissait ces factures, c’est également lui qui mettait l’en-tête du Gie et moi, je ne faisais qu’apposer le cachet au début mais je n’ai signé aucune facture sur l’année 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015». 
 
YAYA BODIANE, COMMISSION DE RÉCEPTION DES MARCHÉS : «Ces factures visent seulement à justifier l’utilisation des fonds politiques…»
 
Appelé à son tour à la barre à la suite de Mme Fatou Traoré, Yaya Bodiane, comptable de la ville de Dakar comprendre les faits qui lui ont été cités mais ne les reconnait pas. Et de déclarer avoir agi sur instruction de son directeur administratif et financier, Mbaye Touré (Daf). Toutefois, il a précisé que l’initiative d’obtenir les factures du Gie Tabar ne venait pas de son Daf qui, dit-il, ne connaissait pas ce Gie Tabar, mais que c’est lui qui s’est rapproché de Mme Traoré pour régler un problème comptable. Selon lui, Mbaye Touré lui a seulement demandé de lui trouver des factures pour justifier les dépenses de la caisse d’avance comme le demande le percepteur. «J’avais clairement précisé à Mme Traoré que ces factures visent seulement à justifier l’utilisation des fonds politiques et qu’il n’y aura pas de livraison de marchandise encore moins de versement d’argent. J’ai fait cela parce qu’auparavant, on justifiait les dépenses de la caisse d’avance auprès de la tutelle mais avec les changements intervenus dans la gestion de la caisse d’avance, le nouveau percepteur à la suite de la suppression de la tutelle, nous demandait de lui trouver des factures pour lui permettre de justifier les décaissements des fonds destinés à alimenter la caisse d’avance. Car, au début, le maire recevait directement l’argent du percepteur et justifie l’utilisation de ces fonds auprès de la tutelle qui se trouve être le ministre délégué chargé des collectivités locales». Par ailleurs, Yaya Bodiane toujours dans sa déposition a informé le tribunal que Mme Fatou Traoré a seulement signé les premières factures et c’est lui qui a signé les autres factures en modifiant sa signature. Toutefois, soulignant qu’il a agi seulement en vue de régler un problème comptable, il a dit n’avoir jamais eu une intention d’imiter la signature du président Gie, Ibrahima Traoré.
 
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