A la Une | Editorial | Analyses | Chronique | Dossiers | 100% Sud | Mon Sud a moi | Journal des internautes
 

 
 
 
 
EN PERSPECTIVE par Cherif FAYE
L’AFRIQUE FACE A SON DESTIN
Chérif FAYE | 14/01/2016 | 09H53 GMT
 
La sortie du ministre Nigérian, investisseur privé dans le secteur agricole de son pays, mérite une réflexion approfondie. Car la République populaire de Chine, avec une population de plus d’un milliard d’habitants, représentant en 2014 un peu plus de 19% des 7,2 milliards de personnes de la planète d’après les estimations de l’Institut français d’études démographiques, est confrontée à un besoin de plus en plus accentué d’importer du riz de l’étranger. Si bien qu’elle  produit près de 200 millions de tonnes de riz blanc, représentant plus du quart du riz mondial.
 
La raison est à chercher dans la contamination de son «riz vendu aux restaurants et aux collectivités de la région de Guangdong, dans le sud du pays» et dans lequel il est retrouvé à la suite de tests «trop fortes quantités de cadmium, un métal toxique», comme nous l’apprenaient nos confrères de RFI en mai 2013. Cette situation ayant entrainé une forte méfiance des populations vis-à-vis du riz produit dans cette région pourrait stimuler les importations chinoises. Ce qui pourrait bien influer sur les cours mondiaux du prix du riz blanc. Pour le bonheur des exportateurs Vietnamiens, Pakistanais et Thaïlandais.
 
Face à cette menace, au moment où les différents pays africains ont adopté chacun une Stratégie nationale pour le développement du riz (SNDR), et une invite à l’autosuffisance, il est urgent de faire le bilan, d’évaluer les capacités et de lister les opportunités et les limites dans chaque pays pour agir avec efficacité sur toute la chaine des valeurs, de la production à la commercialisation en passant par la transformation. Et la question de la qualité s’invite à ce niveau avec les enjeux environnementaux liés à l’utilisation intensive des engrais phosphatés dans l’agriculture intensive qui semble être aujourd’hui privilégiée par les décideurs politiques. Or, l’exemple de la contamination que nous avons évoqué en Chine est illustratif.
 
Au moment où il est recommandé de quitter l’agriculture de subsistance pour une agriculture de marché avec l’arrivée de grands investisseurs étrangers et nationaux, à l’exemple de Vital, la Compagnie agricole de Saint-Louis (CASL), Teranga Entreprise au Sénégal et OLAM au Nigéria, pour ne citer que ceux-là, d’autres défendent la pérennisation des exploitations familiales sur lesquelles, il faut s’appuyer pour assurer l’autosuffisance alimentaire. 
 
Le débat tourne maintenant autour des moyens et des stratégies à mettre en œuvre pour faire cohabiter ces deux modèles qui ne s’excluent pas et sont même complémentaires. Qu’adviendrait-il si l’Afrique abandonnait le modèle d’exploitation familiale et que les grands investisseurs pliaient bagage à la suite de scandale ou de faillite ? Ne serait-elle pas exposée à une crise alimentaire sans précédent ? Ce qu’il faut éviter à tout prix pour qu’il n’y ait pas une guerre autour du riz.
 
Commentaires (0 )
 
    • Veuillez saisir votre nom
      Invalid format.L'adresse n'est pas valide
      Exceeded maximum number of characters.Veuillez saisir votre message
      Security Code
      Le code n'est pas valide
 
 
MATTEO RENZI, PRESIDENT DU CONSEIL ITALIEN
«MISER SUR LES PROCHAINES GENERATIONS AFRICAINES EST UNE PRIORITE ABSOLUE»
AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE EN RIZ EN 2017 AU SENEGAL
LE PLUS GRAND RISQUE C’EST DE NE JAMAIS RISQUER
MAME LESS CAMARA, PRESIDENT DU TRIBUNAL DES PAIRS
«UNE NOUVELLE PAGE DANS LA REGULATION EST OUVERTE»
En perspective - Par Bacary Domingo MANE
La voix de son maître
EN PERSPECTIVE – Par Mamadou Mika LOM
Force reste désormais au courage !
REVENDICATIONS DE MAGISTRATS-DECISIONS DE JUSTICE
Le difficile affranchissement
EN PERSPECTIVE
La fausse bonne mesure
 
 
 
 
   
 
 
 
Sud Quotidien Amitié II x Bourguiba BP : 4130 DAKAR Tél : (+221) 33 824 33 06 / (+221) 33 824 33 15 Fax : (+221) 33 824 33 22