10 ANS APRES LE 11 SEPTEMBRE
L’Amérique toujours sur ses gardes
Publié le 13/09/2011 | 07H45 GMT par Dame BABOU
 
Dix ans après les attaques du 11 septembre 2001, les Etats Unis d’Amérique continuent de vivre intensément les conséquences de ces attentats meurtriers. C’est dans unité politique, mais aussi dans la crainte de nouvelles attaques,  que le pays a commémore le 10 anniversaire.
 
Ce dimanche 11 septembre 2011, le président Barack Obama a présidé la cérémonie de commémoration  au World Trade Center ou les deux premiers avions détournés par les terroristes ont heurté les tours  jumelles qui constituaient le symbole de la toute puissance américaine dans le monde de la finance internationale. Obama était accompagné des autorités politiques et administratives qui étaient à l’époque en charge du dossier des attentats  à commencer par son devancier George W Bush.   

Après la cérémonie de New York, Barack Obama et son épouse  Michelle  se sont recueillis devant le mémorial construit  à Shanksville, en Pennsylvanie, là où s’est écrasé l’un des quatre avions utilisés par les terroristes pour leurs attaques. Cet avion que les autorités américaines avaient présenté comme une « bombe » était destiné soit à la Maison Blanche ou au Capitole, le siège du Congrès fédéral.

Durant toute la matinée de dimanche,  l’Amérique s’est souvenue, avec émotion,  de la mort des 2 753 personnes tuées au World Trade Center par ces attaques, les plus meurtrières de l’histoire du pays. Les membres des familles des victimes se sont relayés devant le podium pour citer un à un les noms de disparus. Et cette évocation était retransmise en direct par toutes les grandes chaines télévision du pays.

Si cette journée a été commémorée dans l’unité, elle a aussi rappelé à l’Amérique sa crainte et peut-être sa vulnérabilité malgré les « victoires » dans la guerre contre Al Qaida. « Victoires » dont la plus grande est la mort d’Ousama Ben Laden. Depuis au moins une semaine, toutes les polices américaines, fédérale, locales et municipales étaient en alerte pour préparer ce dixième anniversaire.

Le gouvernement américain a très tôt averti les Américains  de coups fils interceptés par les services d’espionnage qui annonçaient  des attaques imminentes pendant cette journée. New York étant la ville la plus visée par Al Qaida, le gouvernement local en rapport avec les fédéraux, a mis en place un dispositif de sécurité spécial. Les policiers et paramilitaires ont été visibles partout et en grand nombre. Les ponts, les autoroutes et les bouches de métro étaient particulièrement surveillés

Mais le changement le plus profond occasionné par le 11 septembre se trouve dans la confiance que les Américains avaient de la protection de leur territoire. L’Amérique doute depuis cette date tragique. Voilà un pays qui n’a presque jamais connu de guerre avec autre pays sur son sol comme théâtre d’opérations.  Et un beau jour, il se voit attaqué par surprise et perd plus 3000 de ces citoyens. Même l’attaque contre Pearl Harbor dans le Pacifique par l’armée japonaise qui a précipité  l’implication des Etats Unis dans la Seconde guerre mondiale n’avait fait autant de victimes.

Malgré le fait que les Etats Unis consacrent 4% de leur PIB (Produit Interieur brut) à la défense et que ce budget équivaut à six fois les dépenses militaires de l’ensemble des autres pays du monde, on s’est rendu compte que le pays de l’Oncle Sam était loin d’être préparé pour les défis d’après Guerre froide. Sitôt après les attaques, une commission nationale bipartite avait été mise sur pied. Les résultats des enquêtes ont donné des sueurs froides à tous les citoyens.

Non seulement la peur s’est installée dans les consciences, mais un grand débat s’est fait jour, pas encore conclu, concernant les valeurs morales du pays. L’Amérique s’est depuis toujours présentée comme une société où les libertés individuelles priment sur toutes les autres considérations. Après ce 11 septembre, le gouvernement Bush a exercé des pratiques qui étaient impensables auparavant. C’est ainsi que la torture par ce qui est qualifié Water Boarding ou simulation de noyade contre les suspects est autorisée dans les séances d’interrogatoires. L’actuelle administration a fini par qualifier cette pratique de torture, donc,  une violation d’une des conventions de Vienne qui interdit la torture, dont les Etats Unis est signataire. Ce qui en fait un acte pénal à responsabilité individuelle.

A cause du caractère pénal individuel qui rend celui qui l’ordonne passible de poursuites judiciaires, les responsables du gouvernement Bush ont initié une nouvelle pratique : l’ « outsoircing » de la torture. Des suspects appréhendés sont envoyés dans d’autres pays pour y être torturés. La découverte de documents en Libye confirme cette réalité que l’Amérique jamais approuvé avant les attentats.

Une autre de comportement d’un pays de démocratie prend sacré coup. Des suspects qualifiés de « combattants ennemis » sont détenus sans charge et sans jugement. Le camp de Guantanamo Bay situé à Cuba est le symbole de cette nouvelle physionomie d’une Amérique qui doute. L’atmosphère est tellement lourde que l’actuel locataire de la Maison qui avait annoncé la fermeture de ce camp a  été obligé de reculer sur ce point important pour les Droits humains.  

Washington a beaucoup perdu en termes d’image au niveau international. Sur le plan national, le 11 septembre a radicalement changé le paradigme des libertés individuelles.  Des écoutes téléphoniques et autres moyens de surveillance non autorisés par les tribunaux commencent à devenir des lieux communs dans les services renseignements.

Des milliers de citoyens sont espionnés à l’insu de la justice. A ce jour, Barack Obama qui avait pourtant bâti toute sa campagne en 2008 contre ces pratiques liberticides, n’a toujours pas trouvé de solutions acceptables aux yeux des défenseurs des droits  et libertés des citoyens.

Autre conséquence, les aéroports du monde qui envoient des avions en Amérique, de même que les vols intérieurs, ont subi les effets de la phobie sécuritaire qui s’est emparée des Etats Unis. Prendre l’avion en Amérique est devenu un exercice de fouilles systématiques par les services de sécurité du transport aérien.
Un autre groupe qui a également beaucoup souffert des dommages collatéraux est constitué d’émigrés. Juste avants ces événements tragiques, Bill Clinton qui était en phase terminale de son second et dernier mandat au Bureau Ovale avait introduit au Congrès fédéral une proposition de régularisation des millions d’illégaux présents sur le territoire américain. Dés l’avènement des actes terroristes, l’immigration est devenue un sujet tabou si ce n’est un sujet dont l’évocation déclenche l’hostilité de l’électorat contre tout politicien soupçonné d’être favorable aux immigrants.      
 
Pour les Africains qui vivent généralement dans les grandes métropoles comme New York, Chicago, Detroit, Atlanta etc. le 11 septembre a changé leur vie sur plusieurs aspects. Une grande partie de ces Africains sont dans des métiers tels que celui des chauffeurs de taxi, de porteurs de bagages dans les aéroports, de tresseuses ou de plongeurs dans les restaurants et hôtels etc.  Ces métiers qui ne nécessitaient pas beaucoup de vérification d’identité du travailleur sont devenus hors de portée des étrangers sans documents de résidence.

L’Etat de New York par exemple, qui était connu pour sa souplesse à accorder le permis de conduire aux visiteurs dont la durée de présence autorisée était au moins de six mois, a complètement revu sa copie et a éliminé cette « faveur ».  Non seulement elle n’existe plus, mais ceux qui en avaient profité pour devenir des chauffeurs ou pour être titulaires de comptes en banque, locataire d’une maison ou même tout simplement disposer d’une pièce d’identité, ne sont plus à même de renouveler la renouveler à la date d’expiration.

La plus importante conséquence pour le monde entier, est d’ordre économique. Bill Clinton avait quitté la Maison Blanche, en laissant une Amérique qui n’était pas dans une guerre « sérieuse ».  Le budget fédéral  avait un surplus de plus 150 milliards de dollars.

Dans l’atmosphère de peur  et de doute crée par le 11 septembre, l’aile droite du Parti républicain dirigée par George W Bush, qui n’avait pas digéré le fait que la première guerre du Golfe n’avait pas destitué Saddam Hussein, a trouvé le prétexte idéal  pour déclencher la deuxième guerre en Irak. Cette décision d’attaquer Bagdad était basée sur des informations reconnues aujourd’hui comme, en grande partie, fausses. Mais la situation de traumatisme était telle que les hommes politiques, même du côté des Démocrates, n’osaient pas aller à l’encontre de la décision de Georges W. Bush.

Cette guerre inopportune, combinée à celle plus justifiée, aux yeux de beaucoup d’observateurs,  menée en Afghanistan, a complètement englouti le surplus budgétaire légué par Clinton, avant de créer un déficit sans précédant de 1,5 billon de dollars (un billon de dollars = 1000 milliards de F Cfa).

Paradoxalement, c’est cet énorme déficit, que l’Extrême droite regroupée dans le Tea Party utilise aujourd’hui pour bloquer toutes les initiatives du président Obama sous prétexte qu’il faut reduire les dépenses bugdétaires. Ce groupe qui a gagné un grand nombre de sièges au Congrès lors des dernières élections législatives de mi-mandat prend en otage le Parti républicain lors des débats sur la dette américaine.

Cette droite radicale a rendu le débat tellement difficile que l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé la crédibilité du gouvernement américain en tant qu’emprunteur. Cette situation qui est le résultat des dépenses militaires d’après 11 septembre a provoqué une véritable panique boursière qui failli retourner l’économie mondiale dans la récession, voir la dépression.

Ousama Ben Laden est mort certes, son groupe Al Qaida est en lambeaux, le « Printemps Arabe » a produit de nouveaux instruments de lutte pour les jeunes Arabes qui constituent le vivier du terrorisme mondial. Mais nous sommes loin d’avoir analysé toutes les conséquences des actes terrorismes qui ont définitivement changé le monde tel que nous l’avons connu jusqu’au jour où les neuf militants d’Al Qaida ont utilisé les quatre avions de ligne pour en faire des bombes de destruction massive.  
 
 
Commentaires (1)
Posté par kouame, 2011-09-22T11:06:16+00:00  
jus des infomation des pays
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