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| BOURSES, AIDES, PLETHORE |
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| L’université de Dakar dans l’œil du cyclone |
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| Mamadou Mika LOM |
15/11/2012 | 15H50 GMT |
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| Après avoir vécu une année universitaire 2011-2012 chaotique du fait d’une longue grève des enseignants de huit semaines sur 25, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), la doyenne des institutions universitaires sénégalaises, est à nouveau dans l’œil du cyclone. Pour cause, le Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (SAES) qui attend en vain le traitement diligent de sa plate forme revendicative en instance depuis l’élection de Macky Sall à la tête du pays, le 25mars dernier, est sur le pied de guerre. De même, les étudiants pour qui la suspension du processus de renouvellement de trois de ses amicales de facultés, suite au climat de tension et d’insécurité installé par les listes candidates, a sonné comme un défi qu’il faut relever à tout prix. Et ces étudiants qui tiennent à ses structures comme à la prunelle de leurs yeux, sont prompts à se saisir de n’importe quel prétexte pour faire monter la tension qui était déjà à son comble depuis l’annonce officieuse de la remise en cause par les nouvelles autorités du pays de la généralisation des bourses et aides. |
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A l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) les signaux d’une nouvelle année universitaire marquée par de graves perturbations se font de plus en plus précis. Et les prémices de la tension sont si perceptibles que certains acteurs dont des doyens, le médiateur et quelques étudiants régulièrement inscrits dans l’institution en ont perdu le sommeil. Une situation à laquelle les nouvelles autorités du pays ne semblent pas pour autant accorder une quelconque importance alors qu’elles risquent d’en payer le plus lourd tribut. Et dans cette atmosphère marquée par la reprise du service des démons des perturbations, les étudiants ne semblent pas prêts à reculer devant une quelconque résistance surtout, disent-ils, quand on menace de remettre en cause leurs précieux acquis. Car qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, l’Etat se débrouille toujours pour payer les bourses et les aides. C’est en quelque sorte le prix de la paix sociale dans les universités. Peu importe souvent l’assiduité et les performances des allocataires.
C’est pourquoi depuis l’annonce faite à l’aube de la nouvelle alternance de revoir la généralisation des bourses et aides, les étudiants se préparent à une riposte. Ils considèrent que la mesure de la généralisation est un acquis de haute lutte datant du défunt régime du président Wade. Elle faisait suite aux violences survenues dans le campus en janvier 2001 et qui s’étaient soldées par la mort de l’étudiant en 1ère année de Droit Balla Gaye. Mais pour les nouvelles autorités qui ont besoin de rééquilibrer les finances de l’Etat, une telle mesure est qualifiée de pure aberration. Elle est même assimilée par certains comme une prime accordée aux partisans du moindre effort, et dont les conséquences se sont déjà traduites par une forte baisse de la qualité et du niveau de l’enseignement supérieur au Sénégal dont le produit a du mal à se faire accepter dans nombre d’universités étrangères, notamment occidentales. En témoigne le sort humiliant qui a été réservé en 2009 à un étudiant sénégalais postulant à un master dans une université française mais à qui on a fait subir une dictée de la classe de la 3éme du cycle moyen tellement il laissait planer des soupçons sur son niveau d’études. Toute chose qui n’était jamais arrivé aux sortants des universités et grandes écoles sénégalaises, avant l’avènement de la première alternance politique.
C’est pourquoi d’ailleurs les bailleurs de l’école sénégalaise n’avaient jamais apprécié cette mesure. Seulement, à cause de son enjeu politique, les anciennes autorités du pays n’avaient jamais osé revenir sur la décision, de peur de subir la colère des milliers d’étudiants et leurs parents. Car l’état de pauvreté est tel que pour beaucoup de parents, cette mesure est plus que salutaire, parce que permettant à leurs enfants d’étudier sans trop se faire de soucis quant à la prise en charge du loyer des chambres, des tickets restaurants, du transport et autres dépenses liées à l’achat des manuels. Cette généralisation des bourses et aides permet aux étudiants (toutes disciplines confondues) de percevoir chacun, selon sa catégorie, une bourse entière de 36 000F Cfa, soit presque l’équivalent du SMIG ; un tiers de bourse de 18 000F ; deux tiers de bourse de 24.000F. Et tous les étudiants ne bénéficiant pas de bourses ont droit à une aide annuelle de 60.000F.Cfa. Tandis que les étudiants en année préparatoire du Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA), eux, perçoivent 60 000 FCfa par mois. Un avantage qu’ils n’entendent perdre sous aucun prétexte surtout dans ce contexte marqué par un fort taux de chômage de diplômés ou pas, de l’ordre de 54 à 60% des bras valides du pays.
Les amicales, une véritable armée de salut pour les étudiants
Les amicales des facultés constituent pour les étudiants d’excellents cadres pour la défense de leurs intérêts. Mais quasiment démantelées par le recteur, ( seules 2 sur les 5 fonctionnent de manière régulière), les barons du cartel sont dans une situation de quasi rébellion. A juste titre d’ailleurs, car ces amicales ont longtemps constitué des concentrés de privilèges : quotas de chambres vendus à prix d’or, (300 à 600. 000 F la chambre ; quotas de bourses d’environ de 300 à 400 par an et par faculté, des menus spéciaux, pendant les mois de ramadan réservés à certains responsables d’amicales dont la facture peut atteindre les deux millions le mois), etc.
Des privilèges qui leur sont souvent accordés par les autorités du Coud et des décanats qu’ils ont réussi à terroriser. Une réalité que ne démentira certainement pas un des chefs de départements de la faculté des Lettres qui doit son salut lors d’une récente descente d’un commando issu des rangs de cette armée, à ses cordes vocales.
Et ce sont les mêmes amicales qui s’étaient récemment opposées au déguerpissement des étudiants des pavillons préfabriqués qui allaient être démolis. S’il est vrai que la décision est finalement passée, les responsables des amicales qui s’y étaient opposés ne sont pas prêts à pardonner aux autorités du Coud de leur avoir infligé un tel revers. D’ailleurs, un des responsables de ces amicales qui surestime son autorité sur le cours des choses dans le campus, se fait appeler « général » et ses acolytes des lieutenants et des capitaines. Ils portent tous des tenues, à la militaire. Ils règnent comme une armée dans le campus, au vu et au su de tous. Heureusement, le principal responsable de cette bande est sous les verrous depuis quelques semaines. C’est hier mercredi 14 octobre qu’il devait comparaitre face à cinq chefs d’accusations avec le risque d’écoper de dix ans de prison. C’est-à-dire deux ans pour chaque chef d’accusation.
Etudiants et enseignants : une coalition de feu
Pour sa part, le Syndicat autonome des Enseignants du Supérieur (SAES) n’entend pas entamer la nouvelle année universitaire 2011-2012 avant le règlement des problèmes liés aux infrastructures d’accueil et aux urgences pédagogiques. Pourtant, à en croire Seydi Ababacar Ndiaye, le patron du syndicat, personne ne les entendra parler cette année de grève. La vérité c’est que le syndicat va initier une nouvelle stratégie «action-réaction et coup sur coup ». Une stratégie qu’il considère comme une suite logique de la pause syndicale qu’ils avaient observée à la veille et au lendemain de l’élection présidentielle, pour permettre au nouveau Président de s’installer et de mettre en place son équipe. N’ayant rien obtenu de concret depuis sept mois que le nouveau pouvoir est en place, le SAES ne trouve aucune autre alternative que celle de continuer la lutte.
Ainsi les enseignants du supérieur sont-ils en fait d’ « accord » pour ouvrir les universités après les examens dans les différentes facultés (examens qui ne sont toujours pas terminés), soit probablement d’ici la fin du mois de novembre. Mais ils prévoient également d’organiser une campagne d’information en direction de tous les segments de la société afin d’informer sur le calvaire que vivent les enseignants et les étudiants dans les universités sénégalaises où le dénuement est total. Ils disent qu’ils ne peuvent plus continuer à se surcharger d’heures complémentaires pour compenser le recrutement au compte goutte du gouvernement. Et selon eux, leurs collègues sont épuisés et le rythme infernal des cours fragilise leur santé. Entre autres revendications, ils remettent sur la table la question de la finition de la 2éme cité des enseignants sise à « Fenêtre Mermoz », le paiement des heures complémentaires, la réforme des titres toujours dans le circuit des visas. Et lors de son dernier conseil syndical, le SAES a mis en garde le nouveau pouvoir contre toute tentative de réduction du budget de l’Université et exigé le règlement définitif des problèmes d’accueil dans toutes les universités, au risque d’aller droit vers l’asphyxie des universités dont les conséquences seront incalculables, soutiennent-ils.
30 000 nouveaux bacheliers : l’asphyxie se précise
La question de l’accueil constitue un des problèmes majeurs des universités sénégalaises, particulièrement l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) qui étouffe avec des effectifs pléthoriques estimés à quelque 75 mille étudiants. La faculté des Lettres et Sciences Humaines bat tous les records avec 27 à 30mille étudiants. C’est dire en fait qu’il n’y a plus de place pour accueillir de nouveaux étudiants. Aux dires du leader du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES), cette situation chaotique conforte son organisation dans son alerte permanente aux autorités pour leur demander de trouver des solutions pérennes aux problèmes d’accueil. Il se demande d’ailleurs où devront être orientés les 30.000 nouveaux bacheliers de cette année. Un effectif auquel il faut ajouter les 12 à 15 000 bacheliers de l’année dernière qui n’avaient pas pu être orientés faute de place.
Contrairement d’ailleurs à leurs collègues qui, après de nombreuses manifestations devant les grilles du palais de la République et devant le ministère de l’Enseignement supérieur, avaient été orientés à deux jours du démarrage des épreuves du second semestre. Des étudiants qui étaient envoyés tout bonnement à l’abattoir avec la certitude qu’ils ne réussiront pas à leurs examens parce qu’ils n’avaient suivi aucun cours.
Pour éviter de retomber dans les mêmes travers, le Médiateur a déjà proposé quelques pistes dont l’acceptation par les autorités de la faculté des Lettres et Sciences humaines d’inscrire les 7 000 nouvelles demandes qui leur sont adressées et de répartir le reste dans les autres facultés et écoles de formation. Mais ce que le Médiateur ne dit pas, c’est le sort qui sera réservé à quelque 300 voire 400 nouveaux bacheliers nés entre 87 et 89 qui ne seront pas autorisées à inscrire à cause du problème de l’âge. Or il était de règle que tous les bacheliers sont orientés dans les différentes facultés des universités sénégalaises. Mais cette année, les autorités sont décidées à brandir la condition qui figure dans le texte qui régit les orientations, à savoir qu’elles se feront à concurrence du nombre de places disponibles.
C’est en somme que le climat est si chargé dans les universités Sénégalaises qu’il y a urgence, selon le Médiateur de l’Ucad de « désamorcer la bombe dont personne ne peut mesurer la conséquence ». Un grand défi donc à relever pour le nouveau ministre de l’enseignement supérieur qui lui-même appartient à cette communauté.
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| CASAMANCE : VENT D'ESPOIR POUR LA LIBERATION DES NEUF DEMINEURS |
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| Accord scellé |
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