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Nomination du premier ministre de consensus, entraves au processus de sortie de crise
LA CEDEAO ANNONCE DES SANCTIONS POUR LA PAIX EN GUINEE-BISSAU
Ibrahima DIALLO | 07/02/2018 | 09H46 GMT
 
La Communauté économique des Etat de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) presse les acteurs de la crise politique en Guinée-Bissau. Constatant le non respect de l’Accord de Conakry relatif à la «nomination du Premier ministre de consensus», la Commission de la CEDEAO annonce, pour compter du jeudi  1er février 2018,  la mise en place de «sanctions collectives et individuelles», à l’encontre de toutes les «personnes ou organisations qui entravent le processus de sortie de crise en Guinée-Bissau». Elle en appelle au soutien de l’Union Africaine (UA), l’Union Européenne (UE) et des Nations-Unies (ONU) pour l’application effective de ces sanctions qui sont à définir. 
 
Les acteurs de la crise politique et institutionnelle en Guinée-Bissau ont intérêt à s’accorder sur la nomination d’un Premier ministre de consensus, conformément à l’Accord de Conakry, au risque de se voir infliger des sanctions par la  Communauté économique des Etat de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans un communiqué rendu public à cet effet et relayé par Afrique Performance avant-hier, lundi 05 février 2018, la Commission de la CEDEAO annonce, pour compter du jeudi  1er février 2018,  la mise en place de «sanctions collectives et individuelles», à l’encontre de toutes les «personnes ou organisations qui entravent le processus de sortie de crise en Guinée-Bissau».

L’annonce de la mise en application effective de sanctions fait suite à une mission de paix dépêchée à Bissau, les 31 janvier et 1er février 2018, à la demande du président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République du Togo. Et, dans un communiqué rendu public le 1er février 2018, la délégation de haut niveau de la CEDEAO a fait constaté que «la nomination du Premier ministre de consensus telle que préconisée par l’Accord de Conakry n’a pas été respectée».
 
En effet, au terme des deux jours de rencontres et d’échanges qu’elle a eus avec les différentes parties prenantes de la crise, la mission a constaté que la nomination du Premier ministre de consensus telle que préconisée par l’Accord de Conakry n’a pas été faite. Or, pour la mission de la CEDEAO, «sans l’application intégrale de l’Accord de Conakry, notamment la nomination d’un Premier Ministre de consensus et la formation d’un Gouvernement inclusif, les conditions politiques idoines ne sont pas réunies pour l’organisation d’élections crédibles, inclusives et apaisées».
 
L’UA, L’UE ET L’ONU SAISIES POUR L’EFFECTIVITE  DES SANCTIONS… A DEFINIR
 
Selon la source, la Mission a également déploré la violation des libertés démocratiques consacrées par la Constitution de la Guinée-Bissau, ainsi que les instruments juridiques de la CEDEAO, de l’Union Africaine et des Nations Unies. C’est pourquoi, exhortant les Forces de défense et de sécurité de la Guinée-Bissau à garder la neutralité à l’égard des acteurs politiques, la mission invite l’Union Africaine (UA), l’Union Européenne (UE) et les Nations-Unies (ONU) à soutenir la CEDEAO dans l’application effective des sanctions qui sont à définir.
 
Conduite par le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine de la République Togolaise, Pr Robert Dussey, et comprenant également Naby Youssouf Kiridi Bangoura, ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République de Guinée, représentant le Médiateur de la CEDEAO pour la Guinée-Bissau ainsi que Marcel de Souza, président de la Commission de la CEDEAO, la délégation a pour objectif principal de «procéder à l’évaluation de la mise en œuvre des Accords de Conakry et de Bissau».
 
Déjà, lors d’une session extraordinaire tenue à Addis Abéba en Ethiopie, le 27 janvier 2018 (en marge de la réunion au sommet de l’UA) rappelle-t-on, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, a invité les parties Bissau-guinéennes à appliquer l’Accord de Conakry, faute de quoi «des sanctions collectives et individuelles seront appliquées dès le 1er février 2018 à l’encontre de toutes les personnes ou organisations qui entravent le processus de sortie de crise en Guinée Bissau». La Conférence a également mandaté le président de la Commission pour mettre en œuvre lesdites sanctions. Un comité de suivi des sanctions composé du Togo, de la Guinée et de la Commission de la CEDEAO, a été mis en place à cet effet, précise la source.
 
Depuis plusieurs années, la Guinée-Bissau est confrontée à une crise politique dont les fondements historiques, les dimensions sociologiques et implications économiques vont au-delà de la Guinée-Bissau et interpellent l’Afrique dans son ensemble.
 
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