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SENEGAL
La longue marche vers l'autosuffisance en riz
01/02/2013 | 02H01 GMT
 
Au Sénégal, la consommation en riz a fortement augmenté, ces dernières années, du fait de la croissance démographique et de l’urbanisation qui renforcent la demande en riz. Le Sénégal consomme, en moyenne, un million de tonnes de riz blanc, par an. La production locale reste très faible pour couvrir correctement ces besoins. Selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture, la moyenne sur ces 5 dernières années tourne autour de 302.000 tonnes de riz blanc. La vallée du fleuve Sénégal fournit, en moyenne, 65% de cette production.
 
Pour combler le déficit entre la production locale et les besoins nationaux, en matière de consommation de riz, le Sénégal fait recours aux importations, essentiellement composées de brisures, provenant de pays asiatiques, pour la plupart. Notre pays figure ainsi parmi les plus grands importateurs de riz en Afrique de l’Ouest, le 2ème, plus exactement, après le Nigéria. Les importations contribuent à hauteur de 80% dans la satisfaction des besoins nationaux en riz. Elles ne sont pas sans effets sur le déficit de la balance commerciale de notre pays puisqu’elles occasionnent des pertes en devises de l’ordre de 150 milliards par an et contribuent, en moyenne, sur ces 16 dernières années, à hauteur de 16% sur le déficit de la balance commerciale. Face à cette situation, la relance de la production rizicole devient plus qu’une priorité, pour nos autorités.

Pourtant les actions publiques de développement rural, portées par une politique rizicole volontariste, se sont succédées pour valoriser surtout la région du fleuve disposant d'un réel potentiel productif, lié principalement à une ressource en eau abondante. Elles se sont traduites, à la fin des années 60, par une politique d’investissements importants pour la maîtrise de l’eau avec la construction d'infrastructures hydrauliques et la réalisation de grands périmètres hydro-agricoles mais, également, par la vulgarisation de techniques de production "modernes" issues de la recherche agronomique tropicale et des acquis de l'agriculture européenne. Sous le magistère du Président Abdoulaye WADE, le Gouvernement a mis en œuvre d’importants programmes d’amélioration, de renforcement et de modernisation de la production agricole.

En réponse à la crise financière mondiale de 2008, qui s’est traduite par une hausse généralisée des prix et ses conséquences sur l’approvisionnement en produits alimentaires, l’ex Président avait lancé, en avril 2008, la Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA). Ce programme avait pour objectif de relancer les productions agricoles nationales pour assurer la sécurité alimentaire avec, comme action phare, le Programme National d'Autosuffisance en Riz (PNAR) accompagné d’une stratégie nationale. Ce programme s’était fixé comme objectif, à l’horizon 2012, d’atteindre une production de 1,5 millions de tonnes de Paddy, soit près d’1 million de tonnes de riz blanc. Malgré les importantes ressources mobilisées dans la mise en œuvre de ces politiques, l’objectif de l’autosuffisance en riz est encore loin d’être atteint.

Avec l’arrivée des nouvelles autorités, au lendemain de l’élection présidentielle du 25 mars 2012, la problématique de la relance de notre agriculture s’invite à tous les débats. L’agriculteur figure en bonne place parmi les priorités dégagées dans le programme "Yonu Yokuté" de son Excellence, le Président Macky SALL. Le Gouvernement semble prendre l’option de régler définitivement la question de l’autosuffisance en riz. Le Premier Ministre a déjà annoncé les ambitions de son Gouvernement, lors de sa déclaration de politique générale du 10 septembre 2012. L’objectif est de produire 1,6 millions de tonnes de paddy d’ici 2018 avec 250.000 ha emblavés, à terme. Le conseil interministériel tenu, le 31 juillet 2012, a retenu les mêmes objectifs.  Le Ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, nouvellement nommé, semble être plus ambitieux que son chef de Gouvernement. Abdoulaye BALDE promet l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, à l’horizon 2017. Pour le Ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, l’option de l’Etat sera de mettre l’accent sur l’apport du secteur privé national et international pour atteindre cet objectif. Il a annoncé, pour ce programme, un investissement de plus de 800 milliards de nos francs.

Les cadres de l’APR, réunis récemment lors d’un dîner-débat présidé par le Premier Ministre et qui portait sur le thème : "Stratégies de mise en œuvre de la politique agricole du programme Yoonu Yokkute", proposaient un programme global avec un investissement de 683 milliards par an, pendant 5 ans. L’objectif visé pour la riziculture sera de produire de 2 millions de tonnes de riz blanc, soit le double de l’objectif annoncé par le Gouvernement et sur un échéancier plus court. Ce qui, en mon sens, relève de l’utopie. L’idée de proposer la création de 45 centres de formation agricole n’est pas non plus, inspirée par les réalités du terrain. En effet, en matière de formation et d’appui conseil, le dispositif institutionnel existe déjà. Les structures à la base ont juste besoin d’un renforcement de leurs moyens d’intervention. Il nous faut surtout, à mon avis, repenser totalement la politique de formation professionnelle et universitaire pour la mettre en adéquation avec les grands défis à relever.

Ainsi, malgré la volonté affichée par les autorités, il y a nécessité, d’harmoniser, au plus haut sommet de l’Etat, les positions sur cette question et d’éviter le foisonnement débridé de structures dans les réponses à apporter. C’est aussi le moment de mener une réflexion approfondie pour la mise en place d’une véritable politique agricole.

Si nous revenons brièvement sur le bilan du PNAR1, 27.000 ha ont été réhabilités dans la vallée du fleuve Sénégal (VFS) sur un objectif de 39.000 ha, soit un taux de réalisation de 70%. En termes d’investissement seuls 58% des financements (10,3 milliards) ont été mobilisés, concernant les travaux de réhabilitation. Par rapport aux nouveaux aménagements, le PNAR 1 avait prévu de réaliser, en zone irriguée, 65.720 ha dont 55.720 dans la VFS et les 10.000 ha dans le bassin de l’Anambé. Seuls 1.850 ha ont été réalisés dans la VFS, grâce à l’appui des partenaires techniques et financiers. Le budget de l’Etat n’a pas pris en compte ce volet, pendant toute la période de mise en œuvre du programme. Sur la période 2007-2011, les emblavures en riz au niveau de la VFS tournent, en moyenne, autour de 52.000 ha. La production sur cette même période est estimée, en moyenne, à 330.000 tonnes de paddy, en zone irriguée (y compris le bassin de l’Anambé) et à 452.000 tonnes au plan national (y compris le riz pluvial). (CF bilan PNAR 1). Ce chiffre est loin de l’objectif de 1.600.000 tonnes qui était fixé.

En plus du bilan chiffré, le bilan diagnostic du PNAR1 devrait, à mon avis, mettre l’accent sur l’analyse des vraies raisons des contreperformances enregistrées. Ce bilan devrait impliquer l’ensemble des acteurs qui tournent autour de la filière afin que tous les goulots d’étranglement soient identifiés. Les responsabilités des uns et des autres doivent être situées, les leçons tirées et des perspectives dégagées.

Le PNAR révisé, préparé par les nouvelles autorités vise une production de 1.600.000 tonnes de paddy, soit environ 1 million de tonnes de riz blanc, en 2018, pour atteindre l’autosuffisance alimentaire en riz. Les 69% (1.100.000 tonnes de paddy) sont attendus de la riziculture irriguée dont 950.000 tonnes dans la VFS.  Ceci nécessitera beaucoup d’investissements pour la réfection et la réhabilitation d’une bonne partie des superficies aménagées mais aussi la création de nouveaux aménagements. L’option de l’Etat de s’appuyer sur le secteur privé est clair et précis. Nous saluons la volonté des nouvelles autorités de s’appuyer sur l’agriculture comme véritable levier de développement et partageons l’option d’aller vers l’autosuffisance alimentaire en riz. Le Sénégal dispose de tous les atouts pour réaliser l’objectif de l’autosuffisance en riz si les politiques publiques sont bien conçues et les programmes qui en découlent exécutées correctement.

Les objectifs intermédiaires qui sont fixés (surtout pendant les premières années de mise en œuvre) en termes d’emblavures et de productions sont à mon avis irréalistes. Le programme prévoit, pour 2013 presque 100.000 ha d’emblavures (98.800 ha, pour être plus précis). Or, pour cette année (2012) qui est même une année record dans la production, les emblavures dans la VFS tournent autour de 60.000 ha, en deux saisons. Le Ministère doit non seulement se fixer des objectifs beaucoup plus réalistes mais travailler en collaboration avec l’ensemble des acteurs, pour lever un certain nombre de contraintes dont :
 
Le financement des investissements.
 
Sur le financement des investissements, l’Etat mise trop sur l’apport du secteur privé. Certes le privé (surtout national) commence à s’intéresser, ces dernières années, à la riziculture mais je reste sceptique quant à son engagement et sa volonté à mobiliser des financements aussi conséquents dans une zone où les conflits persistants sur le foncier constituent la principale entrave au développement de l’Agro-business. D’où la nécessité d’entamer, dans les plus brefs délais, les discussions sur les réformes foncières. Nous saluons, au passage, la nomination d’une personne à la tête de la commission chargée de piloter ce processus.
 
Le renforcement des capacités productives
 
par la réhabilitation des anciens aménagements, la réalisation de nouveaux aménagements et l’élargissement des zones de production de riz par la réalisation d’ouvrages de retenue et de bas-fonds et l’introduction de nouvelles variétés comme le NERICA. A cet effet, l’Etat doit prendre l’option d’investir le maximum de ressources publiques dans le financement des investissements. Et dans un tel programme, les organisations de producteurs, à travers les exploitations agricoles familiales, ne doivent pas être laissées en rade. Ces exploitations agricoles familiales assurent l’essentiel de la production rizicole du Sénégal et sont en mesure de produire plus de la moitié des besoins du Sénégal en riz, si leurs capacités de financement sont renforcées et des aménagements adéquats mis à leur disposition. Les rendements des paysans de la vallée qui tournent autour d’une moyenne de 8 tonnes par ha sont parmi les meilleurs au monde.
Pour l’approvisionnement en engrais, l’Etat devra veiller à ce que les organisations de producteurs y accèdent à temps, à bon prix, en qualité et quantité requises. La réhabilitation des ICS/SENCHIM doit être une priorité, afin de lui permettre de retrouver sa pleine capacité de production et de satisfaire le marché national.
 
La disponibilité de semences certifiées en quantité suffisante.
 
Un tel programme nécessite qu’on ait, en amont, des semences certifiées, en quantités suffisantes. Or, l’expérience a montré que pendant les années de mise en œuvre du PNAR 1, les besoins en semences certifiées n’ont jamais pu être satisfaits. Le taux de satisfaction des besoins en semences certifiées dépassait rarement 50%. Le gap était résorbé par des semences non certifiées, ce qui peut impacter négativement sur la productivité. Le nouveau programme doit accorder un volet important à la multiplication de semences certifiées, en quantité suffisantes. Une expérience est en cours avec l’appui de l’Union Européenne (Programme Facilité Alimentaire) qui a financé, à travers l’ASPRODEB, la mise en place de plusieurs Coopératives de Producteurs de Semences de Riz tant dans la Vallée du Fleuve Sénégal qu’en Casamance. Cette expérience mérite d’être consolidée pour assurer aux différents producteurs un bon approvisionnement en semences certifiées.
 
L’équipement en matériel agricole
 
Pour réaliser les objectifs que s’est fixé le programme, il devient impératif d’améliorer significativement le niveau d’équipement des exploitations. La nouvelle dénomination du Ministère de l’agriculture et de l’équipement rural traduit une volonté affichée des nouvelles autorités d’apporter des réponses durables au problème de l’équipement du monde rural.
Le Président de la République, dans son message de nouvel an adressé à la Nation, a annoncé l’achat, en 2013, de 1.000 tracteurs. Mais, là encore, ce n’est pas avec ce genre de mesures qu’on arrive à régler définitivement le problème. Les tracteurs achetés sous le régime de WADE et distribués dans le monde rural n’ont pas beaucoup servi aux agriculteurs. Ils étaient presque inaccessibles aux petits paysans et souvent inadaptés aux types de sol, dans certaines zones agro-écologiques.

Le rôle de l’Etat devrait être, de travailler, à travers ses structures décentralisées de suivi du secteur et d’appui conseil, avec l’ensemble des acteurs, sur un programme d’équipement du monde rural basé sur les besoins exprimés par les producteurs eux-mêmes (besoins en petit matériel, pour l’essentiel). Ce programme doit être accompagné d’un mécanisme de financement adapté, cohérent et accessible aux producteurs. Chaque producteur, à travers son organisation, pourra, dans ce cas, accéder à un financement (avec une subvention de l’Etat) et disposer des équipements qui lui conviennent. Cela éviterait d’avoir des cimetières de tracteurs comme il en existe un peu partout dans le pays.
 
Les contraintes liées à la commercialisation
 
La filière est confrontée à des difficultés structurelles chroniques liées à la commercialisation, et ceci, depuis la libéralisation. L’organisation de la commercialisation du paddy et du riz blanc a toujours posé problème aux acteurs de la filière. Les difficultés rencontrées par les producteurs à écouler leurs productions dans les délais acceptables par le système de financement et au meilleur prix constituent une contrainte à la double culture du riz puisqu’elles affectent leur solvabilité et, du coup, leur capacité de financement de la production. Les commerçants (importateurs, grossistes), intéressés par la distribution du riz local, rencontrent généralement des difficultés liées au regroupement de l’offre et sa disponibilité en temps continu.

Ainsi la disponibilité du riz local au niveau des marchés reste aléatoire. La demande de riz local souffre également de la perception assez négative des consommateurs envers le riz local, du fait notamment de la mauvaise qualité du riz local notée dans le passé (présence de poussières, de cailloux, hétérogénéité des grains dans un même sac, etc.). Sur le plan institutionnel, l’Etat a appuyé la création (depuis 2010) de la Société de Promotion et de Commercialisation du Riz du Sénégal (SPCRS) dont le capital est détenu par les importateurs, les producteurs agricoles et les industriels/transformateurs. Pour le moment, les activités de cette société ne se font pas trop sentir sur le terrain. Une étude, que j’ai réalisée récemment sur l’analyse du comportement de consommation des ménages en riz, révèle que la qualité est le premier critère de choix pour les consommateurs, viennent ensuite sa disponibilité (présence du riz dans les points de ventes fréquentés) et enfin prix. La qualité du riz s’est nettement améliorée, ces dernières années, grâce à l’implantation d’unités modernes de transformation. Il s’agit, à présent, de corriger la perception des consommateurs qui ne cessent de manifester leur préférence au riz importé. La même étude a aussi montré que le riz n’est pas accessible à la grande majorité des ménages parce que sa disponibilité dans les points de vente les plus fréquentés (grossistes et boutiques de quartier, boutiques de marché) reste problématique. Cette situation est liée, en partie, aux difficultés notées, en amont, dans la collecte et la consolidation du paddy par les unités de transformation. Celles-ci font aussi face au manque de moyens financiers leur permettant de s’approvisionner correctement en Paddy.

Pour lever toutes ces contraintes liées à la commercialisation, il est important d’agir sur certains leviers :
Améliorer tout d’abord la qualité du riz local en mettant l’accent sur l’homogénéité dans le calibrage, autrement dit dans un même sac de riz, l’on doit y trouver des grains de même calibre : soit du riz entier, soit du riz semi brisé ou du riz 100% brisé. Il est important de tenir compte des besoins des consommateurs en mettant sur le marché des variétés parfumées. Le conditionnement doit être amélioré en utilisant des emballages de qualité avec un label reconnu mais aussi privilégier les formats les plus achetés (50 et 25 kg).
 
Améliorer la distribution du riz local
 
A ce niveau, l’accent doit être mis sur la collecte et le regroupement de la production de paddy en encourageant la création de structures privées, spécialisées dans la collecte et la commercialisation du paddy. Ces structures peuvent êtres des coopératives, GIE ou autres. Des milliers d’emplois peuvent être créés, à ce niveau, pour les jeunes, si on s’appuie sur le FONGIP pour leur faciliter l’accès à des financements destinés à la commercialisation. Les pouvoirs publics doivent accompagner les acteurs à disposer de magasins afin d’améliorer les capacités et les conditions de stockage du riz paddy. Le riz blanc transformé doit être commercialisé en utilisant, avec une forte implication des commerçants, le même circuit de distribution que le riz importé et en insistant sur la disponibilité du produit dans les points de ventes les plus fréquentés par les consommateurs.
 
Renforcer la communication et la promotion sur le riz local
 
L’accent doit être mis sur la création, par les commerçants ou importateurs, de marques de riz locales, accompagnées d’une forte campagne de marketing et de promotion. L’Etat, avec l’appui de ses partenaires, devra accompagner ces initiatives à travers des campagnes de promotion et de sensibilisation, pour un changement de comportement.
Enfin, l’Etat doit appuyer les différents acteurs de la filière riz dans un processus de mise en place progressive d’une interprofession, au Sénégal. Cette interprofession serait un cadre d’échanges et de partage des différentes questions d’intérêt commun liées à cette filière afin de trouver tous les points de convergence permettant un développement harmonieux et concerté de la filière riz au Sénégal. Cette question est confortée par l’un des Décrets d’application de la Loi d’Orientation Agro-Sylvo pastorale (LOASP) à savoir : Décret N° 2008.1260, du 12 novembre 2008, instituant les modalités de reconnaissance, d’organisation et de fonctionnement des Organisations Interprofessionnelles Agricoles (OIA).
 
Par Serigne Mbacké HANE
Agro-économiste
haneserigne@yahoo.fr
 
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