| WADE CONTRE M23 A THIES |
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| La stratégie de l’étouffement |
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| Publié le 09/02/2012 | 01H33 GMT par Malick NDAW
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| Entre l’esplanade de la Place de France hautement sécurisée où le président Wade tenait son meeting et les autres artères de la ville, on a vécu dans deux mondes différents à Thiès, ce mercredi 08 février 2012. |
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En venant chasser sur les terres du M23 qui avait prévu d’organiser une marche le même jour du mercredi 08 février 2012, Me Wade prenait certainement un risque. Mais un risque contenu. La recette était simple : Mobiliser très tôt le maximum de policiers et les déployer massivement dans la ville de Thiès en prenant bien soin de ceinturer la Place de France avec un rideau d’hommes en tenue, armés. A tous les carrefours de la ville, les forces de l’ordre ont montré les biceps. C’est la « stratégie de l’étouffement ». Et ça a fait mouche. Du coup, l’autorisation accordée au M23 d’organiser leur marche les confinait à la périphérie avec un itinéraire précis. Pourvu que les marcheurs ne s’approchent pas de la messe « bleue ».
Une marche pacifique qui devait démarrer à 16 heures dans une procession qui devait ainsi mener le mouvement du lycée Malick Sy au rond-point Concordre, en passant par le rond-point Normandie. Mais une marche qui, à peine entamée, a été stoppée net par les forces de l’ordre, dispersant ainsi la manifestation. Motif invoqué, les marcheurs auraient voulu changer d’itinéraire. L’adjoint au Maire, Yankhoba Diattara, lui, parle de « provocation ». Il faut dire que même les permanences des partis politiques dans la ville de Thiès étaient surveillées comme du lait sur le feu, avec des policiers en faction devant les entrées.
Provocation, la presse en tout cas y a eu droit quelques heures plus tôt dans le quartier de Simal. Passage obligé pour le candidat Wade pour se rendre à Baghdad, un quartier situé plus loin, cité religieuse fondée il y sept ans et fief du marabout Serigne Khadim Gaydel Lo qui devait le recevoir, après un périple qui l’a mené à Kayar, Diamaguene, Medina Fall, entre autres cités religieuses, Simal a été le théâtre de mouvements de violence entre grandes lacrymogènes, jets de pierre et pneus brûlés sur la route. Des jeunes du quartier voulaient ainsi barrer la route à Wade qui, selon certains d’entre eux, « n’a rien à faire à Thiès ».
Un groupe de journalistes de Walf, Sud, l’Obs, Rewmi, a eu le tort d’avoir été présents sur les lieux, du moins pour le « responsable » présumé d’And Jef- Pads qui, pendant presque une bonne heure, a empêché ces derniers de faire correctement leur travail et ce juste sous les yeux des forces de l’ordre qui n’ont pas bougé le moindre doigt, alors que le bonhomme vociférant comme un possédé, cachait sur ses flancs une arme blanche. C’est seulement après l’intervention du Commandant de brigade sur appel de notre consoeur de Walf que le présumé « responsable politique » qui jurait que « personne ne fera ici un reportage qui nous est défavorable au risque d’y laisser sa vie », que les hommes en tenue ont daigné réagir. Ces derniers n’ont pas hésité, quelques minutes auparavant, dans le feu de l’action, à balancer des grenades lacrymogènes dans les maisons qui se situent sur le bord de la route. Cela augurait de la tension palpable qui régnait dans la capitale du rail, ce mercredi 8 février.
De l’autre côté, sans bouder son plaisir, Wade mettait les petits plats dans les grands et buvait du petit lait devant un millier de personnes venus le voir et l’écouter. Il n’aura cependant pas eu le plaisir de faire un dernier crochet chez le marabout Serigne Saliou Touré, les jeunes manifestants ayant remis ça sur l’avenue Malick Sy par laquelle devait passer le cortège du candidat des FAL2012.
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