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Khalifa Ababacar Sall sur l’utilisation des fonds de la caisse d’avance
«LA VILLE DE DAKAR A TOUJOURS FINANCE LES MOBILISATIONS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE LORS DES VISITES DE CHEFS D’ETATS ETRANGERS JUSQU’EN 2012»
Nando Cabral GOMIS | 08/02/2018 | 09H37 GMT
 
Invité par l’agent judiciaire de l’Etat à revenir sur les conditions de création de la caisse d’avance, Khalifa Sall assure que ce sont les autorités de l’époque notamment, Lamine Gueye et ses collègues à la ville de Dakar qui ont fait la démarche auprès du Président Senghor pour la reconduction de ces fonds créés par le pouvoir colonial à la ville de Dakar. Poursuivant son explication, il a révélé que ces fonds politiques servaient depuis l’indépendance jusqu’à 2012 à financer certaines activités du président de la République, appuyer les autorités religieuses lors de leurs manifestations, financer les dépenses de sureté et de sécurité mais aussi sociale. «La caisse d’avance a toujours financé les mobilisations du président de la République à Dakar de l’indépendance à 2012 lors des visites chefs d’Etat étrangers au Sénégal», insiste encore le député-maire de Dakar, Khalifa Sall.
 
Prenant à nouveau la parole, Antoine Felix Diome lui demande alors pourquoi donc, le Daf faisait appel aux factures du Gie Keur Tabar sachant qu’il s’agissait des fonds politiques mis à la disposition du maire. Khalifa Sall répond : «C’est en 1996, quand la tutelle a été supprimée que ce mécanisme de justification a été instauré par l’Etat à travers le percepteur municipal. C’est l’Etat qui a voulu mettre en place ce dispositif, mais il (l’Etat) a dit qu’il n’en voulait plus, il a décidé de sa suppression en 2012». Cependant, Khalifa Sall s’est refusé de citer le nom des personnes bénéficiaires de la caisse d’avance. 
 
Le malaise de Me Yérim Thiam
 
L’ancien bâtonnier, Me Yérim Thiam non moins doyen et coordonnateur des avocats de l’Etat dans le cadre de cette affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, a fait hier, un petit malaise aux environs de 10 heures et 36 minutes alors que Khalifa Sall répondait aux questions de l’agent judiciaire de l’Etat, Antoine Felix Diome au sujet de la création et du fonctionnement de la caisse d’avance de la mairie de Dakar. Le président du tribunal a alors décidé une suspension de l’audience pour permettre à Me Yérim Thiam qui n’a pas quitté la salle de reprendre ses esprits. A la reprise de l’audience, à 11 heures 20, Me Thiam a pris la parole pour remercier le tribunal, mais aussi ses confrères pour leur compréhension. Fermant cette parenthèse, le juge Malick Lamotte, président du tribunal après avoir demandé à l’avocat s’il allait bien maintenant, a souhaité à cette dernière bonne santé.
 
Khalifa Sall tient à son «Ababacar»
 
Le député-maire de Dakar a fait savoir hier, lors de sa deuxième journée d’audition devant le tribunal de grande instance, statuant en matière correctionnelle dans le cadre de l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar qu’il tenait à son deuxième prénom. Alors qu’il répondait aux questions d’un des avocats de l’Etat en l’occurrence Me Boubacar Cissé, le député maire de Dakar soulignant à l’endroit de la robe noire. «J’ai remarqué tantôt vous dites Khalifa Ababacar Sall, tantôt vous vous limitez à dire Khalifa Sall, déclare «Ababacar, j’y tiens parce que c’est mon homonyme» sous les claquements de doigts de ses inconditionnels. 
 
KHALIFA SALL SUR L’ORIGINE DES DÉBOIRES JUDICIAIRE : «Le pouvoir central a toujours éprouvé le besoin de contrôler le maire de Dakar»
 
Le député-maire de Dakar a révélé hier, lors de son audition devant le tribunal de grande instance statuant en matière correctionnelle dans le cadre de l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar avoir vécu un début de mandat très difficile à la tête de la ville de Dakar en 2009. Répondant aux questions des avocats de l’Etat notamment Me Yérim Thiam qui lui faisait remarquer pourquoi il n’a pas demandé la suppression de la caisse d’avance de la mairie de Dakar lui qui était élu sur la base de rupture. Khalifa Ababacar Sall a révélé avoir failli aller en prison quelques mois après sa prise de fonction à la tête de la mairie de Dakar. «L’autorité centrale éprouve toujours le besoin d’avoir le maire de Dakar dans sa majorité. Quand je suis arrivé à la tête de la mairie de Dakar, les rapports avec le pouvoir d’alors n’étaient pas du tout au beau fixe», souligne-t-il.
 
Poursuivant son propos, il a, par ailleurs, indiqué avoir à son temps fait une proposition allant dans le sens de la suppression de la caisse d’avance à la plus haute autorité politique du pays qui lui a déconseillé de le faire. «Quand je suis élu, j’ai voulu supprimer ce chapitre de la caisse d’avance parce qu’elle a un mode de fonctionnant différent des autres caisses d’avance que j’ai connues. En plus, je me disais que ces fonds pouvaient être un moyen de pression du pouvoir central sur le maire de Dakar. J’ai donc porté cette proposition à l’autorité d’alors mais, elle m’avait dit que ces fonds étaient destinés à la prise en charge des besoins des politiques et que si je le changeais, je n’aurais plus la possibilité de le remettre en place. Et, au sujet de ma crainte, il m’a rassuré qu’aucun Président n’ira à cette extrémité», explique-t-il en insistant. «Je peux vous dire que même l’actuel président que j’ai soutenu, m’a rassuré quand je suis allé le voir».
Fonds politique ou caisse d’avance : la bataille autour de la dénomination se poursuit
 
Interrogé par les avocats de l’Etat, Mamadou Bocoum, inspecteur principal du trésor percepteur sortant de la ville de Dakar a nié formellement l’existence des fonds politiques au Sénégal et à la ville de Dakar particulièrement. «Dans le cadre de ma formation et l’exercice de ma fonction, je n’ai pas vu de fonds politiques encore moins à la ville de Dakar», a-t-il répondu au sujet de la question de savoir s’il existait des fonds politiques au Sénégal. Abondant dans le même sens, son collègue et successeur à la perception municipale de Dakar, Ibrahima Touré, parlant de la caisse d’avance de la mairie de Dakar à l’origine de cette procédure a indiqué «Nous sommes dans le cadre normal d’une caisse d’avance». Poursuivant son propos, le comptable dira qu’il n’a jamais connaissance de l’existence de fonds politiques dans la nomenclature actuelle des textes relatifs aux finances publics. «Il existe des fonds spéciaux mais pas politiques», a-t-il insisté. Cependant prenant la parole à son tour à la barre, Mbaye Touré Directeur administratif et financier (Daf) de la ville de Dakar a réfuté cette thèse des deux comptables au sujet de l’inexistence à la ville de Dakar des fonds politiques.
 
En effet, invité à se prononcer sur cette même question de la nature de la caisse d’avance, il n’a pas varié sur ses déclarations. Mieux, il a même accusé Ibrahima Touré et Mamadou Bocoum d’avoir donc failli à leur mission de contrôleur si la caisse d’avance mise en cause dans le cadre de cette procédure était comme les autres caisses, comme ils le soutiennent. Citant les dispositions du décret portant règlement de la comptabilité public qui, selon lui, exige du percepteur d’exercer un contrôle des caisses d’avance, il a révélé que durant tout le temps qu’il a été nommé gérant de cette caisse, de 2003 à 2017, aucun comptable public n’a une fois procédé au contrôle de cette caisse d’avance. «Moi, je confirme ce que j’ai dit par rapport au fonctionnement de cette caisse d’avance. Depuis le début, j’ai expliqué pourquoi ces fonds sont qualifiés de fonds politiques. La Caisse d’avance est un support pour la mise à disposition des fonds politiques. Les fonds sont gérés par le maire de façon discrétionnaire».
 
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