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Un ancien de l’Université Gaston Berger se fait honorer a la Conférence ASA à Chicago
LE BAAY FAAL DE LA RECHERCHE SUR L’AJAMI, LE PROFESSEUR FALLOU NGOM, REMPORTE LE PRESTIGIEUX PRIX HERSKOVITS
23/11/2017 | 11H41 GMT
 
Le Samedi 18 Novembre dans la soirée à l’hôtel Marriott Downtown de Chicago où se tenait la conférence annuelle de l’African Studies Association (ASA), le nom de Fallou Ngom a été prononcé à haute voix par le représentant du Jury chargé de désigner, chaque année, les récipiendaires du prestigieux prix Melville J.Herskovits.
 
Cette distinction qui est attribuée chaque année dans le cadre de la conférence Asa, la plus grande rencontre d’africanistes venus du monde entier, existe depuis 1965 pour reconnaître les meilleures publications dans les études africaines. De grands noms d’africanistes ont déjà été distingués par ce prix: Lansine Kaba (1975), Crawford Young (1977), Paulin Hountoundji (1984), V.Y. Mudimbe (1989), Kwame Anthony Appiah (2004), Simon Gikandi(2012), pour ne citer que ceux-là.
 
Le professeur Fallou Ngom figure parmi les récipiendaires triés sur le volet pour cette année en reconnaissance son excellente œuvre intitulée Muslims Beyond the Arab World: The Odyssey of Ajami and the Muridiyya - Oxford University Press, 2016(Des Musulmans hors du Monde Arabe: l’Odyssée de l’Ajami et de la Muriddiyya).
 
L’Ajami, communément appellé Wolofal au Sénégal, est ce procédé par lequel les Africains utilisaient et utilisent toujours les caractères de l’alphabet arabe pour transcrire des textes ou envoyer des messages écrits dans leurs propres langues (wolof, manding pulaar etc...). Tout le monde connait, au Sénégal, les célèbres textes de Serigne Moussa Ka ou de Khaly Madiakhaté Kala.
 
Après sa maîtrise brillamment soutenue à l’Université Gaston Berger en 1996, le jeune Fallou Ngom embarque pour les Etats Unis pour rejoindre l’Université du Montana et ensuite l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign où il soutiendra en 2002, et avec autant de brio, sa thèse unique(Phd) sur la problématique des emprunts lexicaux comme variables linguistiques à Saint Louis, Sénégal.
Ce natif de Ziguinchor, par la suite, entamera sa carrière universitaire dans l’état de Washington avant de se retrouver depuis quelques années maintenant comme Professeur et Directeur du Centre des Etudes Africaines à l’Université de Boston(Boston University).
La thèse favorite du Professeur Fallou Ngom est que l’écriture et l’art de l’écrit se sont installés en Afrique, et en Afrique de l’Ouest en particulier, bien avant la période 
 
coloniale et l’adoption des langues européennes. En effet, l’alphabet arabe a judicieusement été adapté pour transcrire nos langues et engager les Africains dans des échanges épistolaires et autres dans nos propres modes d’expression. L’Ajami donc (Wolofal au Sénégal) a permis d’écrire des lettres, créer des poèmes, rédiger des pages d’histoire dans les langues africaines. D’ailleurs, le Professeur Fallou Ngom aime à raconter sa première expérience avec l’Ajami: après l’enterrement de son père, il a commencé à mettre en ordre ses affaires. Et là, il tombe sur un bout de papier avec une petite note en wolofal. C’était une reconnaissance de dette que le fils, Fallou, a pu honorer immédiatement pour assurer à son papa un repos paisible et tranquille dans l’au-delà.  
 
Chez Fallou Ngom, la reconnaissance et la valorisation de l’Ajami sont un sacerdoce auquel il a littéralement fait don de sa vie comme le Baay Faal qu’il est.
 
Cette reconnaissance internationale de sa contribution majeure à l’avancement des connaissances sur l’Afrique est un rappel à tous les chercheurs quant à la nécessité de consacrer les efforts à la réécriture et à la revalorisation de tout ce que l’Afrique a créé et produit pour l’avancement de l’humanité, tant dans le passé que dans le présent.
 
Le parcours déjà fort riche du jeune Professeur Fallou Ngom a commence, ne l’oublions pas, à l’Université Gaston Berger de Saint Louis. Sa distinction amplement méritée ce 19 Novembre à Chicago, et partagée avec une grande fierté nationale par tous les enseignants et chercheurs sénégalais qui étaient dans la salle, est aussi sans doute une validation du projet ambitieux du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche du Sénégal d’implanter des institutions d’enseignement supérieur dans toutes les régions du Sénégal et de capter une part substantielle du budget national pour l’éclosion et l’épanouissement de la recherche et de l’enseignement universitaire dans le pays.  
 
Ousmane SENE,
Directeur du WARC
 
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