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DEGN-KUMPË - Par ABDOULAYE CISSE
LE BAPTEME DU 08 MARS : Que vivent les droits de toutes ces femmes ordinaires qui vivent et font des choses extraordinaires !
Abdoulaye CISSE | 15/03/2017 | 10H28 GMT
 
Comment pour une femme « normale » être audible dans ce concert de revendications et d’affirmations du « soi-féministe » pour affirmer sa symbiose avec l’Homme, sa vie en harmonie avec ce « prédateur » sur 2 pattes, sans être soupçonnée d’être sous le joug d’une « brute », d’un « mal dominant » ? Etait-ce cela la revendication de Clara Zetkin ? Pourquoi la célébration du 08 mars doit toujours se transformer chez moi en une revendication de droits des femmes à conquérir sur les hommes et non pas, juste de l’affirmation de droits des femmes, tout court ? Nuance ! 
 
Il nous semble qu’au sortir de cette journée, à l’orée de célébrer cette naissance, une semaine après comme il est de coutumes et de traditions, qu’il y’a d’un coté « les femmes » et de l’autre coté « les Femmes ». Il me semble en fin de compte qu’il y’a une plate forme revendicative où ne se reconnaitraient que « les femmes émancipées » (émanciper en quoi d’ailleurs ?), et une autre qui n’est même pas une plateforme revendicative tant l’assimilation de la condition féminine est assumée ici et tout juste en complément de l’Homme, ni au dessus, ni en dessous et même pas l’égal de l’homme. 
 
Sacrée bonne femme sénégalaise : va savoir, où elle se place alors. 
Dans les salons feutrés des hôtels où on célèbre avec faste cette journée du 08 mars, on semble partout faire sienne cette profession de Jeanne Deroin qui proclame je cite : « L’on a proclamé les droits de l’homme, mais l’on a imposé des devoirs à la femme sans lui reconnaître aucun droit ». 
 
Voilà tout le problème !
 
*Pas vraiment sûr que Mère Feuz que je connais bien, regrette quoi que ce soit dans sa vie remplie et emplie qu’elle mène encore jusqu’à savourer chaque souffle de vie que le bon Dieu lui laisse à contempler le parcours de sa marmaille (enfants et petits enfants). Pas même une revendication d’épaule contre épaule avec Paa Moussé Kane. Qu’est-ce que vous voulez que cette brave, mère au quotidien, sente un manque de quoi que ce soit tant sa vie est dédiée à sa famille, à son entourage, à sa communauté pour faire de sorte que l’Homme soit le remède de l’Homme (ou la femme d’ailleurs), et non pas, comme dirait l’autre que l’Homme soit un loup pour l’Homme (ou la femme) 
 
*Pas sûr non plus que cette autre jeune femme que je connais, Fina pour ne pas la nommer, même si pendant longtemps elle a été chevillée au corps par le mouvement féministe le plus avant-gardiste du pays . . . pas sûr qu’elle ait une seule seconde, l’impression qu’on lui a « imposé des devoirs . . . sans lui reconnaître aucun droit » pour paraphraser cette éminence grise féministe Jeanne Deroin. 
 
Elle, Fina, qui comme un homme, décide à l’aune d’une vie de partir à l’immigration choisie au Canada avec bagages et enfants. Il semble que ce genre de décisions était un attribut d’hommes de notre société. Je n’ai jamais pensé que Fina était un bonhomme. C’est certainement une très bonne femme qui a compris à mon grand bonheur qu’un homme à ses côtés était sa meilleure décision de ces dernières années. Ainsi soit-il !
 
*Pas sûr que cette autre pâtissière traditionnelle d’un patelin à l’intérieur du pays, (qui ne connaît pas mère Fat Diop Beignet dans cette ville), ait une seule fois pensé qu’elle était privée de droit. Elle qui a nourrit ses Hommes, entretenu toute sa communauté et s’est imposée comme une matriarche pour son clan.
 
*Que voulez-vous que Mia, cette autre jeune femme à la quarantaine bien sonnée et célibataire assumée, revendique des droits ? Elle qui n’a jamais l’impression d’être reléguée à passer derrière un homme. Elle n’habite pas le quartier Khaar Yalla, mais elle attend sans passion ni stress de croiser le destin de celui que le seigneur placera sur son chemin. Croyez bien qu’elle prendra de ses droits pour donner à son « homme », tant son engagement pour la cause de la femme qu’elle est, n’est ni vindicatif ni en opposition avec les aspirations des Hommes. 
 
Je connais la rizicultrice Marang Darboe, cette bonne femme pour qui le bonheur est dans le pré. Parlez-lui de ses droits, qu’elle va plutôt revendiquer son devoir avec bonheur d’aller tremper ses pieds dans ses « faros » pour planter ses tiges qui vont donner le « Maalo ». Elle ne s’accomplit pas en dehors de çà, et c’est son droit et en même temps son choix. 
 
Je rêverais de confronter mes bonnes femmes avec toutes celles que nous avons célébré le 08 mars. Et, j’en connais bien d’autres dans mon imaginaire qui prendraient bien part à ces plaidoyers pour laisser la femme « libre » de ses choix, « libre » de s’affranchir des œillères par lesquelles « les penseuses attitrées » voudraient qu’elles regardent leur monde, libre d’être femme forte ou femme soumise pour l’harmonie du foyer. 
 
J’ai compris surtout que le 08 mars était bien pour célébrer la journée internationale des droits des femmes, mais avec « mes femmes », j’ai décidé de célébrer aujourd’hui le baptême des devoirs des femmes . . . au service des femmes ou des hommes d’ailleurs. Honnis soit qui mal y pense !
 
Femme, je vous aime, et vous le savez. 
 
A travers ces femmes ordinaires qui ont accompli ainsi des choses immensément extraordinaires qu’aucune lutte ne confère, je célèbre toutes ces femmes que chacun connaît dans son entourage et qui parce qu’elles ne sont pas « célèbres » n’ont pas voix au chapitre. 
Elles oeuvrent en silence et le succès de leurs actes de tous les jours fait le reste
PS/// Toute ressemblance avec des personnages décrits dans ce texte n’est que fortuite.
 
Den.kumpe10@gmail.com
 
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