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DEGN-KUMPË Par ABDOULAYE CISSE
LE DISCOURS ET LA METHODE EN QUESTION !
Abdoulaye CISSE | 04/01/2017 | 10H39 GMT
 
C’est toujours amusant d’observer le défilé des «courtisans» et des «commères» sur les différents plateaux de radio et télévision après les grands rendez-vous du chef de l’État, avec son peuple à travers sa traditionnelle adresse à la nation en fin d’année peu avant le réveillon du 31 décembre ou à la veille de l’anniversaire de notre accession à la souveraineté internationale au soir de chaque 03 avril. On se demande encore d’ailleurs si les médias sont encore obligés de sacrifier à ce rituel des réactions, des debriefs. Tant les choses sont écrites d’avance ! Même pas besoin de sortir les archives pour comprendre que ce sont juste les personnages qui changent de bord, mais les discours ou réactions sont les mêmes. Les uns et les autres ont des œillères qui pour applaudir le chef, qui pour le clouer au pilori, sans aucune objectivité : l’essentiel étant d’afficher son positionnement selon qu’on est de la mouvance présidentielle ou de l’opposition.
 
On peut facilement imaginer Ousmane Tanor Dieng, ce 31 décembre 2016, descendre en flammes le même discours si l’auteur en face de lui était par exemple Abdoulaye Wade dont il a été l’opposant. Le premier secrétaire du PS n’a dit que du bien du discours de Macky en trouvant qu’il a traité de tous les secteurs ; hier, il aurait pu dire du même discours qu’il est long, c’est ce que Oumar Sarr en a dit d’ailleurs. 
 
Ousmane Tanor Dieng, nous a dit que le président Macky Sall a fait un bilan exhaustif de son action à la tête de l’État, j’ai entendu un opposant nous dire que «c’était du réchauffé, le même discours servi tout le temps à la sauce Plan Sénégal Émergent»,  Ousmane Tanor Dieng a trouvé que le chef de l’État a évoqué de belles perspectives pour le Sénégal, l’opposant Mamadou Diop Decroix a trouvé que ce n’était là que des promesses. Le même Mamadou Diop Decroix à la séance de l’Assemblée nationale portant sur le projet de loi de refonte du fichier électoral nous en a offert une très belle explication en raillant le camp présidentiel : «hier, dans l’opposant vous étiez contre le principe d’élargir la base du scrutin majoritaire, aujourd’hui au pouvoir vous êtes favorables à ce principe du raw-gaddou». 
 
Voilà tout le mal du pays, les positions ne sont dictées que par des convictions du moment guidées par un opportunisme cynique et égoïste. Les célèbres épisodes de reniement de la parole «donnée» publiquement, tour à tour par les présidents Abdoulaye Wade et Macky Sall, sont peut-être la chose la mieux partagée entre le chef de l’État actuel et son prédécesseur. On en est à un tel point de «wax-waxéét» que les uns et les autres ne se sentent nullement engagés demain par leurs propos d’aujourd’hui. Malheureusement cette légèreté à asseoir les convictions est très préjudiciable à la classe politique dans son ensemble. Cela semble être aussi un produit d’anesthésie pour le peuple qui a perdu toute capacité d’indignation, tant il en a vu d’autres et bien d’autres. Dans cet exercice du «bal des prétendants», pardon des courtisans, les politiciens professionnels sont comme un poisson dans l’eau. 
 
Et bizarrement, dans cet exercice de communication en ces moments solennels pour le chef de l’État, ce sont les «conseillers-ministres» professionnels de la communication qui rendent la plus pâle des copies. J’ai nommé les communiquant El Hadj Kassé et Latif Coulibaly. Les voir, successivement, se tailler leur «heure de gloire» à la suite du chef de l’État, eux aussi, sur la chaîne publique, la RTS, sans contradicteur (ils avaient peur de qui ? De quoi ? 
 
Pour croiser le fer, a rendu très pathétique leur prestation. Le premier, Kassé, n’a pas rendu service au Chef de l’État. Car dans sa posture de communiquant du Palais, on peut aisément comprendre qu’il fait partie des plumes du président pour ne pas dire sa plume attitrée. Dés lors, c’est presque une erreur de communication, sinon une vraie faute de goût «protocolaire» que ce soit lui, qui se pointe tout juste à la suite du chef dans ce qui semblait plus être un exercice «d’autoglorification» du genre: «voyez-moi, c’est moi, j’ai écrit le discours que le président vient de livrer». Je suis sûr qu’il a au moins une fois enseigné aux étudiants en journalisme, passés entre ses mains, que «si on sent le besoin d’expliquer en d’autres termes, ce que pourtant tous les Sénégalais avaient entendu de leur propres oreilles et de la bouche même du président, c’est que ce n’est pas assez clair et qu’il y’a problème». L’autre dirait «quand c’est flou, c’est qu’il y’a le loup» !  J’éviterais de tomber dans les lieux communs du genre : «le sémillant Latif Coulibaly a perdu de sa superbe » depuis qu’il a goûté aux délices du pouvoir – on le dit dans beaucoup de Grand-Place ». Je ne veux pas le croire ! 
 
En revanche, je serais tout aussi déçu si c’est le vrai Latif Coulibaly que j’ai vu nous livrer son «point de vue» dans la si bien nommée émission sur la télévision nationale. On s’en serait presque passé, si c’était pour nous dire en une bonne heure ce que le Chef de l’État nous avait déjà dit en 26 mns chrono. Et encore qu’on a trouvé le président Macky Sall très très long, même s’il y’avait du rythme dans son texte en dépit des plans de coupe bizarre qui vous donnent le vertige à le suivre. En vérité, il faudra que l’on s’accorde une bonne fois pour toute : l’occasion de l’adresse du chef de l’Etat à la nation dans sa définition la mieux partagée à travers les âges et sur la planète, «c’est un bref point étape dans la vie de la Nation sur l’année qui s’écoule, mais surtout de dégager les perspectives d’avenir, mais dans un futur proche puisque l’exercice se répète chaque année». Une fois qu’on s’est mis d’accord sur cela, et même si on n’est pas d’accord, on ne peut que constater que le Président Macky a bien, tout fait à l’envers : 20 longues minutes de son speech consacrées à un bilan qui remonte à bien plus loin que l’année écoulée, pour 6 petites minutes de projections qui, somme toute, nous mènent jusqu’au terme de son mandat en 2019. 
 
Dans la forme, le Chef de l’État n’était pas ni dans le temps ni dans le ton. Dans le fond, comment mettre d’accord ceux pour qui tout est beau, tout est nice venant du président de la république et ceux pour qui rien de nouveau sous le Sénégal de Macky Sall. En fin de compte chacun reste libre de se satisfaire, pour soi, du discours de fin d’année du président ou pas d’ailleurs.                         
 
den.kumpe10@gmail.com
 
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