| CHRONIQUE DE CAMPAGNE Par Malick DIAGNE* |
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| Le matin, le soir et la nuit |
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| Publié le 08/02/2012 | 01H26 GMT par Malick Sarr Diagne
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| D’une campagne électorale à l’autre. Cette fois, pour un début comme ce fut le cas dimanche soir, lors de la traditionnelle déclaration radiotélévisée des candidats, on n’a pas perçu la voix silencieuse du candidat, les yeux dans le vague, engagé dans une conversation décousue, de la santé à l’éducation, de l’économie à la culture, du sport aux loisirs. |
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Fiers de leur parcours au sein du M23, dans leur croisade contre la candidature de l’actuel président de la République, Me Abdoulaye Wade qui a fini de donner au scrutin présidentiel de 2012 une influence et une notoriété internationale sans précédent, ils sont parvenus à constituer une effigie et à construire une statue sur le dos du Conseil constitutionnel. Ils se sont succédé à la Rts avec des mots affinés, masquant à l’occasion fêlures et fissures, tout ce que les intérêts politiques charrient et qu’ils ont enfui au plus profond.
Masque parfait, intimidant et toujours souriant d’une compétition électorale déjà partie avec cette fois-ci une fausse note. Un pool d’ambitions dissoutes pour le moment et qui donne à la campagne électorale un match de football entre deux équipes sur un air de musique parfaite et synchronisée. Tout, dans cette séquence, porte une seule marque et donne au scrutin les allures d’un référendum à une seule réponse : non à la candidature du Président Wade.
Les meetings collectifs à Dakar, sur la place de l’Obélisque, et à Rufisque peuvent se lire comme la quintessence de cette nouvelle communication. Chaque candidat prend la part de son temps d’antenne radiotélévisée, la dilue, la fragmente dans le M23. Il est loin le temps où chaque candidat à l’élection présidentielle parlait pour lui-même, avait un avis pour lui-même, une opinion pour lui-même. Désormais, il faut peser son mot, éviter les opinions malvenues, faire attention aux discours mal maîtrisés qui peuvent remettre en question une profession de foi collective. Il faut rentrer dans les rangs du M23. Drôle de campagne électorale sous tutelle de la société civile
Pendant 21 jours, l’élite politique du pays va donc s’inviter chez nous, citoyens sénégalais. Avec infiniment de respect, d’affection, mais aussi avec l’ambition et la prétention affichées de faire du Sénégal un pays à problème zéro. Les Sénégalais vont inversement aller à la découverte de leur élite politique, ses opérations de charme et un son goût prononcé pour le pouvoir.
Dans ce rendez-vous avec les électeurs, tout sera sous contrôle : le sourire, l’apparence, la communication, la trace fuyante de l’éclat, l’accessoire comme l’essentiel, le détail et la perspective. Grands boubous amidonnés, costumes taillés sur mesures, jolies robes, pas ras de fesse, plutôt charpentées au pied comme les nouvelles mariées, colliers, maquillages, les candidats du matin, du soir et de la nuit, vont faire la queue dans nos salons, avant et après le diner pour des séances quotidiennes de charme.
Certains nous sont familiers ; Il y en a qui sont fidèles au rendez-vous depuis 12 ans. Cela se voit sur le visage émacié par l’âge et peut-être les vicissitudes de la vie. Il y a aussi des novices, le discours portant le label de la virginité et l’offre de services étincelante. Nous voici donc au tout début d’une extraordinaire histoire, peut-être d’une nouvelle romance entre le pays profond et un messie, peut-être de retrouvailles. Continuer ou s’arrêter ? Il faut choisir
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