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AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE EN RIZ EN 2017 AU SENEGAL
LE PLUS GRAND RISQUE C’EST DE NE JAMAIS RISQUER
18/03/2015 | 10H23 GMT
 
Si nous voulons changer notre agriculture, il nous faut une rupture radicale avec le passé. Excellence, vous serez incontestablement  le MESSI  et le peuple sénégalais vous décernera le ballon d’or du riz en 2017 si…
 
Le secteur agricole occupe plus de 60% de la population au Sénégal mais ne contribue que 10% environ  du PIB. La production céréalière du riz ne satisfait pas à la demande nationale, ce qui nécessite un recours à l’importation dans les pays asiatiques.
 
Au Sénégal, la production rizicole varie d’une année à l’autre sous l’influence de plusieurs facteurs à savoir : la sécheresse, la réduction sensible de l’utilisation des intrants agricoles (semences de qualité, fertilisants en quantité suffisante, produits phytosanitaires, l’énergie pour l’irrigation), la vétusté du matériel agricole et des unités de transformations, la dégradation des ressources foncières par l’érosion éolienne ou hydrique, la salinisation et les mauvaises pratiques agricoles. Cela nous  laisse à affirmer que notre agriculture est dans une situation inquiétante.
 
Ce constat vous amène monsieur le président à soigner ce maillon essentiel car l’agriculture en général et la riziculture en particulier  constituent la clé de voûte  du développement économique et social de notre cher pays car : 
Elles nourrissent la population.
Elles créent des emplois.
Elles améliorent les revenus des populations rurales donc luttent contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
Elles fournissent des devises à l’économie nationale donc luttent contre le déficit de la balance commerciale
Elles gèrent durablement les ressources naturelles.
 
Monsieur le président ma réponse et celle de la plupart des jeunes du Sénégal à  la question de l’autosuffisance en riz au Sénégal en 2017 est : YES, WE CAN. Nous disons oui car cette autosuffisance est à notre portée du fait que  vous avez la volonté, la véhémence, et la foi  pour la réussite de ce programme et cela vous l’avez  réaffirmé le 31 décembre 2014 lors du traditionnel message adressé à la nation après la 1ére déclaration  en octobre dernier lors de votre tournée économique au nord et la semaine dernière dans la région de Casamance.
 
Cependant, monsieur le président pour atteindre cet objectif synonyme de production de 1,5millions tonne de riz blanc environ en 2017, vous devez veiller :
D’abord à l’intégration de l’ensemble des différents acteurs : ingénieurs agronomes, techniciens,  producteurs, commerçants (UNACOIS), experts, ONG, ANCAR et structures décentralisées (ISRA, DRDR et  SDDR) et environnementalistes parce qu’ils ont une vision globale et des stratégies durables.
 
A impliquer également les paysans dans la conception et la mise en œuvre du programme car notre agriculture est dominée largement par des exploitations agricoles de types familiales (95% des agriculteures)
 
A impliquer les jeunes, et surtout ceux  qui soutiennent  mordicus que le Sénégal ne sera pas au rendez de l’autosuffisance en riz en 2017 car ces gens là  ne sont nullement vos adversaires encore moins vos ennemis mais des concitoyens qui vous permettront d’aller plus loin et plus vite à l’atteinte de cet objectif.
 
Ensuite à l’exploitation  et à  la valorisation des immenses étendues de terres rizicultivables  encore inexploitées par la SAED dans la vallée du fleuve Sénégal et par la SODAGRI dans la région de Casamance : les surfaces mises en valeur et exploitées tournent autour de 70000 hectares sur des potentialités de 240000 hectares et dans le bassin de l’Anambé avec 5500 hectares environ sur un potentiel de 12000 hectares. Ainsi ces structures jouant un rôle fondamental dans ce secteur doivent être renforcées sur tous les  plans notamment la SAED avec un  directeur engagé, dévoué et expérimenté,  et l’ANCAR afin de vaincre  la plupart des lourdeurs qui existent déjà dans le processus (formation, collecte, transport et transformation du paddy).
 
L’obsolescence technique des infrastructures et équipements agricoles de certaines unités de transformation et usine D’égrainage  est une contrainte  majeure qui doit  être levée.
 
Les semences de qualité et certifiées, les engrais minéraux et les produits phytosanitaires doivent être disponibles et accessibles aux producteurs de manière permanente.
 
Le renforcement du  système d’accès au crédit et la sécurisation  du système foncier est nécessaire afin d’impliquer le secteur privé sénégalais pour lui permettre de jouer  pleinement sa partition. 
 
La productivité rizicole pluviale ou traditionnelle au Sénégal dans les bas fonds ou de plateau dans les régions de Fatick, Ziguinchor Kolda et Kédougou ainsi que la riziculture irriguée dans la vallée du fleuve dépendent d’une  bonne maitrise de l’eau.
 
La salinité des sols et de l’eau est devenue l’une des contraintes édaphiques les plus importantes dans les environnements de la riziculture c’est pourquoi des actions conjuguées telles que  l’amélioration des pratiques culturales  , la maitrise des bonnes techniques d’aménagement , d’irrigation et drainage sont à mener mais en corrélation avec la désalinisation des sols et  l’introduction des variétés à haut rendement adaptées à la sécheresse et à  la salinisation  afin d’être en conformité avec l’aggravation des changements climatiques.
 
À la levée de toutes les contraintes au niveau de la commercialisation, du marketing et de la promotion de notre riz local qui est la phase finale de ce processus d’autosuffisance en riz. Sous ce rapport, je pense qu’on devrait aussi intégrer la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) dans les différents programmes de l’agriculture pour inciter les producteurs à une adhésion à  une charte de  qualité. 
 
Enfin si nous voulons changer notre agriculture, il nous faut de la technologie, l’assainissement de l’environnement  de la production, de la commercialisation et des infrastructures. Un suivi-évaluation rigoureux,  une rupture radicale avec le passé et une implication massive des paysans sont obligatoires à la réussite de cet ambitieux programme.
 
En fin, monsieur le président, depuis l’indépendance, le peuple sénégalais a toujours rêvé l’autosuffisance en riz du fait que c’est l’aliment de base avec une consommation individuelle de 90kg/an. Ainsi avec vous, l’espoir et l’optimisme sont permis ; tout est possible et sachez que le plus grand risque  c’est de ne jamais risquer. L’autosuffisance en riz d’ici à 3 ans est belle et bien  réalisable  surtout que ce programme est une composante novatrice du PRACAS qui est le poumon du PSE (plan Sénégal émergent).
 
 En outre vous avez à vos côtés le ministre de l’agriculture Dr Papa Abdoulaye Seck  dont l’expérience, la compétence ont fini de convaincre bon nombre de nos concitoyens. Alioune sarr, votre ministre du commerce fait également partie de vos hommes de valeur qui abatte un travail d’une qualité exceptionnelle au niveau de son département. Ces atouts réels nous permettent aujourd’hui de nous mouvoir dans un optimisme  absolu donc nous vous souhaitons bonne chance et que Dieu vous accompagne à atteindre cette noble  mission avec l’ensemble des sénégalais et surtout pour la génération future afin de réconcilier l’efficacité économique, la justice sociale et l’environnement. C’est seulement lorsque la durabilité écologique est assurée qu’il est possible d’atteindre une durabilité économique qu’on pourrait vaguement définir comme étant le bon fonctionnement d’un système économique durable. 
 
En définitive,  Excellence Monsieur le Président  si vous parvenez avec tous les acteurs impliqués à atteindre cet objectif en l’associant à  la réalisation du projet majeur de l’autoroute Dakar– Thiès- Touba (ILA TOUBA) avec ses différents embranchements Thiès–Tivaoune –Saint louis (axe vers la vallée du fleuve), Thiès –Fatick-Kaolack (axe vers le bassin arachidier) et l’acquisition de nouveaux  bateaux (axe vers la région de Casamance) qui faciliteront le transport des millions tonnes de riz à l’intérieur du pays, vous serez incontestablement le MESSI  et le peuple sénégalais vous décernera  le ballon d’or du riz  en 2017. 
 
Vous le serez d’autant plus que la construction de l’université du Sine Saloum impactera sans doute de manière positive sur la réalisation de cet ambitieux programme car elle mettra à la disposition de notre pays des ingénieurs, des techniciens qui travailleront non seulement à atteindre l’autosuffisance mais à faire de notre agriculture le véritable moteur de notre développement.   
 
Cheikh Ahmeth Tidiane Seye 
Etudiant en master 2 en Science de l’environnement option gestion des ressources naturelles et du développement durable à l’UCAD
Jeune chercheur dans la riziculture en milieu salé dans la région de Thiès et de Fatick 
Tel : 778224785 / 70 511 73 35
Email : cheikhseye88@yahoo.fr
 
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