LIBYE
Le prétexte et le but
Publié le 01/09/2011 | 07H52 GMT par Ibrahima BAKHOUM
 
Depuis la question des « armes de destruction massives détenues » par Saddam Hussein, le monde ne se fait plus d’illusions sur la moralité des grandes puissances. Ne reculer devant aucun mensonge, pour atteindre son but. Aussi, la vielle logique qui veut que la fin justifie les moyens enlève -t-elle toute crédibilité à l’entreprise de communication en cours entre Paris, Londres Rome et Washington relativement à la « révolution libyenne ». Après avoir fait des milliers de victimes civiles et détruit les grandes réalisations infrastructurelles du pays, voila les Occidentaux et leurs dévoués arabes et africains autour d’une table à Paris ce jeudi, pour voir l’hôte français  plastronner devant les caméras du monde entier.
La diplomatie de la canonnière vient de triompher du Pouvoir du Guide et des (plus que timides) initiatives de l’Union Africaine pour une solution négociée. Il y a des raisons de croire que la volonté de détruire le système Kadhafi est bien antérieure au soulèvement parti de Benghazi. Malheureusement pour le peuple libyen, 42 années de règne ininterrompu, parce que jamais sanctionné par des élections démocratiques,  ont fini par donner du poids à tous les arguments développés contre le fondateur de la Jamahiriya Arabe Libyenne.
Le Pr  Jean-Paul Pougala, Directeur de l’Institut d’études géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève, propose ci-après un éclairage sur ce qu’il considère comme « les Vraies raisons » de l’intervention occidentale en Libye.
 

LES VRAIES RAISONS DE LA GUERRE


1- Manque à gagner pour l’Occident à cause du Premier Satellite africain

Rascom 1

C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance ; pour la première fois, une connexion à bas coût devient disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio wmax.

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société Rascom pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque mondiale, le Fmi, les Usa, l’Union européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans.

C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant des prêts à taux usuraire; le guide libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque africaine de développement a mis 50 millions, la Banque ouest-africaine de Développement, 27 millions et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, sud-africain, nigérian, angolais, algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an, mais les milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique.

2- Fonds monétaire africain, Banque centrale africaine, Banque africaine des investissements

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque centrale libyenne et prévu pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phare: la Banque africaine d’investissement à Syrte en Libye, la création dès 2011 du Fonds monétaire africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque centrale africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Fcfa grâce auquel Paris a la mainmise sur certains pays africains depuis 50 ans.  On comprend dès lors et encore une fois, la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fonds monétaire africain doit remplacer en tout et pour tout, les activités sur le sol africain du Fonds monétaire international qui, avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole public vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappé à la porte pour être eux aussi membres du Fonds monétaire africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010, à Yaoundé, les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce Fma.

Il est donc évident qu’après la Libye, la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les Usa à eux seuls ont 14.000 milliards de dollars de dettes, La France , la Grande-Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique noire ont, au total, moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques. Créer de fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste américain Adams Smith en 1865, dans son soutien à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des Noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres Nations vont se réveiller».

3- Unions régionales comme frein à la création des Etats-Unis d’Afrique

Pour déstabiliser et détruire l’Union africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’Upm (Union Pour la Méditerranée) Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union européenne. L’Upm sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort – né avec Sarkozy comme président et Mobarack, le vice-président. Ce que Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sûr. Ce que les dirigeants africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union européenne qui finance l’Union africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la Cedeao qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’Ue, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que
Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la Comesa , l’Udeac, la Sadc et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

4- Kadhafi, l’Africain qui a permis de laver l’humiliation de l’Apartheid

Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé à la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des Occidentaux pour soutenir financièrement et militairement l’Anc dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela que, à peine libéré de ses 27 ans de prisons, Mandela décide d’aller rompre l’embargo des Nations unies contre la Libye le 23 octobre 1997. A cause de cet embargo même aérien, depuis 5 longues années aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, Il fallait prendre un avion pour la Tunisie; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant 5 heures pour Ben Gardane, passer la frontière et remonter en 3 heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et répondant à l’ex- président américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire». Il ajouta : «ceux-là qui hier, étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui, le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’Anc étaient considérés comme des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 juillet 2008, pour que le Congrès américain vote une loi pour rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’Anc de cette liste noire, pas parce qu’ils ont compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela. Si les Occidentaux sont aujourd’hui, repentis de leur soutien d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’on lui donnent des noms de rue et de places, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi?

B- CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DEMOCRATIE SONT-ILS DE VRAIES DEMOCRATIES ?

Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les Usa, la France, la Grande-Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 mars 2003, le président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens avec le prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard et jour pour jour, c’est le président français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens avec le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etats-Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuelle de jugement et d’appréciation ne peut s’empêcher de se poser est : ces pays comme la France, l’Angleterre, les Usa, l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés « pays démocratiques » sont-ils réellement démocratiques? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est Non, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève abrite l’essentiel du commandement des Nations unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712 qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre ouvrage du Contrat social que : «il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais». Pour qu’un Etat soit véritablement démocratique Rousseau pose 4 conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie à savoir :

1- Dimension de l’Etat : plus un Etat est grand, moins il peut être démocratique, pour Rousseau l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres pour ou contre les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Lybie qui répond le mieux aux exigences de Rousseau, ce qu’on ne peut pas dire de même pour les Etats-Unis d’Amérique, la France ou la Grande-Bretagne , des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant côte-à-côte pendant 20 ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une Nation sans en connaitre ses membres. On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger. Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection.

2- Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux multitudes querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement. Les Occidentaux se définissent comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux mœurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’Etat contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% des personnes en prison.

3- L’égalité dans les rangs et dans les fortunes. Il suffit de voir le classement Forbes 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jette la bombe sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir-faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde.

4- Pas de luxe. selon Rousseau pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple, « le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Y a-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés qui sont poussés jusqu’au suicide les employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publique, pour des raisons de rentabilité et donc de possession de luxe d’une des parties est-il plus criant en Libye ou en Occident ? Le sociologue américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme «la dictature des élites». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui s’est substitué au peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush-père et Bush-fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush-benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenu par une seule caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les Généraux de l’armée etc...

Combien de personnes dans les pays autoproclamés «démocratiques» savent qu’au Pérou, la Constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la République sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ? Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la Cia 2007, sur 10 pays les mieux gérés au monde, 4 sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée Equatoriale dont la dette publique ne représente que 1,14% de son Pib.

La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie, soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot «démocratie» qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion.

Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : «Malo periculosam libertatem quam quietum servitium -traduction : S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes». Dire qu’on tue les Libyens pour leurs biens est un leurre.

C- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ?

Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents.

Comment ne pas déplorer le Oui de 3 pays africains au sud du Sahara, Nigeria, Afrique du Sud et Gabon pour la Résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée «protection des peuples», validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18e siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique Subsaharienne, l’Afrique du Nord serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l’Egypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations unies semblent ignorer la légitimité de l’Union africaine sur ses Etats membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle.

En effet, dans le capital du nouveau Fonds monétaire africain (Fma), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de Dollars. Le premier pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria suivi de l’Afrique du Sud arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun. C’est très inquiétant de constater que pour la première fois de l’histoire des Nations unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème. L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ?

Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait fait pour l’Allemagne de Helmut Kohl.

La réforme des Nations unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien. Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations unies, car, cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.

Nous devons quitter les Nations unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder le peuple africain. Ce qui arrive aujourd’hui, est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec la Chine.

La soi-disant communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple chinois en lieu et place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758 que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine.

La Chine est admise, sauf qu’elle a prétendu et obtenue d’être membre permanent avec droit de veto, si non elle n’entre pas. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le ministre chinois des Affaires étrangères donne sa réponse avec une lettre au Secrétaire général des Nations unies pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ?

On a vu en Côte d’Ivoire un fonctionnaire des Nations unies se considérer au-dessus d’une Institution constitutionnelle de ce pays. Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’Ua reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ?

Lorsque le président sud-africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections et change à 180° disant le contraire après une petite visite de 8 heures à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom de 1 milliard d’Africains.

La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine ou aux toilettes pour garantir le confort des autres. D’ici là, en Libye, les bombes qu’on nous décrit comme des rosiers qui tombent du ciel pour reboiser le désert libyen, sont françaises, américaines, britanniques, italiennes, canadiennes, norvégiennes, mais les victimes sont africaines, toutes africaines. Oui, c’est une guerre déclarée à tout le peuple africain, pas à un homme, pas à un pays.



Jean-Paul Pougala



(*) Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, Directeur de l’Institut d’études géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse
 
 
Commentaires (4)
Posté par Citoyen, 2011-09-01T19:19:29+00:00  
Cet "article" est un document de propagande mensonger et négationniste de la réalité.

Ainsi l'auteur pose t'il que parce que Bush a fait sa guerre d'Irak à partir d'un mensonge, les puissances occidentales seraient systématiquement des va t'en guerre sur des arguments fallacieux.
Sa démarche est une insulte à l'intelligence.

Dans le cas de la Libye, c'est nier que le peuple libyen s'est soulevé pour mettre fin à une dictature sanguinaire réelle, qui a tué des milliers de libyens en 42 ans, sans compter les milliers de victimes des attentats commandités par Kadhafi à travers le monde, et les dizaines de milliers de morts de cette guerre, civils ou révolutionnaires.

Fallait il laisser Kadhafi, sa puissante armée et les milliers de mercenaires étrangers massacrer les libyens jusqu'au dernier ?

Il ne s'agit pas ici de nier que le monde a besoin d'une Libye stable et de son pétrole. Mais il est une évidence que les bombardements de l'OTAN ont sauvé des milliers, peut être des centaines de milliers ou des millions de Libyens d'une exécution promise par Kadhafi comme il l'a toujours fait pour tout opposant.

La fin de cette guerre et la fin du régime de Kadhafi est un soulagement pour le monde civilisé et démocratique.
Posté par maria, 2011-09-02T15:55:06+00:00  
Et si nos dirigeants arrêtaient d'être aussi corrompus, aussi accrochés au pouvoir, aussi indifférents aux peuples qu'ils dirigent.
Je ne doute pas que les intentions des occidentaux ne sont pas toutes humanitaires. Mais de grâce, arrêtons de nous plaindre quand d'autres "viennent à notre secours". Les africains ne sont pas capables de se mobiliser pour les personnes menacées de famine dans la corne de l'Afrique. Nous acceptons cette "aide" là et pas celle de faire partir Khadafi?
Quand l'Union africaine se réveillera et fonctionnera avec des fonds africains et non avec des subsides occidentaux, peut être pourrons commencer à faire preuve d'orgueil. En attendant, nous avons les dirigeants que nous méritons. Leurs avoirs sont en occident, ils passent leurs vacances en occident, on peut bien les mettre en prison en occident.
Posté par Farid Mnebhi, 2011-09-04T10:09:34+00:00  
L’Algérie, un dragon régional en papier.

Sur le plan interne, l’Algérie, depuis son indépendance en 1962, est dirigée par un collège politico-militaro-financier qui a confisque le pouvoir et a réussi à pérenniser un régime totalitaire grâce à une dictature militaire.
En éliminant physiquement tous les opposants politiques, en privant le peuple algérien de ses droits les plus élémentaires, en érigeant la corruption en dogme, en détournant des milliards de dollars générés par les exportations de pétrole et de gaz, en pratiquant une course effrénée à l’armement pour intimider son voisin marocain, cette nomenklatura a mené l’Algérie à la faillite et au désastre.
Le peuple algérien, qui vit, aujourd’hui, au seuil de la pauvreté, est devenu insensible au romantisme révolutionnaire ou au nationalisme exacerbé des années 60. Il demande plus de liberté, l’accès aux soins, à l’éducation, au logement, au travail et à une meilleure redistribution des richesses
Oran, Alger et Annaba, trois cités parmi les plus importantes du pays, croulent sous les ordures et toutes sortes d’immondices, sans oublier les façades décrépies des immeubles infestés de rats et de cafards, et où les jeunes délinquants, organisés en véritable bandes, sont devenus les maîtres de la ville.

Même sur le plan des loisirs estivaux, il est devenu impossible à l’algérien d’aller à la plage. Dans les villes balnéaires, comme Alger, Oran, Annaba, et j’en passe, les plages sont payantes et le manque d’infrastructures hôtelières et de personnel qualifié y est flagrant. Sans parler de l’insécurité.

Sur le plan externe, je ne retiendrais que le dernier fiasco de la diplomatie algérienne dans la gestion de la crise libyenne.

Cette erreur monumentale des décideurs algériens pourrait s’expliquer par le fait que l’émergence d’une Libye démocratique riche en hydrocarbures à ses frontières orientales nuirait durablement à son statut de puissance régionale et l’obligerait à repenser à sa doctrine de défense. Tripoli n’étant plus un allié, mais un concurrent sur le plan des investissements étrangers, mais aussi un interlocuteur privilégié des Etats-Unis et des pays Européens dans le cadre de la lutte contre l’AQMI dans le Sahel.

De plus, et toujours sur cette question, bien que les plus hautes autorités algériennes affirment haut et fort que l’accueil de famille Kadhafi soit principalement motivé pour des raisons humanitaires, l’histoire des magouilles des généraux algériens ne permet pas d’écarter la possibilité d’un calcul abject, et que celle-ci puisse devenir l’objet d’un cynique marchandage entre le gouvernement algérien et le CNT pour obtenir un certain nombre de garanties avant d’envisager de les renvoyer dans leur pays.
Par ailleurs, Alger voit également avec l’arrivée d’un régime démocratique pro-occidental à Tripoli un soutien de poids sur la question du Sahara Marocain s’évaporer. L’Algérie supportera dorénavant seule les frais de soutiens financier et diplomatique anachroniques au Polisario. Des dépenses qui ne manqueront pas de grever les finances de l’Etat algérien qui ne dispose plus actuellement de liquidité au plan interne.
En conclusion, à travers ces quelques éléments d’analyses, on peut affirmer, avec une faible marge d’erreur, que l’Algérie vient de confirmer son naufrage amorcé voici près de six décennies.
L’Algérie, qui a toujours mis en avant son statut de puissance sur le plan régional, s’est donc avérée être un dragon en papier.
La responsabilité de ce ratage est à mettre sur le compte des pépés séniles et myopes qui dirigent ce pays et dont la légitimité est quotidiennement remise en cause par le peuple algérien qui aspire à plus de démocratie, de liberté et de bien-être.
En vous demandant de bien vouloir publier et diffuser ce papier. Une réponse par courriel à cette demande serait appréciée. Merci. Farid Mnebhi.
Posté par Setamir, 2011-09-09T22:37:02+00:00  
Algérie: réponse aux mensonges et divagations du courtisan M. Mnebhi
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par Derrad Amar

lien:
http://allainjules.com/2011/09/08/algerie-reponse-aux-mensonges-et-divagations-du-courtisan-m-mnebhi/
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Franchement, en lisant seulement le titre et les 5 premières lignes de l’article, j’ai deviné du coup sa provenance. Car il n’y a que le Maroc et ceux qui se font appeler « l’opposition algérienne à l’étranger » ainsi quelques critiques indépendants non structurés qui passent leur temps, à tort ou à raison, à fustiger ou critiquer « le régime algérien », « le pouvoir des généraux », « la sécurité militaire » et tutti quanti. A la différence que chez les marocains transparait, en plus, une certaine colère et vengeance à voir leurs sites et certains de leurs journaux. Au début, je ne voulais pas répondre car étant habitué à ce genre d’attaques continues de l’Algérie dans leurs médias et à leurs inepties. Mais comme il s’agit cette fois du choix d’un site respectable, honnête, qui cherche la vérité – surtout en ce moment avec la Libye - j’ai compris qu’il y avait dernière un opportunisme et une volonté de brouiller les choses pour masquer la vérité. Je devais donc répondre pour rétablir la vérité aux habitués de ce blog avec objectivité, sagesse et simplicité.
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Une petite recherche sur l’auteur de l’article m’a permis de confirmer qu’il est marocain. Une lecture de ses articles me donne une idée sur sa personnalité. Lisez cet extrait titré « Réaction à l’article du Prince Moulay Hicham », cousin du roi Mohammed VI, surnommé le Prince ‘rouge’, en raison de son engagement pour une démocratisation du régime politique marocain, devenu une source « d’inspiration pour de nombreux marocains cultivés, comme les militants du mouvement de 20 février»:

« Qu’il me soit permis de réagir, comme tout citoyen marocain, … à l’article du prince Moulay Hicham [L’allégeance entre pratique démocratique et pratique théocratique], comme l’ont très bien fait Messieurs … Qu’il sache que la bey’a, acte d’allégeance, au Maroc constitue le ciment qui unit le Roi à Son peuple. Que cet acte se perpétue et se transmet de génération en génération… la cérémonie formelle de l’allégeance… sont parties intégrantes des institutions du Royaume du Maroc. Cette pratique ancestrale est capitale dans la «stratégie de légitimation du système politique marocain» … De plus, cette cérémonie a été instituée par le Prophète Sidna Mohammed au VIIe siècle, car sans bey’a, aucun acte religieux et politique n’est légitime… Par ailleurs l’allégeance et le Serment de la Marche Verte se doivent d’être transmis à nos descendants. … qui sont des éléments fondamentaux de notre identité nationale. Enfin, je me permets de rappeler à votre Altesse que vous avez signé l’acte d’allégeance … Que déduire de votre intervention sur la bey’a ? Je vous laisse seul pour me trouver la réponse et avec tous mes respects, Votre Altesse ».

Comme si le roi avait besoin d’une aide et en l’occurrence de celle Mnebhi. On déduit bien que ce dernier n’est pas du tout ce qu’il veut montrer être. Il n’est ni « des services marocain » ni même un sous-traitant chargé de la propagande, mais un vulgaire courtisan qui propose ses « capacités » et sa « prédisposition » à servir bassement.
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Ses articles que cite d’ailleurs le commentateur « moreno » confirment bien mes propos sur sa personnalité. Ses textes – qui visent en particulier l’Algérie – sont un tissu de mensonges et de contre-vérité. Il ne fait que dénigrer et fausser la réalité. Son article sur ce blog vient comme on peut le deviner en soutient aux renégats de Benghazi et à l’Otan bien sûr mais surtout comme occasion pour attaquer l’Algérie principalement. Au regard de quelques-uns de ses titres ont saisi parfaitement la « spécialité » de l’auteur : «À ceux qui attaquent le Maroc », «Une belle déculottée pour le mouvement du 20 février et ses ‘phagocyteurs’ », « Dissidence au sein du Front Polisario », « Déliquescence de l’Etat algérien et provocation d’Alger », « La schizophrénie des généraux algériens envers le Maroc », « Le Maroc en mouvement et l’Algérie dans l’inertie totale », «Une pantalonnade algéro-polisarienne historique en Libye », « Chute de Kadhafi : L’oligarchie militaro-politique algérienne en position critique » etc. Tous tournent autour du « pouvoir algérien », du Sahara occidental (RASD), de la fermeture des frontières. Ce qui est intéressant à dire c’est que toutes les interventions et critiques d’officiels ou de journalistes marocains, à propos de l’Algérie, se fixent toujours sur ces trois thèmes. Vous leur parlerez des « vendanges en Australie », ils s’arrangent pour introduire ces mêmes thèmes ! Une obsession maladive qui relève plutôt de la pathologie. Et l’on pressent chez eux un sentiment de frustration une envie de régler un compte à l’Algérie à travers leur récurrent souhait d’un chaos et incitation à la révolte. Leurs écrits et déclarations s’observent plus comme du clabaudage, du bavardage, des mensonges, du dénigrement et de propos méprisants que des écrits scientifiques qui se fondent sur l’analyse objective. On ne décèle aucun signe de sagesse pour de tempérer les divergences entre les 2 pays. En revanche, les algériens adoptent en vers eux une attitude plus mesurée en les ignorant souvent. Avec ces travers, franchement, ils ne rendent pas service à leur roi et à leur pays. Un roi qui tente de rompre avec les pratiques de son père en menant une politique progressive de démocratisation et de conciliation. Pratiques d’un ex roi despotiques et moribondes faites de complots, de combines, d’arrogance, de revanche et d’injustices dont le jeune roi a héritées.
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Pour mettre le lecteur au clair, il doit savoir ce qui divise actuellement le Maroc et l’Algérie. En plus des vicissitudes de l’histoire qu’aliment des stéréotypes que font durer certains surtout du coté marocain, il y a surtout le Sahara occidental et l’ouverture de la frontière.
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Le Sahara occidentale, que le Maroc occupe depuis 1975, après le départ des espagnols, est vue par l’Algérie comme un problème de décolonisation dont la solution est l’autodétermination du peuple sahraoui. C’est donc, aux yeux de l’Algérie, conforme à la légalité (au droit internationale) et légitime (au regard de son histoire coloniale). Là est la divergence fondamentale. Ecoutons notre ‘analyste’ « Alger voit également avec l’arrivée d’un régime démocratique pro-occidental à Tripoli [c’est-à-dire le CNT] un soutien de poids sur la question du Sahara Marocain s’évaporer. » Le Maroc soutient donc ces traitres pour ça ?
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La fermeture de la frontière par l’Algérie qui fait suite à l’attentat terroriste, en 1994, commis à l’hôtel Atlas Asni à Marrakech. Le roi Hassan II qui a vite fait d’accuser injustement « les services Algérien » – malgré les mises en gardes de certaines personnalités officiels français – impose par humiliation le visa d’entrée pour les Algériens tout en durcissant leurs conditions de séjours sur son territoire. En réponse l’Algérie ferme carrément les frontières pour bien «les rassurer». Qui est perdant ? Le Maroc dit que c’est l’Algérie. Pourquoi alors cette obsession à demander en permanence son ouverture contrairement à l’Algérie qui temporise en conditionnant cette réouverture «aux [règlement des] problèmes qui ont entraîné sa fermeture» selon Bouteflika et a «…une approche globale de ce que nous voulons faire de notre Maghreb» selon Zerhouni l’ex ministre de l’intérieur. En fait c’est bien le Maroc qui est et qui reste le grand perdant. Ce sont plus de 2 de milliards de dollards/an de perdus ; faite le calcul sur 17 ans ! Voilà les vraies causes et les vrais objectifs qui poussent les marocains à de tels comportements contre l’Algérie et ses dirigeants. Les visas ont été levés en 2005/2006. Reste plusieurs questions dont celle du Sahara Occidental.
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La liaison que fait Mnebhi avec ce qui se déroule en Libye est de l’opportunisme. On sait que le Maroc déteste Kadhafi, il est logique que le Maroc soutienne sa chute au pris d’un projet colonialiste, que mène l’Otan – son protecteur- avec l’appui de ses semblables tels les Émirats et le Qatar. Il est cohérent qu’il appui ceux qu’ils affublent de « révolutionnaires » libyens pour instaurer un régime à l’image de l’ex monarchie idrissienne. Il est cohérent aussi que l’Algérie se positionne contre ce projet contraire à son histoire et à ses principes.
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On retient que Mnebhi soutient le CNT et les galopins de Benghazi contrairement à nous qui les considérons comme traitres à leur pays au service d’un projet colonialiste de l’Otan que pilote la France, la GB qu’appui des régimes arabes vassaux, corrompus avec les terroristes de l’Aqmi. La différence est de taille ! « Les traitres on les sent de loin, ils puent » dit l’auteur de l’article dans un de ses commentaires. C’est exact. Les sentira-t-il avec la même définition de Larousse si le Maroc subit exactement ce qui se déroule en Libye ? Cet auteur fustige aussi l’Algérie pour avoir accueilli quelques membres de la famille Kadhafi alors que c’est un droit et un devoir qui appartiennent à l’Algérie. Question : Le Maroc, à son avis, les aurait-il livrés à ces traitres de Benghazi ? Que pense-t-il du royaume de Jordanie qui a accueilli la famille de Saddam ou de l’Arabie Saoudite qui a héberge Ben Ali et sa famille ?
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Ces gens-là du Maroc et d’ailleurs semblent dire aux algériens, à chaque fois, « vous accédez à nos demandes et nos désidératas sinon on vous suscite des révoltés ». Je lui rappelle d’abord que la révolte en Algérie, avec son ouragan, est déjà passée en 1988 (le 1ère dans le monde arabe), il y a 22 ans, lorsque le peuple s’est soulever pour imposer le multipartisme et certaines libertés. Ce n’est pas l’appel de Mnebhi ou de ses semblables qui vont la faire revenir.
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Les partisans du trouble qui ont choisi de vivre par le discours et la propagande en pensant manipuler et se servir des fils du peuple pour reconquérir des privilèges perdus ou imposer un point de vue ou une conduite doivent savoir que leurs discours et leurs opportunismes, à saisir toutes les occasions en l’occurrence les évènements de Tunisie, d’Egypte ou d’ailleurs pour les souhaiter à l’Algérie, n’ont aucun effet car très loin des intérêts et préoccupations des citoyens. Les révoltes justes sont celles qui émergent spontanément du peuple qui est le seul à voir mieux ce qui l’arrange sans se laisser inciter, guider ou conseiller par les milieux qui cherchent leurs intérêts en suscitant ou encourageant le désordre et les divisions. Leurs arguments de « démocratie, droits de l’homme ou liberté » sont de fallacieux prétextes surtout quand cela vient d’ex pays colonisateurs qui souhaitent des régimes à leur service ou de quelques Etats arabes, surtout les monarchies.
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Raté donc pour ceux qui misent sur la révolte de nos enfants qui leur répondent souvent par l’inverse de l’effet attendu. Il n’y a qu’à voir les commentaires/polémiques à cet article stoppés net sinon il y aurait eu un millier ou encore la réplique de plus de 30 000 internautes à Al Jazeera lui faisant ‘sauter’ son Facebook. L’harmonie pour l’intérêt et la défense du pays est totale.
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La réalité ici est que l’on se sent plutôt beaucoup mieux et en sécurité que nous l’avions été durant ce qui est appelé la «décennie noire» ou beaucoup de nos « frères » et « amis » étrangers étaient bien muet voire incitaient au désordre. Actuellement, on ne vit pas du tout ce que l’on veut nous faire croire. On ne sent pas la répression qui nous pousserait à fuir notre pays ou à nous révolter. Nous savons que ceux qui se nomment «opposants algériens à l’étranger» rentrent en Algérie et en sortent sans jamais être inquiétés. Il n’y a d’exilé ‘politique’, à notre connaissance, que ceux qui veulent le rester ou ceux qui sont poursuivis par la justice pour des motifs civils ou pénaux. La plupart ont travaillé ici, souvent en occupant de hauts postes de responsabilité.
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Les richesses du pétrole sont, il est vrais, mal réparties; convoitées ou captées par les spéculateurs et les ‘bazaristes’ comme au Maroc, par les partisans de « l’import-import » voire par des corrompus, mais reconnaissons que l’Etat a su amortir les effets en renforçant la justice et en améliorant les procédures. Depuis 15 ans, mais aussi depuis l’indépendance, l’Etat investi dans les grands projets structurants, les logements sociaux ou participatifs. Les écoles et lycées sont partout ainsi que les hôpitaux ou centres de santé. Les universités ou centres universitaires existent dans la plupart des grandes villes. Tous les villages disposent de l’électricité et de routes qui les desservent. La dernière réalisation est l’autoroute Est-Ouest de 1200 Km. Le métro d’Alger va être mis en service prochainement et des tramways sont programmés dans d’autres grandes villes. Les infrastructures hôtelières publiques et privés existent ainsi de grandes, moyennes et petites entreprises. Le transport public et privé est suffisant etc. On peut ajouter la contribution de l’Etat dans l’achat des logements ou dans la résorption de l’habitat précaire et rural pour tous les citoyens avec 700 000, 00 DA (soit 46 mois de salaire au SNMG). La médecine et l’éducation sont gratuites au niveau des structures de l’Etat, les principaux produits sont subventionnés, les plus démunis reçoivent des aides régulières, les filles non mariées sans emploi bénéficient d’une pension quand leur père décède, les bidonvilles sont sur le point d’être éradiqués et les occupants sont tous relogés, l’Etat aide les chômeurs, qui le souhaitent, en finançant leurs projets et en les encadrant par l’ANSEJ (pour les 18 à 35 ans) et par la CNAC (pour les 35 à 50 ans) à concurrence de 1 milliards de centimes ( 100 000 Dollars environ), construction de barrages et bien d’autres choses telle le remboursement de la dette alors que l’on arrivait même pas à rembourser les services de la dette lors de la « décennie noir ». Mais le tempérament de l’Algérien est qu’il n’est jamais satisfait et c’est tant mieux ! Car il y a des insuffisances par rapport aux capacités disponibles. Il reste encore le problème de chômage, cette maudite corruption qui n’est pas « érigée en dogme » comme au Maroc mais qui n’est pas plus importante qu’en France, cette injustice dans l’accès à certains emplois, l’absence de communication, la persistance de la bureaucratie dans certains secteurs, le diktat des spéculateurs et des gros commerçants, l’insuffisance dans la qualité des services et surtout la mauvaise utilisation des compétences. Qui des pays respectables n’a pas ces insuffisances ?
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L’opposition existe malgré ses carences et quelques blocages pour des raisons surtout sécuritaires. Elle n’est pas « satellite » au pouvoir comme on l’incrimine. La liberté de la presse est réelle, elle n’est pas du tout «aux ordres» comme on l’accuse par ignorance ou intentionnellement. Il y a plusieurs personnalités civiles et militaires, qui ont été aux commandes de l’Algérie, qui ne cessent de critiquer en Algérie le pouvoir, dans les journaux (une trentaine) ou lors des conférences, pour son orientation et sa gouvernance. Le ciel ne leur est tombé sur la tête à notre connaissance. L’Etat d’urgence est levé bien que nous n’ayons pas constaté nos faits et gestes entravés au point de nous paralyser comme on veut nous le faire croire. L’Algérie est le régime arabe le moins mauvais et le moins soumis à l’étranger reconnaissent beaucoup d’analystes.
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Notre démocratie est certes inachevée en raison de certains intérêts et des ingérences mais malgré cela, le régime en Algérie est loin de la ressemblance que l’on fait, à dessein, avec celui de Ben Ali qui a duré 23 ans et qui a sombré dans le népotisme ou à celui de Moubarek qui a duré plus de 30 ans. Aucun des gouvernements qui se sont succédés depuis l’indépendance n’a été à la botte de qui que ce soit encore moins des sionistes ! Le régime de Ben Ali est soutenu en l’occurrence par la France, de même que celui Moubarek par les EU et Israël, alors que l’Algérie est restée indépendante dans ses décisions malgré les tentatives de la déstabiliser. La différence est énorme. Depuis son indépendance en 1962 (soit 49 ans), l’Algérie a eu 8 dirigeants (soit en moyenne 1 dirigeant tous les 6 ans).
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Mnebhi peut-il nous dire si le Maroc fait de même ou mieux ?
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L’Algérie n’est ni un dragon ni un papier. L’Etat n’est pas en « déliquescence » ou en « inertie totale». Nous ne vivons pas « au seuil de la pauvreté ». Nous avons des pauvres mais nous n’avons pas l’état misère de beaucoup que nous constatons au Maroc. Nous ne comprenons pas votre affirmation illogique « l’Algérie vient de confirmer son naufrage amorcé voici près de six décennies ». S’il y a naufrage il est immédiat idiot il ne dure pas « six décennies ». Sinon on ne serait pas en train de nous développer mieux que tout le Maghreb et surtout le Maroc qui quémande sans cesse l’ouverture de la frontière pour booster son économie. Enfin, parce que le reste et du verbiage, l’Algérie n’a jamais pratiquée « une course effrénée à l’armement pour intimider son voisin marocain » mais a procédé au renouvellement d’une partie de son armement. Le Maroc a bien acheté des F 16 sans se voir faire des reproches par l’Algérie !
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L’expérience a montré que les plus virulents détracteurs d’un régime sont pour la plupart ceux qui l’avaient, à un moment, adopté. Une fois évincés, ils deviennent opposants ne cherchant en fait qu’à le remplacer en se faisant aider par des Etats connus pour leur passé colonial, impérialiste ou génocidaire mais aussi par d’autres qui sont loin des valeurs dites démocratiques. Ils sombrent dès lors dans la traitrise puis comme inexorablement vers la déchéance. Ce n’est donc pas pour des « valeurs » des « principes » ou une « morale » qu’ils se battent mais bien pour des intérêts bassement matériels et rien d’autres.
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C’est ce qui se passe en Libye.
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