LIBERTE PROVISOIRE POUR LES 12 PAYSANS QUI AURAIENT SACCAGE LE CHAMP DE WADE
Le procès renvoyé au 14 mars prochain
Publié le 23/02/2012 | 02H36 GMT par Bacary DABO
 
Les 12 membres du Collectif des paysans sans terre de Dioukoul (département de Kébémer), accusés de destruction de biens appartenant à autrui, bénéficient depuis hier, mercredi 22 février, d’une liberté provisoire. Le jugement de cette affaire qui fait suite au saccage des barbelés de clôture de la ferme «Mame Tolla Wade » qui appartiendrait au président de la République, Abdoulaye Wade, a été renvoyé au 14 mars prochain.
 
(Envoyé spécial) – Le procès de l’affaire des 12 paysans qui ont saccagé la clôture de la ferme dénommée «Mame Tolla Wade», installée à Dioukoul (département de Kékémer, région de Louga) et qui appartiendrait au président de la République, Abdoulaye Wade, est renvoyé au 14 mars 2012.

Une décision prise par le président de la deuxième chambre du tribunal correctionnel de Louga, M. Débé Mboh, au terme de son premier face à face hier, mercredi 22 février, avec les prévenus que sonT Moussa Nguer, Moustapha Nguer, Makhtar Nguer, Samba Nguer, Tala Nguer, Papa Nguer, Makhoudia Seye, Samba Seye, Ngagne Seye, Abdoulaye Ndiaye, Mamadou Ndiaye et Ndiamé Dia.

Ces derniers, originaires des villages de Nguer-Nguer et Yadiana et qui étaient en détention depuis près d’une semaine, viennent de bénéficier également d’une liberté provisoire.
En plus des accusations de destruction de bien appartenant à autrui et d’association de malfaiteurs, l’un d’entre eux, en l’occurrence Moustapha Nguer, est poursuivi pour menace de mort «même si dans le dossier, il n’y a pas la preuve pour l’oeuvre de ceux qu’il aurait menacé de mort», rétorque l’avocat de la défense.

Arrêtés le 10 février dernier par la gendarmerie de Kébémer, gardés à vue puis déférés devant le Parquet de Louga, ils sont suspectés d’avoir, deux jours avant, coupé les barbelés de clôture d’une ferme dénommée «Mame Tolla Wade» bâtie sur quelque 2070 hectares.

Conseillant ces paysans arrêtés, l’Ong Citoyenneté, consommateur et développement en Afrique (Cicodev) informe qu’au total, 99 paysans de quatre villages du département de Kébémer (Diokoul, Nguer-Nguer, Yadiana et Dahra) estiment avoir été spoliés de leur champs sans aucune concertation ou implication dans la prise de cette décision.

Revenant sur la liberté provisoire accordée à ses clients, Me Théophile Kayossi, avocat de la défense estime que «la décision qui a été rendue par le tribunal est une décision de sagesse qui participe à l’apaisement ». Il explique cette demande de liberté provisoire au fait que les prévenus sont tous domiciliés dans leur ressort et qu’il n’y ait pas de risque de subordination des témoins.

«Ceux qui ont reconnu avoir participé aux faits ont déclaré expressément qu’à l’avenir, ils ne se livreront pas à de telles pratiques mais ils continueront la lutte pour la récupération de leurs terres», a affirmé Me Kayossi. Avant d’ajouter : «je suppose que cette lutte sera menée envers les autorités étatiques et peut être une lutte judiciaire au niveau des juridictions administratives».

A la surprise générale, l’avocat a révélé que dans cette affaire autrui c’est un certain Serigne Bassirou Mbacké. «Ce que j’ai constaté dans le procès verbal d’attribution des terres du conseil rural c’estqu’il n’est pas question de M. le président de la République. Il n’est pas attributaire par contre la demande a été formulée par le Haut Commandement de la Gendarmerie ». Ce qui, à son avis, «veut dire qu’il ne s’agit pas d’une personne identifiée».

Me Kayossi de rappeler que le haut commandement de la gendarmerie nationale est une institution. Alors, considère-t-il, « s’il y a attribution, elle devrait se faire au profit de cette institution et non à une personne dénommée ». Il pense qu’au cours du procès, il sera question de répondre à la question «pourquoi ce sieur Mbacké se prétend aujourd’hui attributaire de ces terres ?». Avant d’ajouter : « d’après les informations qui nous sont parvenues, la partie civile serait disposée à lâcher du lest en retournant aux paysans une partie des superficies qui lui auraient été attribuées ».
 
 
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