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Résultats de l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique
LE SENEGAL, UN «BON ELEVE» INVITE A AMELIORER SES LACUNES
Nando Cabral GOMIS | 02/12/2017 | 09H57 GMT
 
Dakar a abrité ce jeudi 30 novembre la première discussion de haut niveau sur les résultats 2017 de l'Indice Ibrahim sur la gouvernance en Afrique (Iiag). Lors de cette rencontre organisée par la Fondation Mo Ibrahim (Mif) et qui a réuni plusieurs personnalités de la société civile, des universitaires et des anciens chefs d’Etat, le Sénégal y a obtenu un bon score et a été félicité. Toutefois, notre pays a été invité à améliorer ses lacunes dans des secteurs comme l’éducation et  l’environnement et la protection sociale. Du côté du gouvernement du Sénégal, aucun représentant n’a fait le déplacement.
 
La Fondation Mo Ibrahim (Mif) qui vise à promouvoir l'importance du leadership et de la gouvernance en Afrique a organisé ce jeudi 30 novembre à Dakar sa première discussion de haut niveau sur les résultats 2017 de l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (Iiag). Lors de cette première rencontre sur le sol africain qui a réuni plusieurs personnalités de la société civile, des universitaires et des anciens chefs d’Etat à l’exception des représentants du gouvernement du Sénégal, le pays de Téranga a été largement félicité pour son 10ème rang obtenu sur 54 États avec un score de 61,6 sur 100.
 
«Le Sénégal est un très bon élève qui progrès très vite, il a gagné 4 places en 5 ans», s’est réjoui Abdoulie Janneh, Directeur électif de la fondation Mi. Toutefois s’est-il empressé de nuancer : «le Sénégal n’est pas bon partout en raison de la détérioration de certain indice notamment au niveau du système de vaccination, de l’éducation, de l’environnement et de la protection sociale».
 
Prenant la parole à la suite du Directeur électif de la fondation Mi, dans le cadre d’un panel sur le classement du Sénégal, Alioune Tine, tout en se félicitant de progressions notées çà et là par le pays de la Téranga, a cependant tenu à préciser que ce rang du Sénégal témoigne plutôt d’un recul par rapport au passé. «Concernant les droits humains et participation, pour les gens qui ne connaissent pas l’histoire des droits de l’homme au Sénégal, ils vont certainement dire que c’est un très bon rang. Seulement, je précise que du temps de Senghor, le Sénégal était premier. Dans les années 1978 où on a organisé les premières élections pluralistes dans ce pays, l’opposition avait même 20%. En outre, le Sénégal a créé sa première institution des droits de l’homme en 1974 alors que sur le continent, on a commencé a parlé de ces institutions des droits de l’homme qu’avec la conférence mondiale sur les droits de l’homme de Vienne en 1995. À l’époque, tous les pays venaient s’inspirer du modèle Sénégalais», a souligné le Directeur du bureau régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Alioune Tine.
 
 «Ensuite, au Sénégal, on ne peut pas aujourd’hui, continuer à dire, on va arrêter, détenir des gens pour offense au chef de l’Etat comme le cas de certains chanteurs, on prend tout le monde. Cette disposition est archaïque. C’est dommage qu’il n’y ait pas de représentant du Sénégal dans la salle aujourd’hui. Le procureur se dit moi, je suis le président de la République mais quand vous avez un président qui a un pouvoir énorme, excessif et qui est chef de parti également, voilà ce que ça donne» ajoute encore l’ancien secrétaire général de la Raddho.
 
Quant à Abdoulaye Bathily, il dira : «Pour quelqu’un de ma génération qui a vécu les deux dernières décennies de la colonisation et qui a parcouru tout le demi-siècle après, a été engagé sur tous les fronts : le social, le politique, ce document permet vraiment de voir incontestablement les progrès qui ont été accomplis».
 
«Ce serait nihiliste de dire que l’Afrique n’a pas avancé» a aussi souligné le professeur Abdoulaye Bathily avant de faire remarquer dans la foulée : «comme dans les compétitions, on regarde celui qui est devant et pas celui qui est derrière. Je pense que c’est là, qu’il faut insister. Quels sont les problèmes aujourd’hui que nous avons pour aller de l’avant parce que la masse d’insatisfaction est encore là pour l’écrasante majorité de la population».
 
Abondant dans le même sens, le professeur Abdou Salam Fall, coordinateur du Laboratoire de recherche sur les Transformations économiques et sociales (Lartes) à l'Institut Fondamental d'Afrique Noire (Ifan), tout en attirant l’attention sur la propagande en cours au sujet de la démographie en l’Afrique, indique pour sa part que «lorsqu’on regarde le rapport, on peut tenter d’utiliser l’image d’une tortue pas très en forme».
 
«En matière de développement humain et durable, il y’a un progrès mais à un rythme très lent sur l’échelle du continent : hausse de 0.2% de l’indice de l’éducation en Afrique entre 2012 et 2016. Lorsqu’on regarde le score du Sénégal, on a des secteurs qui sont ceux du progrès comme celui de l’accès des filles à l’éducation qui s’est amélioré très fortement de même que le secteur des campagnes de vaccinations où on a un score de 100%. Mais dans le même temps, il y’a des indicateurs dans lesquels, il y’a des lenteurs notamment celui de l’exclusion sociale, les services de l’éducation», analyse l’enseignant chercheur en précisant que cette situation est liée aux inégalités structurelles dont les trois formes sont, entre autres, le rapport homme-femme, le rapport rural-urbain et le rapport scolarisation-non scolarisation. Les actions qu’il faut mener dans ces domaines doivent considérer que c’est des phénomènes structurels et qui appellent des réponses structurelles».
 
Etaient également présents lors de cette première rencontre tenue sur le continent, les anciens présidents de la République du Cap Vert, Pedro Pires et son homologue de la Namibie, Hifikipunye Pohamba, tous lauréats du prix Ibrahim respectivement en 2011 et 2014.
 
Prenant la parole, les deux derniers anciens d’États africains à être distingués par ce prix ont félicité les responsables de la fondation pour le rapport 2017 qui constitue selon eux, un cadre informatif très détaillé sur les problèmes mais aussi les avancées du continent en matière de la gouvernance globale pour les dirigeants et les leaders d’opinions africains. Ainsi, ils ont invité pour une meilleure vulgarisation de ce document au niveau de toutes les couches de la population africaine.
 
Le gouvernement boude la rencontre
 
Il faut dire qu’en dépit du rang et du score obtenus par le Sénégal dans le rapport de l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (Iiag) de cette année, le gouvernement n’a pas fait de déplacement pour assister à cette rencontre. Dans la salle, aucun représentant de l’Etat n’a répondu présent lors de cette première discussion de haut niveau en terre africaine sur les résultats 2017 de l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (Iiag). Les autorités qui selon une source proche de la fondation Mo Ibrahim avaient bien leur carton d’invitation à cette cérémonie via le ministère de la promotion de la bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance n’ont envoyé aucun représentant.
 
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