COUVERTURE MEDIATIQUE DE LA PRESIDENTIELLE
Le Synpics arme les journalistes
Publié le 02/02/2012 | 00H45 GMT par Ibrahima DIALLO
 
Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) a organisé une conférence de presse hier, mercredi 1er février à son siège à Dakar dans le cadre de la couverture médiatique de la présidentielle du 26 février 2012. A cette occasion, Diatou Cissé a invité les reporters commis pour la couverture de l’élection à être courageux, mais non téméraires, encore moins suicidaires, car «aucun article, aucun reportage ne vaut la vie».
 
Les journalistes commis pour la couverture de la présidentielle du 26 février doivent être «courageux, mais ni téméraires ni suicidaires. Il faut savoir faire la différence entre être téméraire, courageux ou suicidaire». C’est Diatou Cissé, la secrétaire générale du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), qui revient ainsi sur les attitudes à adopter par les reporters sur le terrain en période électorale. C’était lors d’une conférence de presse organisée hier, mercredi 1er février à son siège à Dakar.  

Diatou Cissé qui partageait avec ces derniers les consignes de sécurité du journaliste en période électorale et sur sa prise en charge durant la campagne a souligné que cette sécurité comporte deux niveaux, à savoir vis-à-vis des forces de sécurité et à un niveau individuel. C’est à ce dernier titre que «le journaliste doit apprécier et évaluer son propre niveau de risques» car « aucun article, aucun reportage ne vaut la vie. Le but est de ramener un article à la rédaction et non son corps à la morgue».

D’ailleurs le syndicat a envoyé un article prenant en compte cette préoccupation et les consignes de sécurité, validés d’accord parties avec le Synpics, dans toutes les rédactions pour amener les patrons de presse à les intégrer.  

Revenant sur le volet de la sécurité par rapport aux forces de sécurité, elle a indiqué que le Synpics reprochait aux forces de l’ordre, une agressivité gratuite et une propension à confisquer le matériel du reporter et de le détruire, la discourtoisie dans le propos parfois agressifs.  De même, ces forces de sécurité ont déploré de la part des journalistes, «un manque de collaboration car, parfois, ils refusent de se faire identifier par la carte de presse».

C’est pourquoi Diatou Cissé a invité les reporters à comprendre et à intégrer la psychologie des forces de sécurité, à «éviter les conflits sans enjeux». Et, il faut demander à parler au chef ou responsable en cas de besoin et non à l’agent qui n’est là que pour respecter les ordres reçus.

L’autre aspect de la sécurité concerne le port du gilet par le journaliste. «Le gilet ne répond pas à un souci de coquetterie, mais à un souci d’efficience dans la sécurité des journalistes. Le port gilet n’est pas obligatoire, mais il y a plus de raisons qui militent en faveur du port du gilet que le contraire», a-t-elle précisé. Pour ce qui est de la logistique, elle a suggéré de banaliser les véhicules autant que possible pour plus de sécurité.

Ce programme que le Synpics déroule pour la couverture de la présidentielle a démarré par la formation de quelque 200 journalistes sur l’étendue du territoire national, a rappelé la secrétaire générale. Et d’ajouter que dans le cadre du dispositif de veille, le Synpics a mis en place pour les journalistes un numéro vert, le 77 295 41 41, fonctionnel 24h sur 24.

Diatou Cissé a, par ailleurs, invité les journalistes à «revisiter les principes éthiques et déontologiques» qui fondent le métier de journaliste, à la «prudence» et au «recoupement» de l’information surtout en période de campagne électorale. Bref, le journaliste «doit observer un certain professionnalisme dans l’exercice de son métier» et adopter les «bonnes attitudes». Elle a attiré l’attention sur les manipulations les plus en vue dans ce contexte électoral et les informations à privilégier.

Concernant les contraintes que le journaliste peut rencontrer sur le terrain, la secrétaire générale du Synpics a appelé les patrons de presse à allouer un minimum de 30.000 F Cfa par jour au reporter commis pour la couverture de la campagne, plus du crédit téléphonique et un moyen de déplacement adéquat. Car «c’est un souci de sécurité que d’assurer l’autonomie du reporter, pour ne pas dépendre du cortège».
 
 
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