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GUERRE DU MALI
Le Tchad s'impatiente face à la Cedeao
Cheikh Tidiane MBENGUE | 04/03/2013 | 01H18 GMT
 
Au moment où les morts commencent à se compte au Mali où la guerre fait rage, le Tchad qui s'est très tôt imposé dans la lutte contre les rebelles djihadistes, en envoyant le plus gros contingent africain, commence à afficher son impatience face à l'indolence des troupes ouest-africaines et maliennes, lentes à  se déployer dans le nord du Mali.
 
La  CEDEAO, se sentant incriminée,  invoque un manque de financements. Nouvellement réélu à la tête de cette institution sous régionale pour  un second mandat, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a cependant assuré de la détermination de la région à porter ses effectifs à 8.000 hommes. Du côté des Jihadistes qui se sont repliés pour mieux se défendre, la mort controversée de Abou Zeid, leader de Al Quada en Afrique continue d’alimenter les débats. Si  les troupes françaises appuyées par les forces maliennes ont permis la récupération des zones occupées par les jihadistes, sur le terrain d’affrontement, notamment dans les montagnes, une véritable guerre s’est déclenchée pour  anéantir les islamistes et les narcotrafiquants qui opèrent dans la zone ouest africaine. Une mission certes difficile du fait que les jihadistes, se sachant acculés par les militaires français, ont adopté une autre stratégie en se repliant.

Et l’armée française consciente qu’elle s’est déjà engagée dans cette bataille doit aller jusqu’au bout. Mais pour cela, elle a surtout besoin de l’appui des troupes ouest africaines sur le champ de bataille. Or un retard sur le théâtre d’affrontement a été constaté, nécessitant l’appel pressant du président du Tchad à l’intention de la Cedeao et des soldats maliens, pour que les militaires soient déployés au front, en vue de renforcer le dispositif tchadien et français sur la ligne de front. Une ligne où 25 soldats tchadiens ont perdu la vie et une cinquantaine de blessés lors des affrontements du 22 février dernier avec les jihadistes.

Des morts qui ont d’ailleurs été aussitôt honorés par le régime tchadien qui avait décrété le vendredi dernier une journée de deuil national chômée et payée. Mais l’appel du président tchadien va-t-il pousserles troupes de la Cedeao et les forces maliennes à se présenter dans les points chauds dans les meilleurs délais? En tout cas, les prochains jours édifieront sur ce qui se décidera. Déjà, du coté de la Cedeao, des voix se sont font entendre, en l’occurrence  celle du président ivoirien Alassane Ouattara qui vient d’être réélu pour un second mandat à la tête de cette institution ouest africaine.

Ce dernier a reconnu implicitement lors du dernier sommet de la Cedeao bouclé le mercredi dernier, que la Misma rencontrait des difficultés et a appelé à la mobilisation urgente des fonds promis lors d’une conférence internationale à Addis-Abeba fin janvier, et à l’apport des « ressources additionnelles indispensables ». Alors que la communauté internationale s’est engagée fin janvier sur une enveloppe de plus de 455 millions de dollars (338 M EUR) destinée à la Misma, à l’armée malienne et à l’aide humanitaire, la Côte d’Ivoire a affirmé lundi que les besoins globaux se montaient à 950 millions de dollars (715 M EUR), soit plus du double. Une problématique financière qui risque de ralentir la présence de la force ouest africaine et malienne dans l'actuel champ de bataille.

L’enjeu est de taille au moment où le conflit change de nature avec des accrochages violents et une série d’attentats-suicides, dont le dernier a fait entre quatre et sept morts mardi dernier à Kidal (1.500 km au nord-est de Bamako), où sont présents soldats français et tchadiens. Les armées africaines sont censées prendre à terme le relais de la France mais, pour de nombreux observateurs, les troupes maliennes et la Misma ne sont pas pour le moment en mesure de contrôler à elles seules l’immense moitié nord du Mali, que les islamistes avaient conquise l’an dernier. La France, qui a engagé 4.000 hommes et avait évoqué un début de retrait à partir de mars, a dû faire preuve de prudence, assurant ne pas vouloir « partir de manière précipitée ».

La Cedeao assure que quelque 6.000 de ses soldats sont déjà au Mali, mais côté français on parle plutôt d’environ 3.500. Dans tous les cas, l’essentiel de ces troupes n’est pas présent sur les points chauds. La France qui s’est déjà engagée est aussi contrainte d’être présente aussi longtemps que possible dans la zone pour ne pas être responsable de la situation si elle se dégrade.
 
 
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