A la Une | Editorial | Analyses | Chronique | Dossiers | 100% Sud | Mon Sud a moi | Journal des internautes
 

 
 
 
 
EUX & NOUS -PAR FADEL DIA
LES ETATS-UNIS, UNE REPUBLIQUE BANANIERE ?
Fadel DIA | 16/01/2017 | 09H19 GMT
 
Comment cela s’appelle un pays qui confie son sort, et indirectement celui du monde, à un homme, multimilliardaire, dont l’équipe gouvernementale, recrutée sur le seul critère de son aisance matérielle, dispose d’une  fortune qui dépasse les revenus  cumulés du tiers de  sa population (ce qui représente tout de même plus de 120 millions de personnes !),ou  l’équivalent du PIB de 100 pays du monde, un président qui avoue sans honte qu’il  s’est enrichi par des procédés certes légaux mais moralement condamnables parce qu’ils reposent sur l’exploitation des failles de la loi, sur l’art de frauder sans se faire prendre ?
 
Comment cela s’appelle un pays dont le président, propriétaire d’un groupe aux vastes ramifications internationales, négocie encore des contrats à quelques jours de son investiture officielle, annonce qu’il conservera de fait ses actifs dans ses sociétés, ce que n’avait fait aucun de ses prédécesseurs depuis près d’un demi siècle, refuse donc obstinément de se défaire de ses responsabilités de chef d’entreprises au sein desquelles il exerçait plus de 500 fonctions de premier plan ?
 
 
Comment cela s’appelle un pays dont le président, au mépris de toute éthique, confie à des membres de sa famille, tous novices en politique, les fonctions parmi les plus importantes dans la gestion de l’état, sur la seule base des liens qu’il entretient avec eux et non en se fondant sur leurs compétences, sans même exiger d’eux qu’à leur tour ils se préservent de tout conflit d’intérêts entre leurs propres affaires et celles de la communauté nationale ?
 
Comment cela s’appelle un pays dont le président  ne reconnait pas la continuité de l’Etat républicain et la nature sacrée de la chose jugée, qui se propose de remettre en cause les engagements les plus solennels souscrits par le gouvernement, les acquis les plus significatifs de son prédécesseur et qui touchent au bien être de ses concitoyens, à la préservation de la qualité de la vie dans le monde, au maintien de la bonne entente entre les nations ?
 
Comment cela s’appelle un pays dont le président se propose d’ exercer son autorité , alternativement, entre sa résidence officielle et son domicile privé, mettant à  rude épreuve les agents destinés à assurer sa sécurité, qui dénie néanmoins toute crédibilité aux informations fournies par ses propres services de renseignements , les plus performants du monde, et préfère s’en remettre à ses états d’âme, qui exprime le plus profond mépris à l’endroit des plus défavorisés de ses concitoyens, des handicapés, des minorités ethniques et religieuses et des ressortissants des pays étrangers ?
 
Comment cela s’appelle un pays dont le président  a vu son élection  désavouée par la majorité de ses concitoyens, qui s’était fait remarquer par un opportunisme politique qui l’avait conduit à changer de parti une bonne demi douzaine de fois, qui  avoue d’ailleurs qu’il n’a aucune conviction en politique ,même sur les sujets les plus graves, et que sa seule ambition est de faire de l’argent et encore de l’argent et de contribuer à accroitre le patrimoine des nantis, y compris le sien et  celui de ses proches, quitte à enrichir les plus riches et à appauvrir les plus pauvres ?
 
Comment cela s’appelle un pays où tous les pouvoirs, exécutif et législatif notamment, et même judiciaire, sont aux mains de la même faction dont les représentants sont pour la plupart des milliardaires, ou en tout cas  parmi les mieux nantis de la nation, mais aussi parmi les plus incultes, politiquement et socialement parlant,  si l’on considère leur indifférence ou leur méconnaissance  de l’état de détresse de certains de leurs concitoyens ou de la désespérance d’une partie des peuples du monde ? Ce mode de gouvernement censitaire explique notamment que chaque membre de cette oligarchie d’argent, imbu de sa richesse, s’exprime sans mesure ni discipline, et qu’à peine nommée l’équipe appelée à diriger le pays , mais qui n’est pas encore aux commandes, se fait remarquer par  la cacophonie  installée en son sein et qui donne l’impression qu’elle est un bateau ivre  ! 
 
Comment cela s’appelle un pays dont le président ,appelé à jouer le premier rôle dans la gestion du monde, a pour préoccupation, au cours de sa première prestation publique, non de livrer à l’opinion sa vision des grands défis qu’il aura à affronter, mais à répondre aux questions touchant à ses moeurs, aux turpitudes sexuelles dont on l’accuse et qui peuvent mettre en danger sa liberté d’action si elles s’avéraient exactes ?
 
Le pays décrit ici n’est pourtant pas une « république bananière » ,parce que les Etats-Unis ne sont pas la terre d’élection de ce fruit, parce que, surtout, ils ont bien d’autres ressources et sont capables d’étonner le monde ,comme ce fut le cas avec l’élection de Barack Obama comme premier président noir d’une nation qui quarante ans auparavant contestait aux Noirs jusqu’au droit de vote. Les Etats-Unis ne sont assurément pas cette caricature de gouvernement rongé par la dictature et la corruption qui avait inspiré l’expression à l’écrivain O. Henry au début du XXe siècle, mais ce qui se profile à l’horizon avec l’arrivée au pouvoir de l’arrogante et imprévisible « Trump team »,composée  très majoritairement d’hommes, de blancs et de riches, de militaires bellicistes et d’hommes d’affaires lobbyistes et comploteurs, rescapés des plus grands scandales financiers des dernières années, avec un chef  qui déjà foule aux pieds ses promesses de campagne , c’est en toute beauté, le symptôme  du délabrement spirituel et moral qui plane sur une nation gouvernée par l’argent et par le spectacle…
 
 FADEL DIA
 
Commentaires (0 )
 
    • Veuillez saisir votre nom
      Invalid format.L'adresse n'est pas valide
      Exceeded maximum number of characters.Veuillez saisir votre message
      Security Code
      Le code n'est pas valide
 
 
Par Pr Demba SOW
L’AGRICULTURE NE PEUT PAS REGLER DE FAÇON DIRECTE LE PROBLEME DU CHOMAGE AU SENEGAL
Par Mody NIANG
AUTRE CONSEQUENCE DE LA FOLIE DEPENSIERE DE NOS DEUX PRESIDENTS-POLITICIENS : Le gonflement inquiétant de la masse salariale
EUX & NOUS Par Makhily Gassama
HOMMAGE à WILLIAN SASSINE - A l’enfant terrible de la littérature africaine
EUX & NOUS - Par Fadel DIA
TRUMP ET LA SOLITUDE DE L’AFRIQUE
Eux & Nous Par Ibrahima Gassama, Ph.D.
TUERIE DE BOFA ET EXPLOITATION FORESTIÈRE EN CASAMANCE : Signal clair d'une mal gouvernance (1)
Eux & Nous Par Ousmane SENE
«We are first in…» - L'Inde est-elle en train de s'approprier cette affirmation forte ?
Eux & Nous - Par Mody NIANG
LE FRONT SOCIAL EN EBULLITION : LA SOLUTION N’EST SUREMENT PAS POUR DEMAIN
 
 
 
 
   
 
 
 
Sud Quotidien Amitié II x Bourguiba BP : 4130 DAKAR Tél : (+221) 33 824 33 06 / (+221) 33 824 33 15 Fax : (+221) 33 824 33 22