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EUX & NOUS Par Ibrahima KONATE
LES GRANDS CHANTIERS DU PRESIDENT EN EXERCICE DE LA CEDEAO
30/08/2017 | 09H11 GMT
 
Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont élu le 04 juin dernier à Monrovia lors du  51è Sommet ordinaire de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) Faure GNASSINGBE,   président en exercice de l’organisation sous-régionale pour un mandat de un (1) an. Il succède ainsi à Mme Ellen , présidente du Libéria. Le Chef de l’Etat togolais  qui est à la tête du  2è pays le plus performant en matière d’intégration régionale dans l’espace communautaire après la Côte d’Ivoire, s’est engagé dès son élection, à renforcer le processus d’intégration et fait une promesse : «faire de la CEDEAO une organisation des peuples».
 
A son  élection, le président togolais a plaidé pour la mise en œuvre d’actions devant permettre à l’organisation de faire des sauts qualitatifs. Parmi elles, le déploiement des programmes d’intégration régionale. Il s’agit de lever les obstacles à la libre circulation des personnes et des biens, de mettre en application les dispositions du Protocole relatif à la libre circulation des personnes, du droit de résidence et d’établissement, de mettre en place la carte d’identité biométrique ou encore de supprimer des barrières non tarifaires et la mise en œuvre du Tarif extérieur commun (TEC) de la CEDEAO.
Sur le plan de la paix, de la sécurité régionale et du renforcement de la démocratie,  la nouvelle présidence en exercice s’est engagée à résoudre la crise en Guinée Bissau à travers le respect et la mise en œuvre de l’Accord de Conakry par les parties. Elle sera très regardante sur les prochaines élections prévues au Libéria et demandera à l’organisation de s’impliquer pour relancer économiquement et stabiliser  relancer économiquement et stabiliser la Gambie.
 
REUNION SUR LA LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES :
 
Quatre grands chantiers initiés par Faure GNASSINGBE meubleront sa présidence à la tête de la CEDEAO. Notamment  l’organisation d’une réunion sur la libre circulation des personnes. Selon le Traité d’Abuja (chapitre 6), la libre circulation des personnes et leurs droits de séjour et d’établissement au-delà des frontières font partie des principes fondateurs de la communauté économique africaine. La liberté de circulation des personnes en Afrique consiste à permettre aux ressortissants d’une Communauté économique régionale (CER) de se déplacer librement dans tous les Etats membres de la CER, ce qui leur permet de résider dans tout Etat membre autre que leur pays d’origine, d’y résider et de s’y établir en vue d’y exercer une activité économique salariée ou indépendante. En Afrique de l’Ouest, la libre circulation des personnes est consacrée par les textes fondateurs des organisations sous-régionales notamment ceux de la CEDEAO. A cet effet, on peut évoquer : l’article 59 du Traité de la CEDEAO, le Protocole A/SP.1/5/79 de Dakar du 25 mai 1979 sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement, le Protocole A/P/3/5/82 du 29 mai 1982, signé à Cotonou et portant code de la citoyenneté de la communauté et le Protocole A/SP.1/7/86 d’Abuja du 1er juillet 1986 relatif au droit de résidence et le Protocole A/SP.2/5/90 de Banjul du 29 mai 1990 relatif au droit d’établissement.
 
Malgré cette consécration par les textes communautaires, la libre circulation des personnes peine à être effective. Plus grave encore, le droit d’entrée est constamment remis en cause par des pratiques illicites (tracasseries et rackets aux frontières et à l’intérieur des Etats, etc.). L’un des facteurs explicatif des entraves à la libre circulation est que les citoyens de l’espace communautaire ignorent leurs droits et devoirs en matière de libre circulation.
La situation devenant de plus en plus préoccupante au sein de l’espace CEDEAO, il convient d’initier de stratégies nouvelles pour mettre réellement en œuvre les textes consacrés à cet effet.
Pour apporter une contribution significative à l’effectivité de la libre circulation des personnes dans l’espace CEDEAO, la République togolaise, dans le cadre de sa présidence en exercice de la CEDEAO, organisera donc  une réunion sur « la libre circulation des personnes dans l’espace CEDEAO) ».
 
ORGANISATION D’UN SOMMET EXTRAORDINAIRE SUR LA PAIX ET LA LUTTE CONTRE L’EXTREMISME VIOLENT EN AFRIQUE
 
Elle sera l’un des temps forts de la présidence togolaise. L’Afrique de l’Ouest est victime d’attaques terroristes qui menacent la stabilité de toute la région. Des mobiles internes et externes expliquent l’émergence de cette situation. Au plan interne, il faut noter que les conditions économiques, surtout la pauvreté, le sous-développement et le chômage, et des facteurs politiques liés à la corruption, l’impunité et à la mauvaise gouvernance, rendent l’Afrique de l’Ouest vulnérable à l’extrémisme religieux. Au niveau externe, la crise libyenne et l’émergence des mouvements terroristes dans l’espace sahélo-saharien constitue une source d’insécurité dans la région. Les attaques terroristes enregistrées en Afrique de l’Ouest ont des conséquences sur les plans politique, économique, socio-psychologique et géopolitique. L’extrémisme déstabilise la région et met en évidence la fragilité des son système sécuritaire, il décrédibilise la région aux yeux des bailleurs des investisseurs étrangers et fragilise la cohésion sociale, surtout si le discours extrémiste reçoit un écho favorable auprès de certaines couches de la population de la région.

L’Afrique de l’Ouest doit maintenant agir de manière urgente pour répondre et lutter efficacement contre ce fléau dont les conséquences sont incalculables sur la survie des Etats de la région. Etant donné que le phénomène a pris une ampleur régionale, il lui faut une réponse régionale.    De fait, le nouveau président en exercice de la CEDEAO veut concentrer ses efforts en matière de maintien de la paix et de la sécurité dans la région sur la convocation d’un Sommet extraordinaire de la CEDEAO sur « la paix et la lutte contre l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest ».
 
FORUM ECONOMIQUE DE LA CEDEAO
 
L’espace CEDEAO est un vaste chantier de mise en place d’infrastructures et d’équipements socio-économiques dont les moyens pour y parvenir sont énormes. Les Etats ouest-africains à eux seuls ne disposant pas de moyens financiers assez conséquents ont besoin d’investissements de la part de leurs partenaires. De plus, la CEDEAO constitue une zone en plein essor économique pouvant attirer de potentiels investisseurs, d’où la nécessité de nouer des partenariats solides afin d’y drainer les ressources nécessaires à son développement. S’il est vrai qu’il existe déjà quelques partenariats avec certains pays et institutions, la CEDEAO a besoin d’un souffle nouveau en matière de partenariat en vue de réaliser ses nobles ambitions. C’est fort de ce contexte qu’il est prévu dans les mois à venir, un  « Forum économique de la CEDEAO »
 
LA MISE EN PLACE D’UN SYSTEME DE SANTE EFFICACE EN AFRIQUE DE L’OUEST
 
De son expérience dans la coordonnateur dans la riposte à la pandémie de la maladie à virus Ebola, Faure Gnassingbé  se propose, dans le cadre de sa présidence en exercice de la CEDEAO, de faire un plaidoyer dans le sens de l’amélioration du système sanitaire/ou de santé en Afrique de l’Ouest afin de garantir une vie meilleure et de préserver les citoyens ouest-africains d’éventuelle crise sanitaire.

Pour rappel, la CEDEAO a été créée en 1975 avec le Traité de Lagos ( Nigéria). Elle  a pour objectif de promouvoir la coopération économique et politique entre les Etats. Elle est à cet égard en phase avec l’Histoire dans la mesure où les Ouest-Africains , bien avant la colonisation, ont été parmi les populations les plus mobiles au monde même si l’essentiel de cette mobilité s’est effectuée au sein de la région. Elle compte 300 millions d’habitants, soit 40% de la population en Afrique subsaharienne, répartis sur une superficie de 5,1 millions de km2. Aux côtés des trois langues officielles étrangères (anglais, français et portugais), coexistent dans cet espace sous-régional plus d’un millier de langues locales dont des langues transfrontalières comme l’éwé, le fulfulde, le haoussa, le mandingue, le wolof, le yoruba, l’ibo etc.
 
Ibrahima KONATE
(ibrahimkonate@yahoo.fr) 
 
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