| CHOMAGE DES JEUNES A SEDHIOU |
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| Les mototaxis, l’alternative |
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| Publié le 09/02/2012 | 01H49 GMT par Ibrahima DIALLO
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| Reportage. «Vous voulez un taxi ? Auto ou moto ?» Ce sont là les deux phrases (entonnées en mandingue) qui accueillent tout voyageur qui débarque à la gare routière de Sédhiou, à sa descente de voiture. Des jeunes, face au manque d’emplois, ont investi le crénom des Taxis ‘’clando’’ et des mototaxis largement plus nombreuses et plus accessibles pour joindre les deux bouts. «Nos hommes politiques n’ont rien fait pour les jeunes de Sédhiou, c’est pourquoi on assiste à une prolifération des mototaxis qui constituent une bonne trouvaille pour résorber le chômage des jeunes», souligne un conducteur rencontré à l’entrée d’un grand commerce. |
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Ce moyen de transport a fait son apparition dans la commune en 2010, grâce à Papis Demba Cissé, l’international sénégalais. A l’origine, le footballeur natif de la ville avait acheté 8 mototaxis qu’il avait remis à ses frères pour permettre à ces derniers de travailler. Et, vu son succès, le phénomène a pris de l’ampleur et aujourd’hui, plus de 300 mototaxis assurent le transport voyageurs dans a Sédhiou. Les autorités leur facilitent le travail. Toutefois les conducteurs doivent au préalable obtenir un permis de conduire, se munir d’une carte grise, de vignette et souscrire à une police d’assurance pour travailler en paix à l’intérieur de la commune. «Mais une fois à l’extérieur, on est soumis à des contrôles interminables et parfois il faut payer pour passer», déplore-t-il.
Le tarif fixe de transport à l’aide de mototaxis pour toute destination à l’intérieur de la ville est de 200 F Cfa. Leurs conducteurs doivent verser «entre 2000 et 2500 F Cfa par jour chacun au patron. Au début, la concurrence n’était pas rude et c’était des périodes de vache grasse. Les patrons réclamaient 3000 F Cfa de versement journalier. Mais aujourd’hui, avec la concurrence, ils demandent au maximum 2500 F Cfa par jour. Des fois, il est difficile de rassembler 2000 F Cfa la journée, ce qui est souvent à l’origine de petits problèmes avec des patrons qui ne se soucient que du versement quotidien», note Demba Diallo chauffeur de mototaxi rencontré en face de la pharmacie à côté du For Pinet Laprade.
Pour ce qui est du salaire, il y a plusieurs modes de rémunérations. Certains sont payés à la fin du mois alors que d’autres trouvent un consensus avec le patron. «Nous discutons du payement mensuel qui tourne au tour de 15000 F Cfa au minimum. Ce n’est rien, mais il n’y a pas d’autre travail à faire. D’autres s’accordent avec l’employeur : ils travaillent pour le propriétaire de la moto du lundi au vendredi en lui versant toutes les recettes de ces jours ouvrables et ils gardent tout ce qu’ils gagnent le week-end», a précisé son voisin.
Ces conducteurs d’engins ciblent des zones qu’ils choisissent comme point de départ des clients. Il s’agit d’endroits à forte concentration humaine, et les plus fréquentés par les populations. Et, ce choix n’est pas fortuit. «En dehors de la gare routière, des mototaxis stationnent devant les grands commerces, les services notamment les banques. Pour le petit matin, nous ciblons les sorties de la ville et vers 10 heures, le marché centrale devient le principal point de départ des passagers, pour la plupart des femmes qui viennent faire leur marché et qui rentrent», informe le jeune homme, la trentaine.
Cependant, cette activité n’est pas sans difficulté. Le principal problème auquel ils font face «c’est l’absence de routes praticables. La dégradation des routes est à l’origine des nombreux accidents et pannes que nous déplorons». S’y ajoute qu’au début il y avait un rapport conflictuel entre les conducteurs de mototaxis et les chauffeurs de Taxis ‘’clando’’ qui font office de taxi urbain dans la ville. «Ils nous chassaient de la gare routière au début, mais maintenant ils ont compris que face au chômage, ils n’y peuvent rien. Et chaque client à sa préférence», poursuit notre interlocuteur.
Ce que confirme un taxis-man, Abdou Dramé dit ‘’Zizo’’ (son nom d’artiste). «Notre principale préoccupation c’est l’état de dégradation très avancé des routes de la commune. On ne peut travailler pendant une semaine ferme sans que le véhicule ne se retrouve chez le mécanicien». Or «la course est de 500 F Cfa dans la commune. Nous percevons un salaire mensuel qui ne dépasse pas 30000 F Cfa. Ce qui est dérisoire par rapport à la cherté de la vie».
Pour résorber le chômage des jeunes, «nous avons fait des propositions aux autorités politiques pour la création d’entreprises, notamment des unités de transformation de fruit. Ces boîtes vont employer des personnes qui auront recours aux moins de transport pour se rendre à leur lieu de travail. Ce sera une chaine d’emploies, mais en vain. Ce qui fait que les populations n’ont pas confiance à ces hommes politiques et aux autorités qui les dirigent», indique l’artiste-taximan.
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