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L'offre gracieuse de voitures aux députés par le président de la République, n'a pas tenu compte de l'opinion majoritaire des Sénégalais
23/02/2013 | 02H03 GMT
 
 
Je pensais que Macky Sall allait répondre avec pertinence à ceux-là, qui pensent qu'on demande à être représentant du peuple pour vivre tels des pachas, dans l’opulence et le luxe et non comme un sacerdoce. Voici des Sénégalais parmi nous, à qui le peuple donne Tout en fin de compte, sans qu’ils aient l’obligation de lui rendre compte. Mieux, durant toute la durée de leur mandat, qu’il s’agisse des députés départementaux ou nationaux, le peuple ne dispose d’aucune possibilité de leur contrôle une fois élus, afin de les sanctionner en cas de besoin pour manquement éventuel.  Et Dieu sait, qu’ils en commettent énormément.

La preuve, en prenant simplement la question de leur présence effective pendant les sessions à l’Assemblée nationale lors des sessions, nous constatons un taux d’absence  effarant, sans aucun risque à leur encontre. Et contrairement à une règle générale, tout salarié est astreint à des obligations strictes de présence effective à son lieu de travail et pour un temps bien déterminé, faute de quoi, il est soumis à des sanctions graduées, qui peuvent aller jusqu’au licenciement. En général et dans la règles, aucun fonctionnaire de l’Etat ne peut bénéficier de l’offre gracieuse d’une voiture. Tout au plus, ils ont droit un véhicule utilitaire de service, un bien de l’Etat ou une indemnité de transport prévu par les textes.
 
Alors, le président, en offrant aux députés malgré toutes les dénonciations et désapprobations de la mesure depuis le début, d’attribution de voitures avec certainement du carburant et en plus de luxe et non utilitaire de service, a suivi exactement les pas de son prédécesseur qui a été limogé pour des faits similaires. En effet, jusqu’à preuve du contraire, cette dépense est illégitime et le vote des députés en leur propre faveur, comme un privilège qu’ils veulent légaliser, ne peut en aucune façon rendre cette mesure légale, qui n’est pas une obligation envers l’Etat, mentionnée quelque part dans nos textes législatifs et réglementaires. Par conséquent, et de manière délibérée, le président a cédé à une exigence politicienne et foncièrement égoïste de certains députés. A mon sens, c’est une dérive grave et un acte inattendu, dont le président Macky Sall portera l’entière responsabilité et les conséquences qui en découleront.

C’est incompréhensible, surtout à l’état actuel de nos finances, où l’on traque et pourchasse jusqu’à leur dernier retranchement, ceux qui ont usé des biens mal acquis ; et quand justement, il prône encore la rupture avec un passé récent, par une gestion plus vertueuse, efficiente et rationnelle des deniers de l’Etat. Dans le cas d’espèce, l’argent du contribuable qu’il a utilisé pour satisfaire les revendications infondées des députés, est un détournement d’objectif inadmissible et injustifiable, politiquement, économiquement et socialement, au vu de toutes les urgences qui nous envahissent et auxquelles, le pays doit faire impérativement face et présentement. Imaginez une somme aussi importante de 5250000000 F (Cinq milliards deux cent cinquante millions) ce que cela pouvait régler parmi nos urgences de l’offrir comme privilèges à des gens, sans y être obligé. Et après aller emprunter ou quémander auprès des institutions financières ou des pays développés. Dans un Etat de droit qui se respecte, ce sont tous les citoyens qui doivent être soumis à la loi et la législation du travail sur le même pied.
A y voir de près, on note que le président Macky Sall, ne prête pas tellement une oreille attentive au peuple sénégalais et à ses préoccupations majeures de l’heure.

Comme également, ses promesses qu’il a consignées dans son programme de Yoonu Yookute et que les Sénégalais ont parfaitement bien notées dans leur mémoire. L’oubli, l’inobservation ou la non-tenue de ses engagements, faits librement aux électeurs pendant la campagne électorale, qu’il substitue en lieu et place maintenant par la satisfaction des revendications de ses amis et proches politiques, pourraient lui être fatale et lui créer des ennuis dans le futur, pour  la gestion démocratique du pays basée sur l’équité et dans la paix sociale.  Comme il l’avait si bien dit : « rien ne devrait plus être comme avant » Mais aussi,  il faut y ajouter que le peuple sénégalais est devenu autre, depuis le 25 mars 2012. Alors, ne pas en tenir compte dans la gestion présente du pays, est synonyme de faute politique grave monsieur le président de la République. A vous d’en juger !
 
A propos d’ailleurs de l’utilité de nos députés, précisément pour le cas de certains d’entre eux tout au moins. Au demeurant, au-delà de participer  aux votes des lois pour leur légalisation formelle, il est difficile de mesurer concrètement, qu’elle est leur utilité au sein de cette auguste Assemblée ?  Et même de savoir aussi, s’ils appréhendaient correctement leur rôle ou mission de député? L’impression qui se dégage largement aux yeux des populations à leur égard, c’est qu’ils ne sont là que pour eux-mêmes, en ne revendiquant que des avantages à eux seuls, à savoir voiture gratuite, terrain personnel, passeport diplomatique avec leurs épouses illimitées, retraite parlementaire et tutti quanti.  Quant au peuple qu’ils prétendent représenter et défendre les intérêts, ceci est le cadet de leurs soucis. Mais ces braves gens n'ont-ils pas un salaire de plus d'un million? Et combien de Sénégalais parmi les 12 ou 13 millions que nous sommes, perçoivent seulement deux cent mille francs, et qui se prennent en charge entièrement avec leur famille. Je ne parle pas des chômeurs, des jeunes sans emploi, des retraités et j'en passe, qui se débrouillent avec le peu qu'ils gagnent honnêtement.

Est-ce que réellement, de tels députés sont aujourd’hui, préoccupés par les inondations récurrentes dans le pays, les pénuries de toutes sortes, la cherté du coût de la vie qui écrase certaines populations, l’école publique qui se meurt et l’éducation en général préoccupante à l’heure actuelle,  l’insécurité généralisée dans le pays, la situation pénible dans le monde rural, le chômage en général et celui des jeunes en particulier…, pour poser ces véritables problèmes lancinants qui intéressent au plus haut point les populations dans l’ensemble et les défendre avec opiniâtreté  à l'Assemblée nationale? Absolument pas! C'est même indécent de leur part, d'évoquer cette bourde de voiture, car ils n'en ont pas droit ; dans les textes, il n'est dit nulle part, qu'un député doit avoir un véhicule pour faire son travail, et qu’il doit être offert obligatoirement par l’Etat. Tout ceci, fait partie des dérives innombrables que Wade nous a léguées, après avoir pillé notre pays par des dépenses de cette nature et autres privilèges accordés à ses amis et militants. Les députés n'avaient qu'à se débrouiller avec leur salaire comme tout travailleur, sinon, ils sont libres de démissionner s'ils ne sont pas contents de leur sort, car, ce n'est pas une obligation qu'ils soient députés. 

Certains verront ainsi, qu'ils sont plutôt privilégiés et gâtés, car ne méritent nullement le salaire faramineux qu'on leur donne, au vu du travail minable qu'ils fournissent. En plus de cela, nombre d’entre eux cumulent leur mandat de député avec leurs activités professionnelles, ce qui un non-sens et devait être interdit, parce que à la limité, c’est illégal. En tout cas, cette offre, parce qu'il s'agit bien de cela et non d'un droit, est une erreur commise encore par Macky Sall président de la République, que tous les Sénégalais patriotes et de bonne foi, soucieux d’une gouvernance vertueuse et sobre de notre pays, doivent dénoncer avec la dernière vigueur et exiger que la mesure soit rapportée, parce que juridiquement ces véhicules sont des biens inaliénables du peuple sénégalais, que nul n’a le droit de se les approprier, fut-il le chef de l’Etat. Et tous les électeurs qui ont fait confiance à Machy Sall, lui recommandaient particulièrement  d’éviter absolument de faire du Wadisme sans Wade. Il ne semble pas l’avoir entendu  ou bien il n’en a pas tenu compte, au vu de certaines pratiques et mesures dont nous sommes témoins maintenant. A la rigueur, ces voitures doivent être versées dans le parc automobile de l’Etat, comme son patrimoine. Et encore, on pourrait les leur affecter pour les besoins du service durant leur mandat, mais après, les récupérer immédiatement pour servir ailleurs.
 
Dire qu’ils empruntent les cars rapides et Ndiaga Ndiaye pour aller au « travail » est un pur mensonge d'où qu'elle puisse venir, car plusieurs d'entre eux, même avant d’être député, n'empruntaient pas ce moyen de transport. Et ce serait un fait gravissime si réellement la majeure partie de nos députés étaient des chômeurs et en plus des Sans Domicile Fixe (SDF). Il faut qu'ils arrêtent de se faire passer pour des misérables, en  implorant la pitié des Sénégalais. C’est indigne de leur rang. Ils oublient ou ignorent, qu'on les nomme "Honorables" députés. Ne serait-ce que pour cela, ils devraient élever leur dignité à la hauteur de l'honorabilité. Voilà une raison supplémentaire pour les citoyens, de regarder par deux fois et avec beaucoup de précaution et perspicacité, les personnes que nous devons élire pour nous représenter, car, ils devraient posséder au moins, un minimum de dignité, d'honorabilité et une profession qui justifie qu'ils pourraient nous servir à l'Assemblée et disposaient d’un minimum pour vivre, avec un domicile fixe identifiable. 

Alors, dans le cadre de la prochaine refondation de nos institutions qui est prévue, toutes ces questions majeures et d’importance capitales devront être immanquablement tenues en compte par la commission et inscrites à l’ordre du jour pour une réglementation stricte et pérenne, qui n’accordera plus à l’avenir, aucun privilège à un citoyen quelconque ; seul le droit acquis permettra aux uns et aux autres de bénéficier légalement des deniers de l’Etat. Ce qui nous permettra de sortir de la République des privilèges pour aller vers celle des droits.
 
Mandiaye Gaye
Gaye_mandiaye@hotmail.com
 
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