A la Une | Editorial | Analyses | Chronique | Dossiers | 100% Sud | Mon Sud a moi | Journal des internautes
 
 
 
Ma leçon de SUD
Antoine Ngor FAYE | 13/04/2011 | 08H13 GMT
 
L’idéal de journalisme qu’incarne depuis un quart de siècle le Groupe Sud Communication aura longtemps été partagé par de nombreux  professionnels de l’information du Sénégal, voire par delà nos frontières. L’illustration la plus parfaite m’a été donnée dans les années 1990, au moment où poursuivant des études supérieures en communication environnementale, j’ai eu durant deux ans, à partager les bancs avec une douzaine de nationalités africaines à l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’information et de la Communication de l’Université Yaoundé 2 au Cameroun. Quelle ne fut mon agréable surprise de constater que, parmi le corps professoral, mais aussi de nombreux confrères venant d’Afrique centrale et occidentale, suivaient de très près l’audacieuse aventure de Babacar Touré et de ses amis.
 
De nos discussions parfois bien passionnées sur le journalisme africain, ses défis et ses perspectives, la leçon de Sud revenait comme un leitmotiv et constituait un motif de fierté pour l’ambassadeur de la presse sénégalaise que je représentais aux yeux de mes confrères venus d’autres cieux. Il est vrai qu’il faut bien se situer dans le contexte de l’époque, pour mesurer le mérite mais surtout l’esprit prémonitoire par lesquels, les fondateurs de ce groupe de communication, annonçaient des décennies plus tôt, la révolution médiatique qui aujourd’hui a fondamentalement bouleversé le paysage  sociopolitique de notre continent.

D’avoir balisé la voie, d’être précurseur au moment où l’exercice du journalisme africain ne s’entendait que dans la voie officielle du fonctionnariat, met en relief tout le mérite de Sud dont bien des travaux scientifiques – voir la richesse des mémoires et autres recherches à l’Issic -ont cerné ces dernières années, sa contribution et son cheminement dans le processus d’émancipation du journalisme et de la communication en Afrique au sud du Sahara. La vision holistique très tôt prônée, conçue et mise en œuvre par le projet Sud, aura permis de prendre en charge toute la complexité et la diversité du champ de la communication, à la fois dans ses aspects de professionnalisation des métiers du journalisme et de la communication, de gestion des entreprises de presse dans un environnement socioéconomique fort complexe. C’est ce qui justifie progressivement la mise en place des structures des différentes entités du groupe : journal, radio, télévision, école de formation, structure de distribution de presse, cabinet de consultance en communication ouvert à la sous-région voire au reste de l’Afrique.      
         
Au moment où de nombreux acteurs politiques, membres de la société civile s’inspirant de cet exemple tentent à présent de mettre sur pied des groupes de presse, il importe de retenir la belle page de l’histoire écrite dans ce domaine par le pionnier qu’est Sud.

Bien entendu, un tel rêve ne pouvait se réaliser sans soulever des incompréhensions, des contradictions. Sud aura ainsi donc bien porté sa croix, marché sur des braises et tel un roseau, maintes fois s’est plié mais jamais sans rompre. 

Mais ma part de ce groupe de presse,- une famille puisant dans  les vertus de nos terroirs-  que je suis fier de rappeler ici, j’en suis fort reconnaissant à mes deux talentueux camarades de promotion au CESTI, Oumar-Diouf Fall et Abdou Latif Coulibaly. L’accueil simple et fraternel que ces deux responsables m’ont réservé à Sud-Fm, la professionnelle et libre antenne, aura permis de redynamiser rapidement Sud International, grâce notamment à l’équipe qui m’accompagnait, comprenant notamment Aliou Diarra, Birima Fall, Baye Omar Guèye et le polyglotte Maodo Faye.

La lecture libre, approfondie que nous faisions de l’actualité mondiale aura attiré autour de ce micro lui aussi tout aussi libre, toutes les compétences et expertises sénégalaises et africaines commentant ainsi les événements internationaux de manière alternative et éloignée du prisme déformant des dépêches bien souvent partisanes et orientées dans le sens des intérêts des propriétaires des agences multinationales de l’information. A cet égard, il me revient toujours à l’esprit les contributions, entre autres, au bout du téléphone, avec sa voix captivante du Général Mamadou Mansour Seck, commentant avec maestria les événements d’Irak et d’Afghanistan. N’est-ce-pas Aliou Diarra ?

Sud International à 11 h et 16 h était devenu un rendez-vous à ne jamais manquer. Jusqu’ici le feedback que nous en recevons prouve que le besoin d’informations internationales reste réel au sein des auditoires radiophoniques. Pourvu que cela ne soit réduit à une lecture désincarnée de dépêches, rédigées à la hâte.

Mais ma belle aventure de Sud ne s’est point arrêté à l’antenne. Je dois également au groupe de presse, d’avoir pu partager mon expérience professionnelle en décernant durant plusieurs années des enseignements de planification en communication, au profit de plusieurs nationalités africaines. De se rendre compte à présent que de nombreux journalistes et spécialistes en communication du continent occupent actuellement des postes éminents dans leur pays respectif, grâce à la formation donnée à l’Issic, est une preuve agissante des choix judicieux et généreux opérés par Sud dans sa stratégie progressive de développement de ce groupe.

Mais au-delà de l’appréciation fort positive que tout acteur des médiats peut faire, il importe de noter que  d’autres défis attendent le pionnier. Les nouveaux défis auxquels l’Afrique est confrontée dans le cadre d’une formulation de politiques nationales de communication épousant les préoccupations de l’heure, les difficiles rapports entre les médiats, les pouvoirs, l’Etat et la société civile, la participation citoyenne au processus démocratique, la recherche et la valorisation de l’expertise sénégalaise dans tous les champs du journalisme et de la communication constituent de nouveaux challenges dans lesquels Sud le pionnier est attendu. Ainsi malgré les difficultés inhérentes à un projet aussi ambitieux, le monde de la communication africaine attend toujours du groupe Sud de faire entendre sa voix, ses discours et lectures pour une véritable émancipation de ce secteur vital, dans la marche de la démocratie en Afrique.

Par delà un quart de siècle d’accompagnement de tous les processus de transformation socioéconomique, politique et culturelle qui traversent la marche de nos sociétés, il importe pour Babacar, Ndiaga, Latif, Omar, Madior, Henriette, et tous les autres impliqués dans la belle aventure, de s’arrêter et de mesurer le chemin parcouru. Pourquoi pas sous forme d’un colloque sur les enjeux du journalisme et de la communication en Afrique au vingtième siècle ? Croyez-moi chers amis, les contributions d’ici et d’ailleurs ne vont point manquer….

Il faut que le défi d’hier inspire le challenge de demain, pour que Sud continue toujours à être ce patrimoine dont on s’inspire tel un baobab, dont l’ombre titulaire rappelle toujours, même à ceux qui s’en sont éloignés le sens du partage et de la solidarité. Vertus de bien de chez nous, donc de  Sokone, n’est-ce pas Oumar-Diouf Fall, toi qui revendique avec fierté ton enracinement au terroir ?


 
 
Pour l’Afrique (paru dans le 1er numéro de Sud Magazine- Mars 1986)
25 ans, et ça presse !
«GENERATION SUD»-Défi d’hier, challenge de demain
Trois lettres de feu dans le clair-obscur
Regard d’un « sympathisant-partisan » sur « nos 30 Glorieuses », à travers Sud
25 ans de Sud : La foi et la bonne foi au service de la communication.
Bon anniversaire au « fils Aîné » de la Presse Libre et Indépendante du Sénégal
 
 
 
   
 
 
 
Sud Quotidien Amitié II x Bourguiba BP : 4130 DAKAR Tél : (+221) 33 824 33 06 / (+221) 33 824 33 15 Fax : (+221) 33 824 33 22