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| Ma part de l’essentiel |
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| Felix NZALE |
21/05/2011 | 07H12 GMT |
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| Dès les premiers papiers publiés dans le cadre de cette plate-forme du libre propos, j’ai eu la réelle impression que l’essentiel a déjà été dit. Puis, au fil des parutions, la double certitude : d’abord, l’essentiel est un véritable serpent de mer ; ensuite, à «Sud», chacun y détient sa part de l’essentiel. |
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La responsabilité est une vertu. Je n’ai pas attendu d’intégrer la Rédaction de «Sud Quotidien» pour m’en rendre compte. Cette réalité, je la percevais déjà alors que j’étais étudiant à l’Université Gaston Berger de Saint Louis. Avec les camarades de promo de la section de Sociologie, les débats étaient toujours extrêmement vifs, passionnés et passionnants, y compris sur la problématique de la posture du journaliste dans sa société. En particulier, nous avions beaucoup investi de notre énergie intellectuelle à commenter l’affaire Sud Quotidien/Compagnie sucrière sénégalaise. Pour ma part, il n’y avait aucun doute : le contexte, l’enjeu et les formes d’agir démocratiques avaient placé les journalistes de Sud dans une situation éthique d’où sont exclus les jeux et postures contre-productifs.
En réalité, nous étions à une période où l’espace médiatique n’était pas aussi grandement ouvert et grouillant de titres et de médiums qu’il l’est à présent. Mais hier comme aujourd’hui, l’ère du populisme est toujours dans les liens du mariage avec l’ère des compromis et du manque de courage. Et si le groupe Sud se trouve aujourd’hui en difficulté du fait des détenteurs actuels du pouvoir, je veux dire ces maîtres de l’instant qui se pensent comme la transcendance, c’est précisément parce qu’il y a ce refus catégorique de plier face à l’injustice au risque d’entacher la substance de l’esprit fondateur du groupe. Or nous voyons tous qu’en général, quand un organe se sent en difficulté, il en résulte un sauve-qui-peut qui se traduit par une sorte d’acceptation de toutes sollicitudes, propositions ou offres de survie. Et qu’importe si on y perd son âme !
En intégrant «Sud Quotidien», je me tenais à distance de ces organes de presse habités par une espèce de peur pathologique, celle-là même qui déconseille d’agir ; j’avais plutôt conscience de rejoindre une équipe de tempérament mue non seulement par le pouvoir mobilisateur des possibilités d’action, mais aussi de pensées. «Mon Sud à moi» ne conçoit pas le Sénégalais comme une fiction utile, un prétexte invoqué uniquement lorsqu’il s’agit de parvenir à des fins personnelles.
Responsabilité ai-je dit tantôt. En effet : quoi de plus noble que de se porter garant, de s’engager pour l’Autre et pour la Communauté ? Or voilà que ceux qui, pour la plupart, ont le privilège de parler au nom de la majorité silencieuse - et dont la fonction est aussi et nécessairement de nourrir le lien social - sont loin de travailler à l’émancipation d’une conscience citoyenne responsable qui soit à même de faire le tri des hommes capables d’assurer la «prospérité publique», selon l’expression de Condorcet.
L’essentiel pour moi : le journalisme est un apostolat. En tant qu’instrument de libération de l’esprit et plate-forme démocratique, «mon Sud à moi» est une entreprise de déconstruction des pièges des idéologies obscurantistes et de restauration de la personnalité démocratique.
Libérer l’opinion, c’est avant tout avoir la capacité de se faire violence soi-même. C’est être en mesure de faire le vide et de s’ouvrir sans parti pris. C’est, en fin de compte, pouvoir s’éloigner de ses sentiments propres, de son idéologie et de ses croyances. «Mon Sud à moi», c’est cela. Il est d’impulsion citoyenne. Et c’est là, également, un aspect de ma part de l’essentiel.
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