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LIBRE PROPOS -Par Abdoulaye THIAM
NEVER AGAIN*
Abdoulaye THIAM | 18/07/2017 | 08H58 GMT
 
Huit morts et plusieurs blessés au stade Demba Diop lors de la finale de la coupe de la Ligue ce samedi 15 juillet. C’est le bilan catastrophique qui a été enregistré lors de ce match de football entre le Stade de Mbour et l’Us Ouakam et qui restera dans les annales. Et pour cause, jamais dans l’histoire footballistique de notre pays, on a connu un tel drame. Pourtant, ce n’est pas parce qu’il n’était pas prévisible. Au contraire ! Des signes avant-coureurs d’un tel drame, étaient déjà palpables.D’autant que dans son rôle de vigie, d’avant-gardiste, la presse sénégalaise (écrite et audio-visuelle) avait alerté les autorités sur cette vieille bâtisse qui menaçait ruine et surexploitée.
 

Demba Diop était devenu,depuis des années, une poudrière qui n’attendait qu’une étincelle pour exploser.  Ce, à cause de la vétusté de cette infrastructure construite au début des indépendances. Elle subira plusieurs rafistolages après des agressions tous azimuts, avec notamment sa «cantinisation» permise et vantée par un ministre des Sports sous le régime socialiste d’alors. Mais en 2015, les nouvelles autorités décident de la fermer et de confier les travaux de sa réhabilitation à l’entreprise CSTP (Compagnie sénégalaise de travaux publics) de Mbaye Faye qui s’est offert, par la même occasion, les marchés des stades Léopold Sédar Senghor, Amadou Barry et Alassane Djigo. Les travaux concernaient fondamentalement deux grands points: le gazon et la grille de protection. D’autres travaux supplémentaires devraient suivre. Notamment l’étanchéité des dalles et l’éclairage.

A l’état actuel des choses, c’est à se demander si réellement quelque chose avait été faite en dehors de la pelouse. Le Sénégal étant une société de connivence, chacun peut alors se permettre de faire ce qu’il veut, dans une impunité totale. Parce que, si c’est la première fois que nous avons enregistré autant de victimes dans un stade de football, le Sénégal, lui, a vécu de pires catastrophes, sans jamais situer les responsables et sanctionner le moindre coupable. Les dernières en date, c’est l’incendie de Madina Gounass qui avait fait 31 morts. Des sapeurs pompiers déplacés dans un tel rassemblement étaient sans moyens nécessaires… sans eau. Les conducteurs des camions citernes aussi ont préféré sauver leur peau et leurs matériels roulants que de mettre leur contenu (eau) à la disposition des soldats du feu. Quelques jours après, ce sont 21 femmes, dans une insécurité déconcertante, sans gilets de sauvetage, qui vont perdre leur vie à Bettenty (Toubacouta, Fatick). Nous pouvons même remonter jusqu’à la grande catastrophe maritime du monde, avec le naufrage du bateau «Le Joola» et ses 1863 morts, les effondrements des immeubles et leur lot de victimes.

Pourtant, on se plait toujours à dire que rien ne peut nous arriver, à nous Sénégalais qui avons vu des érudits de l’Islam naître sous nos cieux. Comme si Dieu était Sénégalais. Excusez du blasphème ! Que dire encore de cette honteuse triche sur les sujets des examens du BAC et du BFEM ? Sans occulter la négligence coupable sur l’épreuve des mathématiques au concours général. La complaisance a fini par déshonorer notre pays. Nul n’ignore d’ailleurs l’attribution des marchés publics. On avait parlé ici de Monsieur 10, voire 15%. Mais, qu’est-ce qui a changé entre temps ? Des ministres «quotataires» marchandent sur le dos du Sénégal.

Le mieux-disant (offre économiquement la plus avantageuse) n’est pourtant pas forcément la meilleure. C’est ce laxisme de l’Etat qui s’est reproduit au niveau du football et partout ailleurs.  Qui ne se souvient  de la première finale de cette même coupe de la Ligue en 2009 entre le Casa Sports et l’As Douane ? Elle n’a pu se tenir parce que tout simplement, des pseudo-supporters comme ceux de l’Us Ouakam samedi, ont refusé l’entrée du bus dans l’enceinte du stade Alassane Djigo. Quelle est la sanction qui a été prise, en dehors de  déclarer les Gabelous vainqueurs après avoir tenté honteusement, et en vain, que le finale ne se rejoue. En quittant le stade, «Allez Casa» a envahi l’autoroute et a improvisé une marche créant un monstrueux embouteillage au vu et au su de tout le monde. Les quelques rares journalistes qui avaient osé dénoncer ce comportement ont été menacés de mort.  Mais, il n’y a pas que le Casa Sports qui se retrouve sur le banc des accusés. Niary Tally semble avoir la violence dans son ADN. Ceux qui fréquentent le stade Demba Diop en sont témoins. Injures, menaces, agressions, invectives. Tout y passe ! Quant à l’Us Ouakam, ses supporters sont connus pour être des récidivistes. Ils semblent même se glorifier de ça. Juste parce qu’ils sont sûrs qu’ils sont libres d’agir comme bon leur semble. Même à Mbour, certains clubs peinent à y jouer au football et rentrer indemnes. Ce n’est pas Niary Tally qui nous démentira.

La liste est loin  d’être exhaustive. Quant à la police sénégalaise, même si elle est souvent débordée, ne devrait utiliser la méthode forte qu’en dernier recours. Hélas ce n’est pas souvent le cas. Des responsables de la FSF ont même été souvent victimes des agissements moyenâgeux de nos services de sécurité. «Dégage !». Qui n’a pas été victime ou entendu ça dans les gradins ou aux alentours ? Le comble, c’est qu’ils viennent d’être accusés de n’avoir pas mis suffisamment de policiers (150 comme le soutient la Ligue Pro) pour ce match jugé à «hauts risques».

Des pratiques que d’aucuns qualifient de courantes. Reste maintenant à savoir si les sorties musclées du président de la République, du Premier ministre, du ministre des Sports, du président de la Fédération sénégalaise de football et depuis hier, du Procureur de la République permettront, pour une fois au moins, de situer des responsabilités et de prendre des sanctions qui s’imposent pour qu’une telle catastrophe ne puisse plus se reproduire chez nous. C’est de la seule façon qu’on arrivera à mettre un terme à l’impunité qui plombe l’envol de ce pays. D’où la nécessité même de soutenir les autorités dans cette démarche et de barrer la route à toute sorte de pression qu’elle soit maraboutique, confessionnelle, économique, politique ou autre.

 

*Plus Jamais ça !

 
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