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| CONFERENCE DE L’AMICALE DES ANCIENS COMBATTANTS DE RUFISQUE |
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| Plaidoyer pour la mémoire des tirailleurs |
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| Daouda GUEYE |
19/11/2012 | 00H38 GMT |
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| C’est un véritable plaidoyer pour la mémoire des anciens combattants que le Professeur Mamadou Koné a fait hier, dimanche 18 novembre, à Rufisque. L’historien et conseiller technique au ministère des Forces armées animait une conférence sur le thème « les tirailleurs sénégalais grandeurs et misère ». La manifestation était à l’initiative de la section locale de l’association des Anciens Combattants. |
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Plus de considération pour la mémoire des tirailleurs. C’est le plaidoyer fait hier par un historien en faveur des héros des deux guerres que sont nos anciens combattants. Selon Mamadou Koné, la mémoire des anciens combattants n’est pas suffisamment utilisée pour éclairer l’horizon des Sénégalais. Car elle se limite simplement à en parler en terme événementiel. Leur vécu doit être écouté. «Très souvent, on a parlé des tirailleurs sur le front de façon évènementielle. Il est temps d’en parler autrement, qu’on ne le fait actuellement, en mettant l’accent sur leur grandeur et leur misère. C’est à dire ce que les tirailleurs ont vécu dans leur esprit et dans leur chair », a plaidé le conférencier et conseiller technique au ministère des Forces armées. Cette mémoire des anciens combattants est un patrimoine qui doit être revisitée et valorisée pour entrer dans l’avenir.
«Que ce soit les tirailleurs ou les anciens combattants des armées sénégalaises, la mémoire sénégalaise est toujours en jeu et un peuple a besoin de références, de repères, de symboles (…), pour pouvoir avancer vers l’avenir. De ce point de vue les tirailleurs sont une partie de notre patrimoine, »Paraphrasant Hampaté Bâ, le conférencier a estimé que, comme les vieillards, les anciens combattants et les tirailleurs sont une bibliothèque dont le contenu est une école de vie pour les jeunes génération et dont il serait grave de se passer, «Dans l’Afrique traditionnelle, les gens vieillissent au milieu, dans le cercle familial où ils deviennent des patriarches qu’on consulte et écoute les avis. Leur expérience est une école, on ne peut pas donc faire sans leur mémoire. On en a besoin. Les anciens combattants sont aujourd’hui déconsidérés.
L’on ne mesure pas les enjeux de leur présence dans nos sociétés. »Malheureusement ce n’est pas le cas pour « ces valeureux anciens » dont le peu de souvenir et de considération est le fruit d’une initiative de l’ancien Président Abdoulaye Wade « Si ce n’était l’initiative prise par le président Abdoulaye Wade en 2002 de réhabiliter leur mémoire, peut-être qu’aujourd’hui, on en serait pas là, les tirailleurs seraient en train de raser les murs ». A l’image des anciens combattants français et des vétérans de l’armée américaine, le conférencier estime que ceux là qui ont défendu avec fierté les idéaux de liberté et de justice doivent être mieux traités.
«Nous n’avons pas de tradition d’associations d’anciens combattants, contrairement à la France qui au lendemain de la Première guerre mondiale a tout de suite, pour des raisons affectives, créé des associations d’anciens combattants. Aux Etats-Unis, les vétérans sont des gens considérés et respectés. Il faut rendre à César ce qui est à César. Beaucoup de gens ne connaissent pas le rôle déterminant des tirailleurs dans l’avènement de ce monde libre et démocratique. Leur mémoire ne doit pas être trahie d’autant que c’est une mémoire qui peut toujours nous servir. »
Comme requinqués par les thèses du conférencier, les membres de la section rufisquoise de l’amicale des anciens combattants ont invité les autorités politiques à avoir plus de considération et à faire plus pour eux. « Les anciens combattants doivent avoir plus de considérations de la part des politiques. Les hommes politiques qui ont en charge la gestion des affaires publiques sont ceux qui sont en mesure de faire un plus pour les anciens combattants », a dit Mamadou Sow, leur président.
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