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Rapports tendus entre le Sénégal et ses voisins
PR BUUBA DIOP DETERRE LES RACINES DU MAL
Oumou ANNE | 09/02/2018 | 09H12 GMT
 
Une dizaine de jours après «l’assassinat» du jeune pêcheur Fallou Sall, originaire de Nguet-Ndar, par des gardes-côtes mauritaniens, le samedi 27 janvier dernier, le président Macky Sall a foulé le sol de Nouakchott hier, jeudi 8 février 2018, pour une visite de travail de 48 heures à l’invitation de son homologue, Mohamed Ould Abdel Aziz. Une occasion pour nous de revisiter les relations entre le Sénégal est ses voisins, notamment du Nord et du Sud. Et, selon le Professeur Babacar Diop dit Buuba, les conflits de frontières entre le Sénégal et ses voisins ont constitué un indicateur des écarts entre les ambitions affichées en matière d'intégration régionale de notre pays et les résultats obtenus.
 
Alors les blessures de la crise sénégalo-mauritanienne de 1989 semblent se cicatriser, les rapports conflictuels entre les pécheurs sénégalais et les gardes-côtes Mauritaniens, notamment avec la mort du jeune pécheur Guet-Ndarien (Fallou Sall) et  l’arrestation d’autres pécheurs Sénégalais, ont tendance à rouvrir la plaie. N’est-ce pas dans ce contexte «recherche» de paix durables entre les deux peuples, de stabilité et de dialogue entre ces voisins condamnés à vivre ensemble que le président Macky Sall a été invité ce jeudi, juste après l’incident du 27 janvier dernier, par son homologue Mauritaniens, Mohamed Ould Abdel Aziz, pour une visite travail de 48 heures ? Quid de la question des accords de pêche entre les deux pays qui n’ont pas été renouvelés depuis Janvier 2016 ?
 
En attendant, alors que certains répondront par l’affirmative car disent-ils, la tension est palpable entre les deux communautés, l’on s’intéresse aux relations entre le Sénégal et ses voisins, avec le Professeur Babacar Diop dit Buuba, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar. Traitant ce sujet lors d’une conférence, en avril 2017, à Saint-Louis, Pr Buuba Diop a souligné que les conflits de frontières entre le Sénégal et ses voisins ont constitué un indicateur des écarts entre les ambitions affichées en matière d'intégration régionale de notre pays et les résultats obtenus.
 
L’HISTOIRE CONTEMPORAINE DES RELATIONS RAPPORTS SENEGALO-MAURITANIENNES
 
En effet, revenant sur les rapports sénégalo-mauritaniennes, il remonte l’histoire contemporaine des relations difficiles avec les pays voisins. Déjà, note-t-il, «les années 1980 inaugurent un cycle assimilable à une logique d'encerclement et d'affaiblissement du Sénégal par certains de ses voisins. Il survient à un moment où, sur le plan interne, la Direction politique et administrative de l'État a été confrontée non seulement à des difficultés économiques grandissantes, mais aussi à une contestation de plus en plus radicale des bases du pouvoir par l'opposition, à des luttes de factions au sein du Parti socialiste, au malaise au sein de la police».
 
Et, peu après l'accession d'Abdou Diouf à la magistrature suprême, «l'Armée sénégalaise a été sollicitée pour rétablir le pouvoir de Al Hajj Sir Dawda Kairaba Jawara, en Gambie (Diop 1994). En effet, le 30 juillet 1981, en l’absence du président gambien, un coup de force est organisé par des- opposants radicaux dirigés par Kukoï Samba' Sagna. Après avoir pris possession des principaux sites stratégiques de la capitale gambienne, ils ont créé un Conseil suprême de la révolution dont l'objectif était d'instaurer dans ce pays un socialisme dit révolutionnaire. Une intervention6 militaire est alors organisée par Dakar pour «libérer» la capitale gambienne. À l'issue de combats meurtriers, l'armée sénégalaise rétablit le pouvoir de Jawara. À la fin de la même année, la Confédération de la Sénégambie est édifiée. Mais elle a été dissoute en décembre 1989 après une période de tensions.»
 
LA CRISE DE 1989 ET LE COMMUNIQUE  DE LA NORMALISATION DES RAPPORTS  DU 22 AVRIL 1992
 
Revenant sur les causes des affrontements ayant opposé, en 1989, le Sénégal et la Mauritanie, Pr Babacar Diop, soutient que plusieurs questions demeurent sans réponse jusqu'ici. «Qui avait manipulé le groupe de jeunes officiers noirs en lui donnant l'illusion qu'il pouvait prendre le pouvoir dans un pays où, même si les Noirs forment la majorité du corps de troupes, les hassanophones font, selon les recensements successifs, plus de 80% de la population ? Comment le groupe ayant signé le manifeste du négro-mauritanien, pouvait-il ignorer que le contenu de son message eût été une arme efficace contre lui-même? Comment les services secrets français qui ont une longue expérience en Afrique, avaient-ils manqué de vigilance en laissant les deux pays aller vers une dérive dont on pouvait facilement prévoir les conséquences ? Qui étaient les responsables directs et indirects de ce douloureux conflit ?», s’interroge le Pr Buuba Diop.
 
Avant de retracer l’histoire du conflit ayant opposé les deux pays voisins et les accords qui en ont découlé. «En avril 1989, une zone de conflit a été ouverte dans le Nord du Sénégal, à la suite d'une détérioration progressive des relations avec la Mauritanie durant toute l'année 1988. Les affrontements ayant opposé Sénégalais et Mauritaniens en 1989 ont provoqué de nombreuses victimes», raconte-t-il. Ce qui explique, selon Pr Buuba Diop, la campagne d'information entreprise alors par la Mauritanie destinée à discréditer le Sénégal, surtout dans le monde arabe. «Compte tenu de la place privilégiée du Sénégal dans les relations afro-arabes, cette situation présentait, pour le gouvernement, des enjeux très importants» rappelle-t-il. «La dynamique de rapprochement soutenue par la France et des partenaires africains, soutient-il, a débouché, le 22 avril 1992, sur la signature, par les deux gouvernements, d'un communiqué conjoint qui a traduit l'amorce de la normalisation des rapports entre les deux pays».
 
AOUT 1989, LE TRACE  DES FRONTIERES  IRRITE BISSAU
 
Mais, ce n’est pas avec le voisin du  Nord seulement que le Sénégal entretient des rapports parfois difficiles. Celui du Sud, la Guinée-Bissau, aussi est dans ce lot. Le Professeur Diop relève que la dégradation des relations de voisinage s'est accentuée en août 1989 avec la question du tracé des frontières entre le Sénégal et la Guinée-Bissau. Une situation qui, selon lui, était devenue «préoccupante en raison de l'émergence, en Casamance, d'un conflit resté ouvert à des manipulations facilitées par les brassages de populations».
 
A cela s’ajoute la «découverte d'un gisement de pétrole dans la zone maritime située entre les deux pays qui a provoqué un contentieux concernant l'interprétation des textes coloniaux relatifs à la délimitation des territoires maritimes. En raison de l'impossibilité pour les deux parties de trouver un terrain d'entente, suite à des rencontres consacrées à la question, la décision fut prise de demander un arbitrage international. Le verdict rendu le 31 juillet 1989 a donné raison au Sénégal». Mais la Guinée-Bissau ne l’entendra pas de cette oreille, elle «rejette cette décision, l'accusant de partialité, ce qui fut le prélude à une détérioration rapide des relations entre les deux pays. Ils décidèrent alors de se tourner vers le Tribunal international de La Haye qui donnera plus tard raison au Sénégal. Cette décision fut également contestée par Bissau».  Ainsi «les autorités Sénégalaises optèrent alors pour l'apaisement comme l'a montré le ton très conciliant du communiqué publié après l'annonce du verdict de la Cour Internationale de Justice».
 
Suffisant pour que Pr Buuba Diop retienne que «les conflits de frontières entre le Sénégal et ses voisins ont constitué un indicateur des écarts entre les ambitions affichées en matière d'intégration régionale et les résultats obtenus».
 
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