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Réponse de Macky Sall au journaliste française Vincent Hervouet
10/04/2017 | 12H03 GMT
 
Le président-politicien avait déjà donné le ton. Un ami me rappelle une réponse qu’il a donnée à une question du journaliste français Vincent Hervouet, lors d’une interview parue dans le numéro 1 du Trimestriel ‘’Pouvoir d’Afrique’’ (novembre - décembre 2014 / janvier 2015). 
 
Le journaliste lui fait d’abord la remarque suivante : ‘’Mais la vie politique est faite de loyauté, de mensonges, de trahisons’’. Il répond : ‘’Exact, mais il y a aussi beaucoup de loyauté. Des gens qui s’engagent et qui prennent la loyauté comme valeur cardinale, cela existe.’’ Loyauté, valeur cardinale ! Ces mots ont-ils vraiment un sens pour lui ? Y croit-il vraiment ? 
 
Si oui, s’entourerait-il de renégats connus grâce aux réseaux sociaux, des hommes et des femmes sans foi, ni loi ? Ce qui intéresse par-dessus tout notre président-politicien chez les individus, ce n’est certainement pas la vertu, mais le gain électoral qu’il peut en tirer. Les mensonges, les reniements, les trahisons ne le dérangent pas le moins du monde, lui qui bénit publiquement la détestable transhumance et qui l’érige en méthode de gouvernement. Lui qui jette par-dessus bord tous ses engagements, et sans état d’âme. 
 
Pour revenir à la question que lui avait posée le journaliste français, c’est celle- ci : ‘’A l’inverse, la faute pour laquelle vous avez de l’indulgence ?’’, il fit cette réponse qui en surprendra plus d’un, surtout parmi ceux et celles qui lui accordent encore tant soit peu de crédit : ‘’Je peux pardonner la faiblesse de ceux à qui il arrive de profiter des situations. Leur cupidité ou leur incapacité à résister à la tentation les amène à mentir et à trahir la confiance. Cela, je peux le pardonner.’’ Enorme ! Il avait donc donné le ton de ce que serait sa gouvernance depuis novembre 2014, sans doute bien avant. Cette réponse n’était  pas tombée dans l’oreille d’un sourd. On comprend aujourd’hui la gloutonnerie dont font montre les gestionnaires de deniers publics qui s’en donnent à coeur joie à leur dilapidation, sûrs qu’ils vont de bénéficier de la ‘’magnanimité’’ du président-politicien. On comprend mieux qu’il mette le coude sur des dossiers compromettants pour ses amis. Ce qu’on comprend moins, c’est qu’il continue de nous parler de bonne gouvernance, même la tête baissée. Ce qu’on comprend moins, c’est son acharnement sur Khalifa Sall et ses collaborateurs. 
 
Pourquoi ne leur a-t-il pas pardonné ? Je ne les défends pas : je prends le président-politicien au mot. J’invite mes compatriotes à relire sa réponse à la question du journaliste français. ‘’Pardonner la faiblesse de ceux à qui il arrive de profiter des situations’’ ! Leur pardonner ‘’leur cupidité ou leur incapacité à résister à la tentation (qui) les amène à mentir et à trahir la confiance’’ ! Quelle énormité ! Quelle autre faute va-t-il alors sanctionner ?  Une telle déclaration dans la bouche de quelqu’un qui s’engageait solennellement à mettre en oeuvre, une fois élu, une politique ‘’sobre, vertueuse et transparente’’ ! Imagine-t-on un seul instant cette déclaration dans la bouche d’un chef d’Etat ou de gouvernement d’un pays sérieux, d’une grande démocratie ? On ne l’entend même pas dans celles des moins mauvais chefs d’Etat africains.
 
 Nous découvrons de jour en jour le vrai visage du président-politicien qui nous gouverne. Cet homme a trahi tous ses engagements. Il garantit l’impunité à la cupidité, au mensonge, à la trahison. Cinq ans avec lui comme Président de la République, ce sera déjà trop. Il ne doit pas être réélu. Et le 30 juillet prochain déjà, le peuple doit se rebiffer. En particulier, l’opposition doit dépasser ses clivages, ses ego, et constituer une forte coalition pour nous éviter le scénario-catastrophe d’un Bennoo Bokk Yaakar qui rafle la majorité des députés. Elle porterait alors une lourde responsabilité et porterait un terrible préjudice à la Nation entière. Un ou deux députés par liste individuelle, c’est maigre, c’est une misère par rapport à l’intérêt supérieur de la Nation.
 
par Mody Niang
 
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