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| GUERRE FRATRICIDE LE SOUDAN ET LE SUD SOUDAN A HIJLIL |
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| Khartoum exige le retrait des troupes sudistes, préalable à tout dialogue |
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| Ibrahima DIALLO |
21/04/2012 | 03H45 GMT |
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| Le Soudan est prêt à discuter avec le Sud Soudan de tous les dossiers, mais à condition que ce dernier pays se retire de Hijlil. C’est son Excellence El Obeid Mohamed El Obeid Rahma, Ambassadeur du Soudan au Sénégal qui livre ainsi la position de son pays sur la guerre fratricide qui l’oppose au Sud Soudan. En visite dans les locaux de Sud Quotidien, en compagnie de son conseiller culturel, hier vendredi 20 avril 2012 l’Ambassadeur soutien que «l’ennemi commun» à leurs deux pays «c’est la pauvreté et pas la guerre». |
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«Le Soudan est ouvert au dialogue, prêt à discuter de tous les dossiers, mais à condition que le Sud Soudan se retire Hijlil. Il n’y aura pas de négociation sans le retrait des troupes sud soudanaises de la région». L’Ambassadeur du Soudan au Sénégal El Obeid Mohamed El Obeid Rahma se veut formel. En visite dans les locaux de Sud Quotidien, accompagné du Conseiller culturel de l’Ambassade, son Excellence El Obeid Mohamed El Obeid Rahma soutient que seul le dialogue peut régler les différends entre leur deux pays qui sont un même peuple et non la guerre.
A l’en croire, «l’ennemi commun» à leurs deux Etats «c’est la pauvreté et pas la guerre. Nous sommes pour le dialogue, pour la paix. C’est pourquoi nous avons accepté le référendum d’autodétermination le 09 janvier 2011 et accordé l’indépendance. D’ailleurs nous sommes le premier pays à reconnaître le Sud Soudan et avons accepté de l’accompagner pendant deux ans le temps qu’il mette en place toutes les institutions et infrastructures, notamment dans le domaine de l’Education en attendant la mise en place d’un système éducatif».
Aussi note-t-il que «le Sud Soudan a pris 26% du territoire soudanais. Pour la démarcation, l’accord de Nibasha de 2005 prévoyait déjà le retrait du Soudan à partir des frontières héritées de la colonisation. Donc partant de là, Hijil revient au Soudan. Nous avons perdus nos terres, des ressources pétrolières tout cela pour encourager la paix entre les deux peuples qui sont un».
L’Ambassadeur du Soudan explique que l’agression de Hijlij vise deux objectifs. D’abord «faire stopper la production de pétrole de ce gisement pour entrainer une crise surtout économique dans le pays qui pourrait avoir comme résultat un mécontentement et soulèvement des populations contre les autorités. Ils veulent la chute du pouvoir à Khartoum, pour payer les factures des soutiens à la rébellion, mais c’est peine perdue. Aujourd’hui c’est le contraire qui se produit avec des populations qui manifestent contre cette agression». Ensuite, «Ils veulent utiliser Hijlil pour exiger en échange le retrait des troupes soudanaises d’Obeyei», souligne-t-il.
Son Excellence rejette les arguments selon lesquels le Nord n’aurait pas respecté les accords sur les ressources pétrolières signées avec le Sud Soudan. «Il n’y a pas de désaccord entre les deux pays sur le partage des ressources pétrolières, mais il y a eu malentendu entre les équipes de recherche (des deux pays) sur les tarifs pour le passage du pétrole sud soudanais par le Nord. Le Sud Soudan propose de payer 3 dollars par baril là où le Soudan demande 33 dollars. De toutes les façons, les questions liées au pétrole ne seront résolues que par le dialogue».
Et de poursuivre: «imaginez ! Pendant qu’on négociait à Adis Abeba, il y a eu l’attaque de Hijlil par le Sud Soudan. Le 10 avril dernier le Sud Soudan a attaqué le site pétrolier de Hijlij qui offre au Soudan 60% de ses recettes pétrolières et endommagé toutes les installations. Ce qui est inacceptable pour nous. Mais nous sommes proches de nos objectifs à Hijlil», rassure-t-il avant d’ajouter : «nous avons perdu 80% de nos recettes pétrolières. Nous n’importons plus, nous produisons juste pour l’autosuffisance. Mais dans trois ans, d’autres gisements seront exploités au Nord. Si ce conflit entre les deux Etats continue, l’ont peut considérer que l’indépendance du Sud Soudan pose plus de problème qu’avant. Or c’est le contraire, la paix qui était recherchée».
Toutefois, El Obeid Mohamed El Obeid Rahma salue l’attitude de la communauté internationale qui à condamné et demandé le retrait des troupes sud soudanaises de Hijlij. «Toute la communauté internationale a condamné cette agression. Ban Ki Moon, le Secrétaire général des Nations Unies (ONU), le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (Ua) ont aussi fermement condamné et demandent le retrait des troupes sud soudanaises de Hijlij sans conditions. Nous sommes satisfait de cette condamnation de la communauté internationale».
Par rapport aux attaques de la communauté internationale contre Omar El Bachir, le président soudanais, il répond : «cela importent peu. C’est le peuple soudanais souverain qui choisit ses dirigeants».
COOPERATION DAKAR KHARTOUM
Vers l’implantation d’une unité de montage de camion au Sénégal
Son Excellence El Obeid Mohamed El Obeid Rahma, en visite hier à Sud Quotidien révèle que le Sénégal et le Soudan ont signé depuis 2003 un accord pour la mise en place d’une Commission mixte entre les deux pays et une coopération politique. Cependant cet «accord n’a pas encore été mis en œuvre. Nous attendons dans les mois prochains une première réunion entre les ministres des Affaires étrangères de nos pays respectifs à Khartoum pour sa mise en œuvre».
Sur le plan de la coopération économique, l’Ambassadeur informe que les institutions de recherche agricole des deux pays échangent. «Récemment une équipe de l’Institut de recherche agricole (Isra) du Sénégal a séjourné à Khartoum pour la signature d’un accord dans ce domaine. Toujours dans ce volet, une autre équipe de six experts sénégalais ont échangés avec les industriels soudanais sur place en vue de l’implantation d’industrie montage de camions et tracteurs et matériels l’agricoles». S’y ajoute la présence du troisième opérateur de téléphonie mobile au Sénégal.
Pour ce qui est du volet sécuritaire, Khartoum se réjouit du soutien du Sénégal pour la stabilisation du Soudan avec la présence des troupes sénégalaises au Darfour. Sur les plans culturel et éducatif, 150 boursiers étudiants sénégalais sont en formation à l’université de Khartoum. A l’inverse, des stagiaires soudanais séjournent à l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP).
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