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| CONTRE-COURANT – Par Ibrahima BAKHOUM |
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| Manœuvres autour de Soweto |
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| Ibrahima BAKHOUM |
18/07/2012 | 01H24 GMT |
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| Hier mardi, comme annoncé précédemment ? Aujourd’hui, demain ou encore plus tard ? Au moment où nous bouclions cette édition de Sud Quotidien, nulle information ne nous était parvenue faisant état de la rencontre annoncée entre le Président Macky Sall et Moustapha Cissé Lô, ancien ministre-Conseiller à la présidence de la République. Autant préciser dès lors que, de teneur de la conversation, il ne peut être question dans cette chronique. Il reste évident cependant que quelle qu’en soit la date, la rencontre sera d’abord une affaire interne à l’Alliance pour la République(Apr). Mais il est tout aussi clair que la question de la présidence de l’Assemblée nationale en sera le prétexte. |
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Le débat porté sur la place publique relatif aux ambitions de Cissé Lô a atteint un point de cristallisation des positions et de frictions dans les rangs de Benno Bokk Yaakaar. Macky Sall a-t-il cherché à siffler la fin de la récréation en limogeant son ministre-Conseiller ? Objectif raté, le cas échéant. Mais quelques signaux partis des rangs peuvent autoriser à pronostiquer plus que des retrouvailles entre les deux hommes. Le Secrétaire général de l’Apr pourrait être en train de s’aménager une porte de sortie rassurante pour la coalition, tout en laissant volontiers le responsable local de Touba s’y engouffrer avec un enthousiasme non feint. S’il est conscient que le rapport des forces dans la coalition majoritaire ne lui est pas favorable, Moustapha Cissé Lô se satisfera d’avoir empêché le Secrétaire général de l’Afp d’accéder au perchoir. Une opposition de personne entre les deux ? Ce pourrait plus réfléchi que cela.
Les responsables de l’Alliance pour la République travaillent partout, à massifier leur parti. Ce ne serait pas faire dans le régionalisme, encore moins dans l’éthnicisme, que de dire que l’essentiel de l’électorat de Macky se trouve au Nord et dans la diaspora issue de cette partie du Sénégal. Mais il faut davantage pour élire un président de la République et faire gagner son camp dans des élections de listes. En déclarant fort justement, être un « haal pulaar de culture sérère », l’heureux élu du 25 mars 2012 fait un clin d’œil à tout le centre du pays, à commencer par Fatick et Kaolack et tout le bassin arachidier. Et pour faire de l’Apr une des premières formations en termes d’implantation dans l’ex-Sine-Saloum, Macky Sall devrait d’abord se méfier de l’Afp de Moustapha Niasse.
Partie en coalition avec les Progressistes pour trois consultations majeures dont ils sont collectivement sortis victorieux (locales 2009, présidentielle et législatives 2012), la formation créée et dirigée par l’actuel président de la République ne connait pas vraiment son poids électoral. Même si Macky déclare ne pas se « préoccuper de second mandat », il reste que nul n’est dupe des paroles de politicien. S’il fait de bons résultats au bout de 5 ans, on ne voit pas pourquoi le Président sortant à ce moment ne voudrait pas briguer un nouveau bail avec le peuple. A supposer qu’il décide malgré tout de ne pas se représenter, Macky Sall n’aura pas le droit de refuser à une personnalité de son parti de prétendre à sa succession. Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage populaire ; ils ont été créés avec l’objectif de conquête du pouvoir. Les élections de 2017 se préparent dès maintenant.
Demain, c’est déjà aujourd’hui
Ce faisant, l’Apr a bien besoin de prendre ses marques dès maintenant, d’autant qu’elle est une formation très jeune et que son candidat n’a été élu le 25 mars dernier que parce qu’il était le plus en position de battre Abdoulaye Wade. Entre-temps, Ps et Afp plus expérimentés s’étaient neutralisés désavantageusement pour Benno Siggil Sénégal et pour Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng incapables de désistement l’un au profit de l’autre. Après avoir quasiment « ramassé le pouvoir » dans ces conditions, Macky Sall a maintenant obligation de travailler à renforcer l’Alliance pour la République. Sécuriser le bastion du Nord et conquérir le centre lui seraient d’un grand intérêt, quelles que soient ses ambitions politiques personnelles ou celles qu’il aurait pour son parti. Sans véritable adversaire identifié dans les régions de Matam et Saint-Louis, l’Apr ne serait pas très à l’aise dans les bastions Afp et Ps entre Kaolack et Kaffrine notamment. Une majorité dans la seule région de Fatcik - en ce qui concerne le bassin arachidier- ne suffirait pas à faire le bonheur, ni d’un candidat à la présidentielle, ni de liste(s) à des consultations nationales.
Pour toutes ces raisons, Macky Sall et son parti auront peu besoin de travailler dans la même mouvance présidentielle, avec un Moustapha Niasse tout puissant Président de l’Assemblée nationale. C’est pourquoi, un bras de fer engagé autour du perchoir par Moustapha Cissé Lô pourrait finalement servir le parti de ce dernier, si par suite de blocage dans le vote, un troisième larron sortait de la majorité parlementaire. Ainsi, en donnant l’impression de limoger son ministre-Conseiller, le Président Sall joue sur plusieurs registres : s’affirmer comme leader capable de fermeté et de sanction quand c’est nécessaire, y compris quand le fautif lui est proche, ensuite s’éviter des critiques du genre « il a trahi son engagement » de faire porter Niasse à la présidence de la Chambre basse du Parlement. Enfin il aurait donné, ce faisant, le signal d’une nouvelle Assemblée nationale tellement indépendante de l’Exécutif, que le président de la République n’a pu imposer son choix de la personnalité pour diriger l’Institution.
Mais s’il est possible, en politique, d’établir ses propres plans de conquête ou de conservation du pouvoir, on commettrait une faute aux conséquences retentissantes, à oublier que d’autres aussi réfléchissent aux moyens de déjouer les stratégies qui leur sont opposables.
S’il se trouvait par extraordinaire, qu’aucune des pistes visitées n’était la bonne, on se trouverait dans une situation de radicalisation telle que, soit le plus faible cède, soit on va droit vers une crise dans l’Apr. Le président de la République n’a pas intérêt dans le contexte de l’heure, à favoriser la survenue de crise dans son propre parti, alors qu’il n’aurait plus suffisamment de réserves en termes de postes, pour récompenser des soutiens (alimentaires) politiques. On en arrive à oublier que le Chef de l’Etat a très profondément crevé le plafond de ses 25 ministres, nombre supposé être gage de bonne gouvernance. Peu importe le préfixe ou le suffixe pour constituer un titre composé avec « spécial » ou « conseiller » logé à la Présidence avec divers avantages pécuniaires et matériels.
PS : Des sources non officielles font état de l’ouverture vendredi, de la Session extraordinaire (l’année parlementaire est bouclée depuis le 30 juin). Hier encore, aucune confirmation n’était parvenue au Secrétariat de l’Assemblée. La convocation de la Session est une prérogative du président de la République.
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