
« En 2008, sous prétexte d’une construction d’un hôpital en plein cœur de Ndjamena, les habitants de Gardolé, le plus vieux quartier de la capitale tchadienne, ont été délogés et déguerpis pour les mêmes motifs », a mentionné la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) dans un communiqué qui nous est parvenu hier, jeudi 17 juin, à la rédaction.
Cette organisation non gouvernementale dit être préoccupé par la décision des autorités tchadiennes de démolir plusieurs quartiers de Ndjaména, notamment : Bololo, Hillé, Leclerc, la cuvette Saint-Martin, et klémat. Les amis d’Alioune Tine estime que cette décision est basée sur des raisons jusqu’à présent inavouées.
Le 22 février 2008, le président tchadien Idriss Deby Itno a signé un décret autorisant la démolition de ces constructions, suite à une attaque d’une armée menée contre Ndjaména par une coalition de groupes d’opposition au cours de cette même année.
Ainsi le maire de la ville de Ndjamena a annoncé aux habitants de ces différents quartiers que leurs Maisons seront détruites pour faire place à un boulevard de 60 m.
La Raddho estime que ces mesures violent les droits reconnus aux populations tchadiennes par l’article 14 de la charte Africaine des droits de l’homme et des peuples (Cadhp). De même que l’article 17 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule que « toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété », est-t-il écrit dans le communiqué. Aussi exige t-il l’abrogation de ces mesures discriminatoires et attentatoires à la dignité de la personne humaine, et qui mettent à mal la cohésion nationale. « Nous demandons aux autorités tchadiennes de rétablir immédiatement les droits de propriétés conformément aux conventions internationales », a notifié la Raddho.